Article réservé aux abonnés
C’est une idée qui est née sur un coin de table, pendant des vacances au soleil : et si on devenait « accélérateurs d’artistes » ? Sans murs ni contraintes, Alexis de Bernede (19 ans) et Marius Jacob-Gismondi (20 ans), amis depuis le collège, ont eu envie de défendre des artistes de leur génération. Alexis est enfant d’une attachée de presse, spécialiste des sujets artistiques, Marius est né dans une famille de galeristes experts dans le mobilier ancien. Un terreau favorable, certes, mais qui n’empêche pas ces jeunes pousses de vouloir réinventer le métier de galeriste. Leur but ? Toucher des publics ignorés par le marché de l’art : les 18–25 ans comme collectionneurs, et les 8–15 ans comme amateurs. Pour leur première exposition – organisée en avril 2018 au sein de la galerie familiale Gismondi, dans le quartier de la Madeleine à Paris –, Darmo Art a présenté le travail de deux artistes aussi jeunes qu’eux : Pauline d’Andigné (21 ans) et Raf Reyes (20 ans). Avec leur jeunesse insolente, ces « accélérateurs d’artistes » auto-proclamés s’imaginent déjà parcourir le monde, organisant entre deux partiels des expos à New York ou à Hong Kong.
Au dessus : Alexis de Bernede et Marius Jacob-Gismondi, co-fondateurs de Darmo Art ; en dessous : boudoir de l’exposition éphémère « Métamorphoses » avec les œuvres de Pauline D’Andigné, 20 rue Royale, Paris, 2018
© Faht Bicotte
Darmo Art
Trentenaire fringuant, Guido Romero Pierini connaît par cœur le quartier du Marais. Et pour cause : il organise toutes ses expositions dans les espaces Galerie Joseph, lieux immenses et immaculés qui se louent dans le 3e arrondissement parisien. Ainsi, pour admirer les peintures d’Éric Bourguignon, de Lou Ros ou d’Edwige Fouvry (ses artistes fétiches), on ira tantôt rue Froissart, tantôt rue de Turenne… Car après s’être laissé tenter par l’aventure d’une galerie en dur – mais sur cour, peu accessible –, Guido préfère prendre la liberté de changer d’espace à chaque exposition. Autre choix : une galerie immatérielle, mise en ligne en 2013, lui permet de multiplier les collaborations avec de jeunes acteurs du monde de l’art – commissaires, critiques, collectionneurs… Également co-fondateur et rédacteur en chef du blog artistique boumbang.com, Guido ne manque pas de travail, ni de projets. Prochain rendez-vous : du 1er au 17 juin 2018, les peintres Alex Kanevsky et Edwige Fouvry dialogueront sur les murs du 7 rue Froissart à Paris.
À gauche : Guido Romero Pierini ; à droite : vue de l’exposition « Anthropocène » de Pascal Vilcollet à la galerie Joseph Froissart en 2018
Courtesy Galerie Guido Romero Pierini
Galerie Guido Romero Pierini
Edwige Fouvry et Alex Kanevsky. L’état des limbes
Du 1 juin 2018 au 17 juin 2018
Galerie Joseph - Froissart • 7 Rue Froissart • 75003 Paris
galeriejoseph.com
Ils ont 24 et 25 ans, et sont passés par l’école du Louvre, la Sorbonne et l’ESSEC. Tancrède Hertzog et Léopold Legros, visages d’ange et regards ambitieux, se sont rencontrés et ont ouvert ensemble une galerie itinérante en 2015. Cette dernière remporte, depuis, un succès fou. C’est simple : les deux hommes ont l’art et la manière de dégoter des lieux atypiques (tels que le donjon de Vez, où le tout Paris artistique s’est pressé durant l’été 2017 pour admirer les œuvres d’Eva Jospin, de Paul Kremer et de jeunes artistes méconnus) tout en multipliant les coups de maîtres (tels que leur rétrospective inédite du peintre italien Leonardo Cremonini cet automne). Leur idée ? Confronter l’art d’après-guerre (années 1950–1970) à la jeune création contemporaine européenne. Leur agenda ? Archi-complet. Preuve en était avec leur dernière exposition, tout récemment achevée rue des Beaux-Arts à Paris avec huit peintres figuratifs. Aucun doute, l’air du temps se respire dans le sillage de la galerie T&L !
À gauche : les galeristes Tancrède Hertzog et Léopold Legros devant un triptyque de Quentin Spahn ; à droite : « Le Géant de Vez » de François Malingrëy au donjon de Vez en 2017
© Galerie T&L
T&L Galerie
Elle a commencé en 2010, en investissant quelques sous dans une exposition de photographies. Le lieu ? Un appartement privé, très spacieux, au cœur de Lyon. Une réussite, qui a posé le premier jalon d’une série d’expositions entre la région lyonnaise, Paris et Arles, organisées en des lieux variés, maisons de collectionneurs, galeries, appartements… Concentrée sur la scène émergente française et internationale, Céline Moine et sa galerie du même nom multiplient les projets à l’étranger. Plus récemment, en 2017, la galeriste a également ouvert, avec le conseiller Laurent Giros, un lieu d’exposition nommé Le 1111 (Lyon). Sur rendez-vous, on vient y voir des « Cartes Blanches » singulières, qui mettent en parallèle de jeunes artistes et des pointures confirmées de l’art. Dernier exemple en date : un dialogue entre la sculptrice canadienne Julie Tremblay et une large gravure d’Anish Kapoor.
À gauche : Céline Moine devant une oeuvre de Thomas Henriot ; à droite : vue de l’exposition collective “C’est Extra” à Lyon en 2015
© Aurelie Foussard © Jules Roeser
Galerie Céline Moine
Site : celinemoine.com
Le 1111
11 Rue Chavanne • 69001 Lyon
Diplômé de l’Institut d’études supérieures des arts (IESA) en 2012, Arnaud Faure Beaulieu crée sa galerie nomade l’année suivante après quelques expériences en foires et maisons de vente. Sobrement baptisée No Mad Galerie, son activité se divise en deux pans : expositions régulières entre les murs de la Vitrine-65, située dans le quartier du Marais, et projets au sein d’institutions et d’entreprises. Cultivant un côté événementiel décomplexé, Arnaud Faure Beaulieu profite de son nomadisme pour décliner à l’envi les collaborations. Centres d’art, mairies, boîtes de nuit, hôtels… Ils sont nombreux à lui faire confiance et à accueillir ses expositions et performances. Arnaud Faure Beaulieu apporte son savoir-faire façon couteau suisse et va jusqu’à passer derrière les platines pour fêter l’anniversaire de sa galerie aux Bains, adresse mythique des nuits parisiennes. Quel rythme !
À gauche : Arnaud Faure Beaulieu (No Mad Galerie) ; à droite : « Stratégie Mur » réalisé in-situ par l’artiste Michel Duport dans l’appartement de la No Mad Galerie à Paris en 2018
© Marie Larisse © No Mad Galerie
No Mad Galerie
Site : nomadgalerie.com
Un marchand, un artiste, 2e édition
Du 24 mai au 24 juin 2018
Pour l’occasion, 370 marchands se transforment en commissaires d’exposition, chacun présentant un artiste de son choix.
Marché Dauphine et le Marché Biron
132-140 rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique