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Le Douanier Rousseau, Paysage avec pêcheur
Huile sur toile • 32,7 × 46,8 cm • Coll. musée d'Art naïf, Laval
Jusque cet été, le natif de Laval, Henri Rousseau, n’était présent au musée des Arts naïfs et singuliers de la ville quʼà travers trois tableaux. Un visiteur déçu a décidé de pallier ce manque en offrant, anonymement, le tableau Paysage avec pêcheur du « maître de Plaisance ». Accompagnée d’une lettre non signée et d’un certificat d’authenticité réalisé par lʼhistorienne de l’art Dora Vallier en 1995, lʼœuvre de 32,7 × 46,8 cm avait été déposée au musée alors que sa directrice Antoinette Le Fahler était en congés. Quelle ne fut pas sa surprise, à son retour, de découvrir un tel cadeau ! Expliquant qu’il était âgé et qu’il n’avait pas dʼhéritier, cet énigmatique donateur écrivait dans sa missive préférer taire son nom afin que l’établissement puisse disposer de lʼœuvre « comme bon lui semble ». Mais pour faciliter les recherches sur sa provenance et être en mesure de retracer lʼhistorique de ce tableau qui reste encore à authentifier avec certitude, la directrice du musée souhaiterait que le bienfaiteur se manifeste. Elle n’a, pour lʼinstant, aucun indice.
Disparu des salles des ventes en 1914, LʼHomme au serpent d’Auguste Rodin a refait surface en août 2015 lorsqu’un anonyme l’a offert au musée des Beaux-Arts de Lausanne, en Suisse. Lʼœuvre de 1887 n’était jusquʼalors connue que par le biais d’un tirage en plâtre visible aux États-Unis. Le bronze avait été réalisé par le sculpteur français dans le cadre de ses recherches formelles et esthétiques pour la Porte de l’Enfer et avait appartenu, jusqu’à sa mort, à Antoni Roux, un collectionneur habitant à Paris. Encore inconnu aujourd’hui, le mystérieux donateur a permis à L’Homme au serpent de rejoindre trois autres œuvres du sculpteur français au sein des collections du musée : Le Penseur, Le Baiser et le Buste de Victor Hugo.
Auguste Rodin, L’Homme au serpent, 1885 (fonte : 1887)
Bronze • 69,5 × 55 × 29 cm • Coll. musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne • Photo Nora Rupp / Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne
Qui est ce bienfaiteur qui a offert, sans vouloir divulguer son nom, une collection de près de 200 pièces d’art amérindien au musée d’Anthropologie de l’université de la Colombie-Britannique (UBC) ? Aucun indice ne permet de le savoir. Dʼune valeur de 7 millions de dollars canadiens, cette collection rassemblant les œuvres dʼartistes amérindiens de la côte Ouest serait, depuis dix ans, lʼune des plus importantes dans ce domaine à avoir fait son entrée au sein du musée. Arrivée en 2016, on y trouve des bijoux, des textiles, de la vannerie ou encore des sculptures d’artistes tels Charles Edenshaw ou Isabel Rorick. Manifestement passionné, le donateur aurait commencé à collectionner dans les années 1970 après avoir découvert les totems du parc Stanley à Vancouver.
Tsimshian, Flûte corbeau, Vers 1880
Bois d’érable peint, tendon • Coll. musée d’Anthropologie de l’université de Colombie-Britannique, Vancouver • © UBC Museum of Anthropology
Ces trois présents anonymes semblent confirmer lʼidée quʼun don ne sʼaccompagne pas toujours dʼun « contre-don » et que, sʼils offrent, certains bienfaiteurs ne le font pas toujours pour la renommée ou pour obtenir une salle à leur nom au sein dʼun musée.
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