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Les Magasins Généraux révèlent les mondes enchanteurs d’Inès di Folco Jemni

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Publié le , mis à jour le
Diplômée des Beaux-Arts de Paris, Inès di Folco Jemni s’empare, jusqu’au 7 avril, des espaces hors norme des Magasins Généraux, le temps d’une exposition-résidence placée sous le signe de la convivialité et du rêve. Portrait.
Portrait de l’artiste Inès di Folco Jemni dans son atelier
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Portrait de l’artiste Inès di Folco Jemni dans son atelier

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© Welane Navarre

Plonger dans l’univers d’un artiste comme on entrerait dans sa maison. Voilà l’invitation lancée, aux Magasins Généraux, par Inès di Folco Jemni (née en 1993). Conviée par le duo de commissaires Anna Labouze et Keimis Henni, elle s’empare jusqu’au printemps des volumes monumentaux de l’institution pantinoise, amarrée tel un paquebot sur les berges du canal de l’Ourcq. Pas de quoi impressionner l’artiste diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2018 : « J’ai hâte. Je n’ai jamais travaillé dans un endroit si grand, entourée d’œuvres que j’ai produites à différents moments de ma vie », nous confie-t-elle alors qu’elle nous reçoit dans son atelier, quelques semaines avant le vernissage de son exposition-résidence intitulée « Le Salon des songes ».

« J’ai véritablement envie de recevoir les visiteurs dans des espaces conviviaux. Ils pourront s’asseoir dans des canapés, écouter de la musique, lire de la poésie ou regarder des films. C’est une façon pour moi de questionner le rapport qui peut être très intimidant face à une œuvre d’art », explique Inès di Folco Jemni. Divisée en espaces nommés « salons », où sont rassemblées des œuvres réalisées entre 2012 et 2023, l’exposition explore les grands thèmes récurrents de son travail, habité de mille et une références – maîtres de la Renaissance italienne, mythes caribéens, photographie vernaculaire… S’y dessinent en creux les contours d’un esprit aussi insatiable que généreux, qui a désormais à cœur de partager avec les visiteurs les lointains horizons dont il s’est nourri.

À gauche : Vue de l’atelier d’Inès di Folco Jemni ; À droite : Ines Di Folco Jemni, “Maia raconte”, 2020
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À gauche : Vue de l’atelier d’Inès di Folco Jemni ; À droite : Ines Di Folco Jemni, “Maia raconte”, 2020

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À gauche : © Maximin Costa ; À droite : © Inès di Folco Jemni

Un monde onirique, mystérieux et coloré

« C’est grâce à la musique que j’aime tant l’art », admet Inès di Folco Jemni, qui est aussi une multi-instrumentiste aguerrie au sein de plusieurs formations. Fascinée par les pochettes d’albums des années 1970 aux folles audaces psychédéliques, elle se passionne d’abord pour le rapport entre l’image et le son. Classique, techno ou bien même chants d’Amazonie : c’est en écoutant de la musique dans son atelier que lui viennent des « images mentales » dont elle s’inspire.

Inès di Folco Jemni, Trois sœurs
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Inès di Folco Jemni, Trois sœurs, 2020

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© Lucien Roux

D’autres motifs proviennent, quant à eux, de photographies d’archive – de vieilles photos de familles glanées ça et là, à partir desquelles elle peint. « Un mystère émane des photographies de personnes que l’on ne connaît pas et que l’on ne rencontrera jamais. C’est ce mystère que j’essaie de reproduire. » À ces visages inconnus qui apparaissent à la surface de la toile tels des fantômes, répondent des références puisées dans l’imagerie populaire (cartes de tarot, publicités anciennes, images pieuses et même emballages de bonbons…) et que l’artiste réinterprète à l’envi, donnant corps à des rêves vibrants de mille couleurs.

Repenser la peinture

Virevoltant au gré des courants d’air comme les voiles d’un navire, les toiles d’Inès di Folco Jemni, qui ne sont pas enchâssées, font pénétrer le spectateur dans un monde onirique, surtout peuplé de femmes qu’elle représente dans des moments de solitude et d’introspection. Souvent, remarque l’artiste, elles sont nues. « J’essaie de dépasser le regard masculin qui a longtemps dépeint des femmes offertes, en injectant mes propres souvenirs et sensations », précise celle qui ne rejette pas pour autant les canons esthétiques de la peinture occidentale : « De ces images est né mon sens du beau et du sacré. J’aimerais simplement les faire évoluer et connecter l’histoire de l’art aux préoccupations du présent. »

À gauche : Inès di Folco Jemni, “La sieste”, 2023 ; À droite : Vue de l’atelier d’Inès di Folco Jemni
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À gauche : Inès di Folco Jemni, “La sieste”, 2023 ; À droite : Vue de l’atelier d’Inès di Folco Jemni

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À gauche : © Inès di Folco Jemni ; À droite : © Maximin Costa

Poésie, musique, mythes et légendes lointaines, anthropologie… : sa peinture fait s’entrecroiser les cultures et les temporalités. L’esprit bouillonnant de références, le geste instinctif, l’artiste se laisse emporter par un élan quasi expérimental qu’elle canalise par l’écriture, afin, dit-elle, de « laisser une trace de la pensée en mouvement ». La peintre prône encore l’expérimentation lorsqu’en véritable alchimiste elle fabrique ses propres couleurs à partir de pigments et fait varier leurs textures, qu’elle préfère tantôt très fluides ou au contraire presque pâteuses, y ajoutant parfois de la poudre ou du sable pour que la magie opère.

Un geste qu’elle reproduira aux Magasin Généraux, où elle s’emploiera, pendant toute la durée de son exposition-résidence, à créer une toile qu’elle promet monumentale. Aucune chance toutefois, pour les visiteurs, de croiser l’artiste au travail : ce n’est qu’aux heures de fermeture qu’Inès di Folco Jemni réveillera les spectres qui peuplent ses songes.

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Inès di Folco Jemni. Le salon des songes

Du 17 février 2024 au 7 avril 2024

magasinsgeneraux.com

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