Xu Zhen, Eternity-New 40403 Stone Statue, Aphrodite Holding Her Drapery 40403, 2016
Courtesy Perrotin. Produced by MadeIn Company / Photo © Claire Dorn
Né en 1977 à Shanghai où il vit et travaille, Xu Zhen suscite l’intérêt des collectionneurs et des musées internationaux par une œuvre protéiforme qui interpelle. Depuis 2001, année de sa première participation à la Biennale de Venise, l’artiste connaît une carrière ascensionnelle. Jusqu’au 29 juillet, la galerie Perrotin lui consacre sa toute première exposition à Paris, revenant sur ses quatre dernières années de création sous la marque qui porte son nom. Car l’artiste, qui a créé en 2009 son entreprise très créative de « production culturelle » d’art contemporain « MadeIn Company », se plaît à jouer les entrepreneurs de l’art. Une singularité que son public apprécie.
Xu Zhen, Eternity-Six Dynasties Period Painted Earthenware Dragon, Sleeping Muse, , 2016
Courtesy Perrotin. Produced by MadeIn Company / Photo © Claire Dorn
Première constatation : les œuvres sont si diverses qu’on se croirait dans une exposition collective. Mais non, tout est de Xu Zhen ! La scénographie est parfaite, d’autant que l’artiste, atteint de phobie de l’avion, l’a réalisée à distance (sur plan 3D).
Grâce à une mondialisation croissante depuis vingt ans, notamment avec Internet, les œuvres de Xu Zhen se nourrissent des différentes cultures du monde. Dans sa série Metal Language, des phrases tirées de caricatures politiques sont écrites comme des bulles de BD en chaînettes dorées, juxtaposées sur une surface miroir. Avec un aspect graffiti et un rendu un peu bling-bling, on frise le registre du pop art. Esthétiquement, l’effet est réussi.
Dans ses séries Eternity et Evolution, il mixe références culturelles et civilisations : les icônes de la sculpture occidentale avec la statuaire asiatique, les masques africains avec les peintures bouddhiques, la statuaire tribale avec des figurines de manga japonais. Il recrée des images et sculptures renvoyant au choc des civilisations.
Dans un registre encore différent, pour la série Under Heaven – une métaphore du paradis – l’artiste chinois a réalisé des tableaux très chargés en matière, offrant un aspect de crèmes glacées. Il a justement utilisé une poche à douille de pâtissier pour poser sa peinture à l’huile. Xu Zhen travaille la toile à plat. Ses peintures mettent trois ans pour sécher dans cette position avant d’être accrochées aux cimaises. La galerie a d’ailleurs posé des filins métalliques pour tenir les visiteurs à une distance raisonnable de ces banquets très alléchants.
Envie d’en savoir plus ?
Beaux Arts vous invite à découvrir l’exposition lors d’une visite privée*, avec Culture Secrets, le mardi 25 juillet à 19 h (précises)
Galerie Perrotin, 76, rue de Turenne, 75003 Paris
Réservations : evenements@beauxartsmagazine.com
*Dans la limite des places disponibles
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