Henri Roger, Repas de famille, Paris, Vers 1890
© Henri Roger / Roger-Viollet
Henri Roger, photographe français, grimpant au paratonnerre de l’École de Droit, Paris, 10 décembre 1899
Promenades perchées dans la capitale
Parmi les images insolites de la collection, cette photographie prise en 1899 qui met en scène Henri Roger, père d’Hélène Roger-Viollet, le jour de ses fiançailles avec Jeanne Viollet. Cet inventeur prolifique dans les domaines de l’astronomie et de la photographie est saisi en train de se hisser en haut du paratonnerre de la faculté de droit. Nombre de ses clichés témoignent avec humour de la vie parisienne au début du XXe siècle.
© Henri Roger / Roger-Viollet
Accident de la gare Montparnasse, 22 octobre 1895
Terminus, tout le monde descend !
C’est un des accidents ferroviaires les plus célèbres de l’histoire du chemin de fer français et son image, emblématique de l’agence Roger-Viollet, a fait le tour du monde. Le 22 octobre 1895 à la gare de Paris-Montparnasse, le train desservant la ligne Granville-Paris ne parvient pas à ralentir et finit sa course en traversant le hall de gare. Le convoi tombe dix mètres plus bas… dans la rue. Bien que spectaculaire, l’accident ne fera qu’un mort : l’employée du kiosque à journaux en contrebas qui tricotait tranquillement…
© Léon et Lévy / Roger-Viollet
Discours de Jean Jaurès lors de la manifestation contre la loi de 3 ans, 25 mai 1913
Jaurès au milieu de la foule
Difficile d’imaginer la foule (près de 150 000 personnes) venue, il y a un peu plus de cent ans, au Pré-Saint-Gervais écouter le discours pacifiste du chef du parti socialiste (S.F.I.O), Jean-Jaurès. Cette photo illustre l’un de ses grands combats : inquiet face à la montée des nationalismes ne pouvant mener qu’à la guerre, le député milite contre les trois ans de service militaire obligatoire. Jaurès, hissé sur un camion armé d’un drapeau rouge, fait vibrer la foule pacifiste.
À la droite de Jaurès, assis, de profil : Pierre Renaudel, un des fondateurs du Parti socialiste français. À gauche, à la barbe blanche : Arthur Groussier, Le Pré-Saint-Gervais.
© Maurice-Louis Branger / Roger-Viollet
Guerre 1914-1918. Cinquième journée de mobilisation à Paris. Départ du 5e régiment d’infanterie de ligne, l’un des plus anciens de l’armée française (créé en 1558). À la mobilisation, il prendra le nom du 205e régiment d’infanterie. Soldats portant leur médaille d’identité., 6 août 1914
Départ au front
Rares sont les images qui témoignent des combats de la Grande Guerre. Et pour cause, de peur de démoraliser les familles à l’arrière, les reporters que l’armée conduisait sur le front n’étaient pas autorisés à photographier en première ligne. Toutefois le quotidien L’Excelsior publia, tout au long du conflit, entre 20 et 30 images par jour, dont celle-ci prise au départ des soldats depuis Paris le 6 août 1914. Ce fonds, constitué de 5 000 photos est aujourd’hui conservé par le journal L’Équipe et diffusé par Roger-Viollet.
© Caudrilliers / Excelsior – L'Equipe / Roger-Viollet
Guerre 1914-1918. “Les nouveaux métiers des femmes depuis la guerre” : gardes-voie de la gare du Nord à Paris, Juin 1917
Les femmes en première ligne
Certains clichés de l’agence rendent compte des évolutions sociales majeures du pays, notamment la place grandissante des femmes au sein de la société française. Durant la guerre, leur quotidien est bouleversé. Contraintes de remplacer les hommes partis au front, ces dernières sont forcées d’exercer des métiers inédits et parfois difficiles. Ici, elles se retrouvent chargées de surveiller les voies ferrées de la gare du Nord.
Photographie parue dans le journal "Excelsior" du dimanche 24 juin 1917 • © Excelsior – L'Equipe / Roger-Viollet
Vote des femmes, file d’attente devant un bureau de vote, lors des premières élections auxquelles les femmes sont invitées à participer, Paris, Avril 1945
1945 : a voté !
Plusieurs décennies plus tard, les femmes obtiennent enfin le droit de vote, le 29 avril 1945. Un droit qu’elles utilisent pour la première fois à l’occasion du premier tour des élections municipales, le premier scrutin depuis la Libération. Plus de douze millions d’électrices sont appelées à voter. Devant les bureaux, la queue s’allonge et déborde dans la rue : le taux de participation des femmes est alors presque comparable à celui des hommes.
Coll. musée Carnavalet, Paris • © Roger Schall / Roger-Viollet
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Une affaire familiale
Roger-Viollet, c’est avant tout l’histoire d’un couple de journalistes passionnés de photographie. Hélène Roger-Viollet rachète en 1938 une boutique située 6, rue de Seine, dans le 6e arrondissement de Paris. Avec son compagnon, Jean-Victor Fischer, elle y installe ce qui deviendra l’une des plus grandes agences photographiques françaises, couvrant plus d’un siècle d’actualité parisienne. Rapidement, les collections s’enrichissent jusqu’à former une mosaïque de témoignages où la grande histoire se mêle à la petite ; comme lorsqu’en 1890 le père d’Hélène Roger-Viollet réalise la première photographie archivée de l’agence : celle d’un repas de famille.
À la mort des deux propriétaires en 1985, la Mairie de Paris hérite de l’agence, qui devient alors une marque : la Parisienne de Photographie, une Société publique locale dont les deux actionnaires sont la Ville et le Département de Paris.