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Jacques Henri Lartigue, Bibi, Île Saint-Honorat, mai 1927
© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL
Jacques Henri Lartigue, Dans la Morgan, mai 1954
Touches impressionnistes
Celui qui se présente comme un peintre professionnel et photographe amateur n’a eu de cesse de vouloir figer les brassées de fleurs rouges de son jardin ou les brumes du matin depuis la fenêtre de sa maison à Opio. À partir des années 1950, c’est le retour de la couleur, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1986. Ici, en choisissant le coquelicot, motif impressionniste par excellence, Lartigue réconcilie la photographie et la peinture. Après tout, « c’est avec mon œil de peintre que je vois tout », dira-t-il.
© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL
Jacques Henri Lartigue, Florette, Plage du Carlton, Cannes, juillet 1956
Élans spontanés
À partir de 1949, équipé d’un Rolleiflex 6×6, Lartigue privilégie le format carré jusque dans les années 1970. Cet « empailleur des choses que la vie lui offre » a le goût de la composition et du détail. Si bien qu’on pourrait croire ses photos retouchées, fruits d’une mise en scène travaillée, alors qu’elles sont toujours le résultat d’un élan spontané.
© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL
Jacques Henri Lartigue, Florette, Monte Carlo Beach, 1958
Entre ombre et lumière
Amoureux de la lumière, du soleil et de l’ombre, Lartigue transformera ses étés en un corpus d’images gonflées de chaleur et de temps qui passe. Pour ce photographe de l’instinct, la couleur célèbre la joie et se prête mieux que tout à la célébration des saisons. Sa seconde femme, Florette, Italienne de 21 ans sa cadette, deviendra le modèle solaire des souvenirs de leurs vacances dans le sud de la France.
© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL
Jacques Henri Lartigue, Florette, Opio, 1971
Cache-cache dans l’image
Première des obsessions du photographe, Florette n’est pas toujours le sujet central (et spectaculaire) de ses compositions, mais se glisse parfois en douce dans les herbes, au détour d’un chemin ou dans l’encadrement d’une fenêtre. Un jeu de cache-cache qu’il inscrira dans ses albums en légende de ses photos, à côté desquelles il dessine de grandes flèches pour indiquer sa « petite fleur des champs », perdue dans le paysage.
© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL
Jacques Henri Lartigue, Course cycliste, Beausoleil, 1957
Capturer l’insaisissable
Autre leitmotiv : le sport. Cyclisme, ski, tennis, toutes les disciplines y passent, prétextes à une apologie visuelle du mouvement. Ce goût de la vitesse, on le connaît surtout à travers les instants volés des clichés en noir et blanc de sa jeunesse. Passionné d’aviation et de courses de voitures, le jeune Lartigue saisit le dynamisme des bolides et les prémices de l’aéronautique. Ici, la couleur comme le mouvement sont autant de manières de capturer l’insaisissable.
© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL
Jacques Henri Lartigue. Mémoire en couleurs
Du 15 septembre 2018 au 27 octobre 2018
Galerie Polka • 12 Rue Saint-Gilles • 75003 Paris
www.polkagalerie.com
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Le goût de l’instantané
Jacques Henri Lartigue a 6 ans lorsqu’il découvre la photographie en 1902. Il se met à la couleur 10 ans plus tard et immortalise sa vie d’enfant rythmée par les vacances en famille et les inventions mécaniques de son frère aîné. Dans les années 1920, sa première épouse Bibi sera le modèle d’une soixantaine de plaques autochromes, auxquelles la couleur confère un charme pictural. Il abandonne le procédé en 1927, trop lent et trop fragile, pour n’y revenir que 30 ans plus tard, quand la technique saura satisfaire son goût de l’instantané.