Matthew Ronay, Midnight Ascent (au fond) et Terra/Firmament (devant), 2017
Tilleul, colorant, gouache, flocage, plastique, acier • 139,7 × 119,4 × 8,9 cm et 69,9 × 60,3 × 53,3 cm • Courtesy Galerie Perrotin, Paris / Photo Claire Dorn
Au bout d’un bras bien trop long, une main atrophiée pointe du doigt un enchaînement de formes duveteuses. Un morceau de corail y côtoie un boyau de chair rose, posé sur un socle façon tranche de gâteau. Rien n’est reconnaissable, et pourtant tout est familier… La faute à ce camaïeu de rose, étrangement gourmand et maternel ? La tentation est forte de rapprocher chaque élément d’une architecture, d’une anatomie, d’une sucrerie.
L’Américain Matthew Ronay (né en 1976) a l’art et la manière d’assembler des formes à la fois primitives et modernistes, qui font songer pêle-mêle à Joan Miró, à un jeu pour enfants, à Pablo Picasso, ou à une maquette futuriste… Armé de son carnet où il dessine sans relâche des corps, des organes, des jambes et des bras atrophiés, Matthew Ronay s’attelle quotidiennement à discipliner la matière, à rendre le bois (de tilleul) aussi souple et doux qu’un morceau d’étoffe. L’artiste ajoute ici et là de l’émail, du plastique ou du polycarbonate. L’inventivité du plasticien n’a d’égale que l’étonnement profond et fertile que provoquent ses sculptures aux assemblages hétéroclites. Elles nous hypnotisent comme une vitrine de pâtisseries.
Matthew Ronay, Ramus
Du 17 mars 2018 au 26 mai 2018
Galerie Perrotin • 76 Rue de Turenne • 75003 Paris
www.perrotin.com
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