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Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

Les reines d’Égypte devant l’éternité

Par et • le
Grandes Épouses Royales, reines secondaires ou simples « Beautés »… Le pharaon a plusieurs épouses, mais toutes n’occupent pas une place égale à ses yeux. Si beaucoup de ces femmes vécurent dans l’ombre de leur royal mari, d’autres entrèrent dans sa lumière. Hatshepsout monta même sur le trône d’Égypte en tant que pharaon.
L’artisan Penbuy, son épouse et leur fils, agenouillés, lèvent les mains pour implorer la reine déifiée Ahmès-Néfertari
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L’artisan Penbuy, son épouse et leur fils, agenouillés, lèvent les mains pour implorer la reine déifiée Ahmès-Néfertari, Nouvel Empire, XIXe dynastie (1292-1190 av. notre ère). Museo Egizio, Turin, c. 1449

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Ahmès-Néfertari, reine, régente et déesse

XVIIIe dynastie, vers 1562–1494 avant notre ère.
Grande Épouse Royale d’Ahmosis Ier, dont le règne inaugure le Nouvel Empire, Ahmès-Néfertari est la première souveraine à se voir investie du titre d’« Épouse du dieu », une importante charge religieuse. À l’exemple de la grande Ah-Hotep, morte à plus de 80 ans après avoir aidé son royal époux à mettre fin à un siècle de domination étrangère, elle contribue avec détermination au réveil politique, économique et culturel de l’Égypte. Plusieurs fois mère, elle devient même régente, gouvernant le royaume jusqu’à ce que son fils soit en âge de régner sous le nom d’Amenhotep Ier. Après sa mort, vers 70 ans, Ahmès- Néfertari, unanimement respectée, est divinisée. Elle sera vénérée pendant près de cinq siècles, avec son fils pharaon, à Deir el-Médineh, village fondé sur leur ordre pour loger les artisans des tombes royales à proximité des chantiers funéraires de la Vallée des Rois et de la Vallée des Reines.

Calcaire peint • 22,5 × 15,5 × 3,5 cm • Probablement de Deir el-Médineh

Détail d’un obélisque de granit rose érigé par la reine Hatshepsout : la reine à genoux
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Détail d’un obélisque de granit rose érigé par la reine Hatshepsout : la reine à genoux, vers 1400 av. notre ère

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Hatshepsout, reine et pharaon

XVIIIe dynastie, vers 1508–1458 avant notre ère.
Grande Épouse Royale de son demi-frère Thoutmosis II, Hatshepsout, devenue veuve, assure la corégence en attendant que son neveu ait l’âge de monter sur le trône. C’est alors que, forte de sa « naissance divine », elle remplace ses représentations de reine et de femme par celle, masculine, de pharaon, portant la couronne d’Égypte et le pagne. Elle se fait aussi creuser une nouvelle tombe, dans… la Vallée des Rois. Elle régnera près de vingt-deux ans sous le nom de Maâtkarê, dirigeant alors un ambitieux programme de construction. Après sa mort, vers 50 ans, toute trace d’elle fut effacée, pour des raisons obscures. Au XIXe siècle, Jean-François Champollion décela une terminaison féminine dans les noms royaux martelés de Deir el-Bahari. La grande Hatshepsout entrait de nouveau dans l’histoire.

© Gianni Dagli Orti / Aurimages

Tiyi sous la forme de Taouret, la déesse de l’accouchement
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Tiyi sous la forme de Taouret, la déesse de l’accouchement, Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, règne d’Akhénaton (1353-1336 av. notre ère)

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Tiyi, l’habile diplomate

XVIIIe dynastie, vers 1402–1340 avant notre ère.
Tiyi n’est qu’une enfant quand un conseil de régence décide que le futur Amenhotep III épousera cette fille d’un important notable. Plus tard, Pharaon fera creuser pour sa bien-aimée un lac en plein désert. Cette reine avisée – dont la moue dédaigneuse restera perceptible jusque sur sa momie – conseille son époux dans sa politique étrangère. Même une fois veuve, elle entretient une correspondance diplomatique. Mère d’au moins quatre filles et deux fils, dont l’héritier du trône, Amenhotep IV, Tiyi appuiera ce dernier quand il décidera d’éliminer les cultes rendus à d’innombrables dieux et déesses au profit de celui d’un seul dieu solaire : Aton – et qu’il changera son nom pour celui d’Akhénaton. Une nouvelle ère s’amorce, qui verra l’entrée en scène de Néfertiti.

Bois. Provenance inconnue • 15 × 5,5 × 5,5 cm • Museo Egizio, Turin, C. 0566

Buste de Néfertiti
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Buste de Néfertiti, Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, règne d’Akhénaton (1353-1336 av. notre ère)

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Néfertiti, « la Belle est venue »

XVIIIe dynastie, vers 1370–1334 avant notre ère.
Néfertiti était-elle égyptienne, syrienne ? Les origines de cette reine à la beauté légendaire, qui donna six filles à son royal époux, restent mystérieuses. En épousant Amenhotep IV, Néfertiti s’associe à la révolution religieuse de ce pharaon qui règne sous le nom d’Akhénaton. Jamais un couple royal n’aura été autant représenté ni montré dans une telle intimité : Pharaon et sa reine s’embrassent, tendrement enlacés, sur un char, tiennent leurs enfants sur les genoux ou dégustent en famille un canard rôti ! Avec le fluide art amarnien, l’amour et l’affection s’expriment pour la première fois sans réserve dans l’iconographie égyptienne antique.

H 48 cm • Original (conservé au Musée égyptien de Berlin) : Amarna. Reproduction : entre 1913 et 1923. Rijksmuseum van Oudheden, Leyde, F 1932/5.1

Touy honorant en famille la déesse Hathor
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Touy honorant en famille la déesse Hathor, Nouvel Empire, XIXe dynastie, règne de Ramsès II (1279-1213 av. notre ère)

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Touy, la mère de Ramsès II

XIXe dynastie, vers 1325–1258 avant notre ère.
Elle fut la Grande Épouse Royale de Séthi Ier et la mère du « Soleil de l’Égypte ». Dès le début de son règne, celui-ci accorde à sa mère une dévotion particulière. Ce relief la montre honorant en famille la déesse Hathor, désignée par une inscription. Menant le rituel, « l’Épouse du dieu, la mère du roi, Touy » offre de l’encens. Derrière elle, son beau-fils Tia, « scribe royal, directeur du trésor des Deux Terres », fait le signe d’adoration. Enfin, sa fille Tia, « la chanteuse d’Amon, grand de victoires, l’honorable soeur du roi », agite le sistre.

Calcaire. Probablement de la tombe de Touy, Saqqarah • 27,9 × 86,9 cm • Musée royal de l’Ontario, Toronto, 955.79.2 • Royal Ontario Museum

Buste d’Isisnefert
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Buste d’Isisnefert, Nouvel Empire, XIXe dynastie, règne de Ramsès II (1279-1213 av. notre ère)

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Isisnefert, rivale de Néfertari ?

XIXe dynastie, 1er partie du règne de Ramsès II
On sait peu de choses d’« Isis la belle ». Était-elle une Syrienne roturière ? D’après ses rares représentations, on présume qu’elle exerça son influence dans la Basse-Égypte plutôt que dans la Haute, peut-être pour ne pas entrer en compétition directe avec Néfertari, l’autre Grande Épouse Royale, dont Ramsès II avait fait sa favorite. Cela dit, c’est Isisnefert qui mit au monde le fils qui allait succéder à son royal époux : Merneptah.

Grauwacke. Provenance inconnue • 15,1 × 11,9 × 8,4 cm • Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, E.5924

Tombe de Néfertari
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Tombe de Néfertari

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Néfertari, la favorite de Ramsès II

XIXe dynastie, vers 1301–1245 avant notre ère.
Néfertari, première reine à avoir donné un fils héritier présomptif à Ramsès II, est représentée à de multiples reprises avec son royal époux, y compris au pied d’un des colosses du grand temple d’Abou Simbel. Pourtant, elle reste une énigme. Quelle était son origine sociale ? Qui étaient ses parents ? Elle paraît tôt associée aux responsabilités du royaume. Dès l’an 1 du règne, elle entreprend avec Pharaon un voyage ponctué de grandes fêtes, qui lui fait prendre connaissance de rouages politiques complexes. Étant aussi Épouse du dieu, elle participe à des rituels majeurs. Déifiée de son vivant, elle donne huit enfants à Ramsès – il en aura plus de 100. Ramsès II fera préparer pour sa chère Néfertari, dans la Vallée des Reines, la plus belle tombe qu’on connaisse aujourd’hui pour une reine d’Égypte.

Tombe de Néfertari • © Vallée des Reines, Thèbes, Égypte / Bridgeman Images

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Reines d'Egypte

Du 10 avril 2018 au 4 novembre 2018

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