Actu

Rachida Dati nommée ministre de la Culture, le monde des arts perplexe

Par • le
Rachida Dati, lorsqu’elle était maire du 7<sup>e</sup> arrondissement de Paris dans son bureau
voir toutes les images

Rachida Dati, lorsqu’elle était maire du 7e arrondissement de Paris dans son bureau, 2019

i

© Romuald Meigneux / SIPA

Et la nommée est Rachida Dati… L’identité de la nouvelle ministre de la Culture, dévoilée le 11 décembre au soir, deux jours après l’arrivée du nouveau Premier ministre Gabriel Attal à Matignon, suscite l’étonnement et la perplexité du monde des arts…

Figure de la droite française, connue pour avoir instauré les peines planchers lorsqu’elle était ministre de la Justice sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2009, Rachida Dati est par ailleurs magistrate, avocate et maire du 7e arrondissement de Paris. Un parcours bien éloigné de la sphère culturelle, qui semble marquer l’abandon par Emmanuel Macron de son idée, mise en avant lors de sa première campagne en 2017, de placer à la tête des ministères des personnes spécialisées issues de la société civile.

Rachida Dati visitant le musée archéologique de la citadelle d’Amman, losqu’elle était ministre de la justice
voir toutes les images

Rachida Dati visitant le musée archéologique de la citadelle d’Amman, losqu’elle était ministre de la justice, 4 mai 2009

i

© Khalil Mazraawi / Afp

Pour les uns, sa nomination  souligne une droitisation du gouvernement, déjà entamée par la loi immigration ; pour d’autres, c’est au contraire Rachida Dati (jadis très critique du parti de Macron) qui trahit la droite en acceptant le poste. Le parti Les Républicains, dont elle était présidente du Conseil national, l’a ipso facto exclue de ses rangs, soulignant « avec regret » que son choix la place « en dehors » de leur « famille politique ».

Une figure controversée et mise en examen

Bien que forte d’une solide expérience, et considérée comme un symbole de diversité et d’intégration (en tant que première personnalité née de parents immigrés maghrébins à avoir occupé un ministère dans un gouvernement français), Rachida Dati est aussi une figure controversée : critiquée pour sa proximité avec l’Azerbaïdjan et le Qatar, elle est également mise en examen depuis 2021 pour « corruption passive », « recel d’abus de pouvoir » et « trafic d’influence passif ».

Rachida Dati succède à Rima Abdul Malak, qui occupait le poste depuis mai 2022. La cause de ce limogeage serait peut-être à chercher du côté des propos tièdes de l’ex-ministre franco-libanaise à l’égard de la loi immigration, ou de son annonce, jugée trop précoce par Emmanuel Macron, du lancement d’une procédure pour retirer sa Légion d’honneur à l’acteur Gérard Depardieu, visé par des accusations de viols et d’agressions sexuelles.

La succession de Rima Abdul Malak

Globalement appréciée du monde de la culture et passionnée de spectacle vivant, Rima Abdul Malak se sera fait remarquer (bien qu’Emmanuel Macron l’ait phagocytée sur le chantier de restauration de Notre-Dame de Paris) durant son court mandat par son obtention d’une hausse historique de 6 % du budget de la culture, son renforcement du plan « sécurité cathédrales », ses paroles tranchées, sa défense des femmes artistes, sa condamnation du « vandalisme » écologiste dans les musées, et (dernière action en date) sa suspension à la dernière minute de la démolition du Pavillon des sources de l’Institut Curie.

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi