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Photographie

Jacques Henri Lartigue et ses obsessions colorées

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Publié le , mis à jour le
Jacques Henri Lartigue fait partie de ces artistes capables de figer le bonheur et la nostalgie d’une époque. « Je prends toutes mes photographies pour la seule raison qu’elles me rendent heureux », écrivait ce génie précoce du noir et blanc. Une joie de vivre contagieuse qui s’intensifie dans ses clichés en couleur, longtemps méconnus et révélés pour la première fois au public en 2015 avec « La vie en couleurs » à la Maison européenne de la photographie. Cette année, la galerie Polka a présenté une sélection de ses obsessions colorées, autochromes de jeunesse et ektachromes des années 1950, qui immortalisent sa famille, ses vacances et ses muses. Une balade poétique dans un monde oisif et insouciant, où il fait bon se perdre.
Jacques Henri Lartigue, Bibi, Île Saint-Honorat
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Jacques Henri Lartigue, Bibi, Île Saint-Honorat, mai 1927

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Le goût de l’instantané

Jacques Henri Lartigue a 6 ans lorsqu’il découvre la photographie en 1902. Il se met à la couleur 10 ans plus tard et immortalise sa vie d’enfant rythmée par les vacances en famille et les inventions mécaniques de son frère aîné. Dans les années 1920, sa première épouse Bibi sera le modèle d’une soixantaine de plaques autochromes, auxquelles la couleur confère un charme pictural. Il abandonne le procédé en 1927, trop lent et trop fragile, pour n’y revenir que 30 ans plus tard, quand la technique saura satisfaire son goût de l’instantané.

© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL

Jacques Henri Lartigue, Dans la Morgan
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Jacques Henri Lartigue, Dans la Morgan, mai 1954

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Touches impressionnistes

Celui qui se présente comme un peintre professionnel et photographe amateur n’a eu de cesse de vouloir figer les brassées de fleurs rouges de son jardin ou les brumes du matin depuis la fenêtre de sa maison à Opio. À partir des années 1950, c’est le retour de la couleur, qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1986. Ici, en choisissant le coquelicot, motif impressionniste par excellence, Lartigue réconcilie la photographie et la peinture. Après tout, « c’est avec mon œil de peintre que je vois tout », dira-t-il.

© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL

Jacques Henri Lartigue, Florette, Plage du Carlton, Cannes
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Jacques Henri Lartigue, Florette, Plage du Carlton, Cannes, juillet 1956

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Élans spontanés

À partir de 1949, équipé d’un Rolleiflex 6×6, Lartigue privilégie le format carré jusque dans les années 1970. Cet « empailleur des choses que la vie lui offre » a le goût de la composition et du détail. Si bien qu’on pourrait croire ses photos retouchées, fruits d’une mise en scène travaillée, alors qu’elles sont toujours le résultat d’un élan spontané.

© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL

Jacques Henri Lartigue, Florette, Monte Carlo Beach
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Jacques Henri Lartigue, Florette, Monte Carlo Beach, 1958

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Entre ombre et lumière

Amoureux de la lumière, du soleil et de l’ombre, Lartigue transformera ses étés en un corpus d’images gonflées de chaleur et de temps qui passe. Pour ce photographe de l’instinct, la couleur célèbre la joie et se prête mieux que tout à la célébration des saisons. Sa seconde femme, Florette, Italienne de 21 ans sa cadette, deviendra le modèle solaire des souvenirs de leurs vacances dans le sud de la France.

© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL

Jacques Henri Lartigue, Florette, Opio
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Jacques Henri Lartigue, Florette, Opio, 1971

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Cache-cache dans l’image

Première des obsessions du photographe, Florette n’est pas toujours le sujet central (et spectaculaire) de ses compositions, mais se glisse parfois en douce dans les herbes, au détour d’un chemin ou dans l’encadrement d’une fenêtre. Un jeu de cache-cache qu’il inscrira dans ses albums en légende de ses photos, à côté desquelles il dessine de grandes flèches pour indiquer sa « petite fleur des champs », perdue dans le paysage.

© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL

Jacques Henri Lartigue, Course cycliste, Beausoleil
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Jacques Henri Lartigue, Course cycliste, Beausoleil, 1957

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Capturer l’insaisissable

Autre leitmotiv : le sport. Cyclisme, ski, tennis, toutes les disciplines y passent, prétextes à une apologie visuelle du mouvement. Ce goût de la vitesse, on le connaît surtout à travers les instants volés des clichés en noir et blanc de sa jeunesse. Passionné d’aviation et de courses de voitures, le jeune Lartigue saisit le dynamisme des bolides et les prémices de l’aéronautique. Ici, la couleur comme le mouvement sont autant de manières de capturer l’insaisissable.

© Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL

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Jacques Henri Lartigue. Mémoire en couleurs

Du 15 septembre 2018 au 27 octobre 2018

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