Michel Gouéry

9 juin 2021

Arsenicgalerie

9 juin 2021

Le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût

Une farce. Grotesque. Choquant, voire complètement immoral… Quand, en 1917, Marcel Duchamp dévoile au public son urinoir baptisé Fontaine, la face de l’art, bouleversée, prend une claque. En faisant trôner un objet manufacturé tel un chef-d’œuvre, l’artiste franco-américain fait subitement voler en éclats les codes esthétiques. Scandale ! Jusqu’alors, on pense largement l’art à travers le prisme du « Beau » et du « Bon », valeurs desquelles Marcel Duchamp prend le parti de s’affranchir : « Le grand ennemi de l’art, c’est le bon goût », affirme-t-il. Cette démarche, si nouvelle soit-elle pour l’époque, découle d’une longue histoire où des artistes, de divers horizons et de toutes expressions, ont cherché à se libérer du carcan du « bon goût » pour opposer une autre vision de l’art. Une filiation dans laquelle s’inscrivent Béatrice Cussol, Michel Gouéry et Gregory Jacobsen, artistes montrés chez Arsenicgalerie, à Paris, le temps d’une exposition consacrée à « l’excès ou l’ivresse du débordement » et justement intitulée « Plethora ». Cette dernière s’accompagne aussi d’un livre, au texte tout aussi débordant, signé Charles Pennequin, artiste et poète.