Article réservé aux abonnés
David Foenkinos l’a fait connaître au grand public par son simple prénom. Charlotte Salomon a une vie de roman, et même de théâtre comme elle l’a écrit durant l’Occupation dans sa grande œuvre Vie ? Ou théâtre ? Dans ce projet de livre sont rassemblés gouaches, textes et musiques qui ont permis à l’artiste de revenir sur son histoire familiale marquée par les deuils et la tragédie. Muriel Coulin, en s’inspirant autant de son travail que de sa vie, livre le portrait poignant d’une femme qui a tout donné à son art. « Que garde-t-on quand on dessine sa vie ? » demande-t-elle. Peut-être l’ébauche d’une grande carrière sacrifiée à Auswchitz.
Muriel Coulin, Extrait du spectacle Charlotte
© Giovanni Cittadini Cesi
Charlotte
De Muriel Coulin d’après le texte de David Foenkinos dédié à Charlotte Salomon
Du 8 janvier au 3 février
2 bis, avenue Franklin Delano Roosevelt • 75008 Paris
Gros, vous avez dit gros ? Fernando Botero préfère le terme « volumétrique ». Tout comme le peintre et sculpteur colombien mondialement connu pour ses figures rondes et voluptueuses, le chorégraphe Taoufiq Izeddiou s’est intéressé à ce qui relève du hors norme. Avec Botero en Orient, il nous propose de remettre en cause les codes de la beauté occidentale. Sur scène, quatre danseurs corpulents (en tout cas loin des canons auxquels nous habitue la danse contemporaine) donnent à voir des mouvements inattendus. Le spectacle développe ainsi une autre conscience du corps tout en offrant une représentation aux violences dont traite également Botero dans son œuvre.
Taoufiq Izeddiou, Extrait du spectacle Botero en Orient
© Iris Verhoeyen
Cela pourrait sonner comme une devise nationale, mais Belgian Rules, Belgium Rules est le titre de la dernière création de Jan Fabre. L’artiste, qui avait déjà célébré la singularité de son pays au travers d’une exposition du même nom à la galerie Templon, en mars dernier, reprend cette fois en chœur. Avec ses quinze interprètes, l’artiste cherche à montrer une certaine unité, à revendiquer un multiculturalisme belge qui s’incarne, par exemple, à Bruxelles, capitale européenne où l’on parle toutes les langues et pas seulement le flamand et le français. Portrait d’un pays plein d’humour, le spectacle brasse la bière et la bonne humeur. Tous les clichés y passent dans une succession de tableaux qui font tantôt penser à Bosch, tantôt aux surréalistes. Le Plat Pays, on en est maintenant sûr, ne manque pas de relief !
Jan Fabre, Extrait du spectacle Belgian Rules, Belgium Rules
© Wonge Bergmann
Belgian Rules, Belgium Rules
Jan Fabre
Si la guerre change la vie d’un homme, la peinture aussi. Jan Lauwers adapte, avec Guerre et Térébenthine, le roman familial du Belge Stefan Hertmans. Cette histoire (vraie) prend sa source dans les carnets intimes transmis par un grand-père à son petit-fils, qui racontent autant la mort d’une femme aimée, que la Grande Guerre et une passion pour la peinture. Le spectacle, qui mêle danse, musique, peintures et dessins, nous invite à une fresque épique dans laquelle on assiste à la montée de l’industrialisation et à la violence des combats, dans laquelle on sent aussi le poids du deuil et du secret. L’une des grandes forces de ce spectacle est de rejouer une guerre totale avec un art total. De quoi rester médusé.
Jan Lauwers, Extrait du spectacle Guerre et Térébenthine
© Maarten Vanden Abeele
Reprise exceptionnelle à l’Opéra de Versailles ! La mise en scène de William Kentridge du Retour d’Ulysse dans sa patrie était en 1998 un événement. L’artiste sud-africain y transposait l’Ithaque mythique dans le Johannesburg du milieu du XXe siècle avec une forte charge politique. Ulysse se rappelle de ses aventures dans son lit d’hôpital : la guerre, le retour difficile, la perte de ses compagnons, le souvenir de Pénélope… Ici l’Odyssée se vit au travers d’une marionnette en bois grandeur nature derrière laquelle s’animent des dessins au fusain et des paysages d’Afrique du Sud de l’artiste. L’opéra baroque de Monteverdi se retrouve ainsi en prise avec l’histoire récente.
William Kentridge, Extrait du spectacle Le Retour d’Ulysse dans sa patrie
© Ickheo
Le retour d’Ulysse dans sa patrie
William Kentridge
Les pieds pris dans des fils, Renaud Herbin avance comme il peut. Tout autour de lui, des sacs donnent au plateau des allures de caverne mystérieuse. À l’intérieur, des marionnettes en sommeil que le danseur anime les unes après les autres pour des corps-à-corps lyriques et des envolées chorégraphiques. Tout semble en suspension dans ce spectacle qui se situe, par sa musique et ses éclairages tamisés, à la lisière du rêve. At The Still Point of The Turning World propose un espace de quiétude, presque de méditation, dans un monde en perpétuel mouvement. Un moment hors du temps.
Renaud Herbin, Extrait du spectacle At The Still Point of The Turning World
© Renaud Herbin
At The Still Point of The Turning World
Renaud Herbin
Il ne faut pas avoir le vertige pour suivre Boris Gibé dans sa quête de l’Absolu. Dans sa dernière création, l’acrobate nous entraîne avec lui dans le vide… Dans une sorte de silo, le spectateur monte de part et d’autre d’un escalier à double révolution pour trouver sa place. Au centre, le virtuose de l’air va et vient entre les différents niveaux comme pour mieux nous faire sentir la hauteur, la tension entre la chute et l’élévation. Au milieu de la fumée et des lumières, il semble lutter contre lui-même. L’artiste propose, toujours sur le fil, une évocation du processus créatif. Frôlant le public de son regard intense et concentré, il se livre ainsi à un exercice tout autant physique que spirituel.
Boris Gibé, Extrait du spectacle L’Absolu
© Jérôme Vila
L’Absolu
Boris Gibé
Combien de mains, combien de bras ? Le moindre geste sur scène se retrouve démultiplié par les jeux de miroirs mis en place par l’artiste Olafur Eliasson. On ne parvient plus à dénombrer les danseurs dont les corps se prolongent de reflets en reflets sur les costumes et décors. Ce n’est qu’une des particularités du ballet Tree of Codes de Wayne McGregor qui a quelque chose d’hypnotique, d’entêtant. L’accompagnement techno-pop de Jamie xx prolonge ce trouble et nous amène aux portes de la perception pour un spectacle profondément sensoriel. Une expérience scénique immanquable.
Wayne McGregor (décor d’Olafur Eliasson et musique de Jamie xx), Extrait du spectacle Tree of Codes
© Little Shao/OnP
Tree of Codes
Wayne McGregor (décor d'Olafur Eliasson et musique de Jamie xx)
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique