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Au Centre Pompidou, s’aventurer Hors Pistes pour repenser le monde

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Publié le , mis à jour le
« La Nation et ses fictions » : quelques mois après l’élection présidentielle et ses nombreux débats sur l’identité nationale, le thème du festival Hors Pistes, qui s’installe pour la 13e année consécutive au Forum –1 du Centre Pompidou, n’a jamais semblé plus actuel. Depuis le 19 janvier et jusqu’au 4 février, expositions, lectures, débats et performances se succèdent pour stimuler la réflexion.
Frank Smith, Le Film du dehors
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Frank Smith, Le Film du dehors, 2018

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Film • 30 minutes • © Frank Smith

Voilà une manifestation qui n’est ni touristique ni payante, et qui semble faire renouer le Centre Pompidou d’aujourd’hui avec ses idéaux fondateurs de démocratisation de la culture et d’interdisciplinarité. Le Forum –1, auquel on accède sans billet, est ouvert à toute forme de balade, offrant à Hors Pistes un espace et un moment singulièrement vivants. On peut regarder des installations et des vidéos, s’asseoir pour feuilleter un des livres mis à disposition, apporter une plante et papoter avec un jardinier, assister à un débat, participer à une lecture… L’architecture provisoire du lieu est à l’image de cette diversité active, l’espace étant découpé en diverses « zones » fonctionnelles avec tables, chaises et verdure, partagées de façon équitable entre les spectateurs et les invités – artistes, designers, professeurs, philosophes, historiens. Hors Pistes fait ainsi dialoguer les arts et les sciences sociales avec un appétit communicatif pour la connaissance et le partage, transformant l’espace muséal en vaste atelier.

Jean Baptiste Veyret Logerias, Plurissons
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Jean Baptiste Veyret Logerias, Plurissons, 2018

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Ateliers artistiques semi-publics • © Jean Baptiste Veyret Logerias

Au fil des jours, l’idée fictionnelle de la « nation » est explorée sous toutes les coutures, quitte à en faire craquer quelques-unes : la mémoire, le droit, le récit national, la géopolitique, l’exil, la cartographie, les utopies et les institutions sont interrogés via diverses « propositions » contemporaines, qui dégomment toute forme de pensée unique. Au non-initié, l’ensemble semblera au premier abord un tantinet ardu, Hors Pistes ne cachant pas ses intentions intellectuelles.

Vue du festival, Atlas, mural de l’Univers-Cité
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Vue du festival, Atlas, mural de l’Univers-Cité

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© Hervé Véronèse / Centre Pompidou

Mais certaines initiatives particulièrement sympathiques sauvent le festival de son apparente complexité. Un exemple : sur chacun des murs sont accrochées de courtes anecdotes, recensées par le PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines), qui racontent mille et une initiatives hospitalières vis-à-vis des migrants passés par la France. Untel accueillant un jeune homme chez lui, une autre distribuant des petits déjeuners… On lit avec passion ces historiettes de quartier où chacun participe à créer un territoire commun, que le PEROU appelle la « 36 001e commune de France ».

L’édition 2018 de Hors Pistes semble ainsi particulièrement motivée par le besoin de déconstruction – notamment post-coloniale – pour orienter ainsi le débat vers l’idée d’un monde commun, où les fictions de la « nation » laisseraient place à une hospitalité réelle. Et où, enfin, le divers (des disciplines, des origines) rencontrerait le collectif.

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Hors Pistes 2018 : La Nation et ses fictions

Du 19 janvier 2018 au 4 février 2018

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