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Paris Photo

Les dernières tendances de la photo

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Publié le , mis à jour le
Vitrine de tous les courants du médium et de leurs grandes évolutions, Paris Photo, la plus belle foire de photographie au monde, entraîne dans son sillage d’innombrables expositions et salons. Que voir en priorité ? Qu’acheter ? Beaux Arts vous dit tout.
Brad Wilson, Mandrill #1
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Brad Wilson, Mandrill #1, 2016

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Un travail photographique encyclopédique commencé il y a sept ans, des séances de pose pouvant durer jusqu’à plusieurs heures pour immortaliser une expression, un regard. Tels des top models, les animaux sont shootés en studio. Et l’animal se fait homme.
À voir à Fotofever. Galerie Artistics.com. 3000 €

Tirage pigmentaire Archival sur papier Hahnemühle Fine Art Baryta, éd. de 15 • 50 x 74 cm • Fotofever, Galerie Artistics.com, Paris • 1300 • © Iconic wildlife / Brad Wilson

Comme chaque automne après la Fiac, la grand-messe du marché mondial de la photo s’installe en majesté sous la verrière du Grand Palais. Cela après un 20e anniversaire particulièrement réussi, non seulement grâce à une hausse de sa fréquentation de 8 % par rapport à 2014 – 2015 n’ayant pas été comptabilisée pour cause de fermeture anticipée au lendemain des attentats – mais aussi et surtout du fait de ventes records. Le duo formé de Christoph Wiesner et Florence Bourgeois, à la tête de l’événement depuis maintenant trois ans, a donc réussi un magnifique tour de main, en lui offrant une plus forte attractivité, tant pour les simples amateurs que pour les grands collectionneurs ou les institutions, affluant désormais de tous horizons vers Paris Photo.

De nouvelles foires comme Approche

Paris Photo n’est toutefois pas seul à mener la danse. Son petit frère Fotofever, né en 2011 (10 000 entrées en 2016), s’affiche désormais comme le premier salon international entièrement voué à la collection de photographie contemporaine. Entendez avec l’objectif d’encourager et de faire découvrir la passion de la collection. Son prix moyen raisonnable pour un stand (5 000 €) permet ainsi à de nombreuses galeries de franchir le pas. « Première foire, premier achat, faire éclore les choses », annonce clairement Cécile Schall, sa directrice. Une prise de position qui fait de Fotofever une bonne vitrine des dernières tendances en matière de photographie, quand Paris Photo reste positionné sur un créneau ultraclassique, égrenant au fil de ses stands une sélection de somptueuses perles de la photographie, de 1840 à aujourd’hui.

Daisuke Takakura, Magic Hour, série Monodramatic
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Daisuke Takakura, Magic Hour, série Monodramatic, 2016

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Daisuke Takakura nous démontre ici la multiplicité des facettes de l’être humain. Quand la cohabitation de clones éclaire notre personnalité.
À voir à Fotofever. Tezukayama Gallery, Osaka. 4000 €

Tirage numérique couleur, éd. de 5 • 42 x 59,4 cm • Fotofever, Tezukayama Gallery, Osaka • 4000 • © Daisuke Takakura, Courtesy Tezukayama Gallery

Cette année, ce panorama marchand s’étoffe avec l’apparition remarquée – soutenue par Beaux Arts Magazine – d’un tout nouveau salon off qui devrait faire converger vers lui les esprits curieux : Approche, un modèle intimiste inspiré des salons du XIXe siècle imaginé par les anciennes galeristes Emilia Genuardi, Sophie Rivière et la critique d’art Léa Chauvel-Lévy, uniquement dédié à la photographie plasticienne (en 13 solo shows). Approche se tiendra dans le cadre feutré d’un hôtel particulier du Ier arrondissement.

Désir de l’œuvre unique

L’intime est justement l’une des tendances qui s’impose clairement dans la création actuelle. Intime, qui rime souvent avec petits formats, expérimentations techniques mais aussi désir de l’œuvre unique. Donner un aspect exceptionnel au médium constitue ainsi une seconde tendance forte. Avec ses tirages au charbon, Vincent Descotils ou encore Sylvie Bonnot (tous deux à voir à Fotofever), qui travaille délicatement la couche supérieure du tirage par retraits successifs avant de le transposer sur un autre support (toile, papier dessin ou bois), ont choisi cette veine de la préciosité.

Thomas Mailaender, Le Chasseur
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Thomas Mailaender, Le Chasseur, 2016

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Expérimentations et recherches sont le leitmotiv de cette série. Thomas Mailaender, artiste et collectionneur compulsif, transpose sur du cuir, à l’aide d’un procédé ancien (le cyanotype) des images dénichées en brocante. Des objets photographiques devenus œuvres d’art. À voir à Approche. Chez Mohamed Galerie, Asnière-sur-Seine-Taroudant-Los Angeles. 14 400 €

Impression pigmentaire sur cuir de veau translucide, cadre en acier, pièce unique • 120 × 120 × 25 cm • Approche, chez Mohamed Galerie, Asnières-sur-Seine/Taroudant/Los Angeles • 14400 • Courtesy Thomas Mailaender et Chez Mohamed Galerie

Par cette technique complexe, chacune de leurs créations acquiert un singulier caractère pictural. Avec sa série Drops, Christelle Boulé (Fotofever) vient elle aussi dépoussiérer la technique. Elle appose des gouttes de parfum sur du papier argentique couleur qui, une fois sec et plongé dans les bains de développement, révèle un résultat coloré et abstrait. Mélanger et renouveler ainsi les techniques rappelle aussi à quel point la photo est désormais bien ancrée dans l’art contemporain. Les plasticiens sont nombreux à l’utiliser, à l’image de Thomas Mailaender (Approche) – voir son travail sur les supports et les procédés – ou Christian Marclay (Paris Photo) et ses questionnements sur les connexions entre image, vidéo et musique.

Une nouvelle vague venue d’Asie

Notons aussi qu’une nouvelle vague esthétique, que l’on ne peut pas occulter, est due à l’arrivée en force de l’Asie, représentée par 12 galeries à Fotofever et 11 à Paris Photo ! Qui apportent une touche de variété, autant avec des artistes déjà fortement identifiés, comme l’inévitable camouflé Liu Biolin (présent à Paris Photo, mais aussi à la Maison européenne de la photographie, jusqu’au 29 octobre), qu’avec quelques découvertes, telles ces architectures utopiques de Yuan Yu Huang (Fotofever) ou encore ces émouvants portraits noir et blanc de Shinya Arimoto (Fotofever).

Yuan Yu Huang, Untitled
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Yuan Yu Huang, Untitled, Non daté

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Yuan Yu Huang, photographe taïwanais, avec ses architectures colorées construites à coups de Photoshop, semble vouloir fuir par l’imaginaire l’une des villes les plus densément peuplées de notre planète.
À voir à Fotofever. VT Artsalon, Taipei. 400 €

Tirage couleur, éd. de 3 • 32 × 25cm • Fotover, VT Artsalon, Taipei • 400 • © Yuan Yu Huang Courtesy VTR Salon

Autre phénomène notoire depuis quelques années : la photographie animalière, sujet auparavant jugé convenu et/ou ringard. Le singe sera donc l’une des stars des cimaises avec les images d’Olivier Richon (Paris Photo) et les portraits hypnotiques de Brad Wilson (Fotofever) [ill. plus haut], qui ont nécessité des heures de travail pour capter des regards simiesques – ou humains ? – d’une rare intensité. Ce singe qui, jadis, figurait l’allégorie du peintre singeant la réalité…

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Paris Photo... et vidéo

Nouvel axe, cette année, pour Paris Photo avec une programmation dédiée au 7e art et à la vidéo. Sélectionnée par Marin Karmitz et Matthieu Orléan, visible bien sûr au MK2 Grand Palais, elle affiche au casting VB, l’une de ses célèbres performances filmées de Vanessa Beecroft. La foire n’en oublie pas son objectif premier : montrer ce qui se fait de mieux en matière d’image. Temps fort de cette édition, le parcours de l’invité d’honneur, Karl Lagerfeld, et ses 200 coups de cœur mais aussi l’accrochage, dans le secteur Prismes (dédié aux grands formats et aux séries), du travail de  Gilles Caron – le « French Capa », mort à 30 ans au Cambodge en 1970. Et, bien sûr, les stars de la photographie mondiale avec les solo shows de Boris Mikhaïlov (chez Suzanne Tarasiève), Lise Sarfati (Galerie particulière), qui signe le visuel officiel de la foire, Guy Bourdin (Louise Alexander), ou encore la très attendue confrontation Paul Graham  et Richard Mosse chez Carlier Gebauer, deux visions de la photographie documentaire. Sans oublier « La plateforme » et ses conversations passionnantes, le prix du livre photographique Paris Photo-Fondation Aperture et la Carte blanche étudiants : quatre jeunes lauréats exposés à la gare du Nord et dans les allées de la foire. La photographie sous toutes ses coutures !

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Paris Photo

Du 9 novembre 2017 au 12 novembre 2017

www.parisphoto.com

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Fotofever Paris 2017

Du 10 novembre 2017 au 12 novembre 2017

www.fotofever.com

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Approche

Du 9 novembre 2017 au 12 novembre 2017

www.approche.paris

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