VISITE

À quoi ressemble le musée Gainsbourg qui ouvre ses portes le 20 septembre ?

Par

Publié le , mis à jour le
Ses compositions ont marqué la chanson française mais Serge Gainsbourg (1928–1991) était aussi acteur, peintre, écrivain… Ce que rappelle le double parcours de la maison Gainsbourg, qui ouvrira officiellement ses portes au public le 20 septembre. La visite du musée sis au 14 rue de Verneuil peut se prolonger dans la maison familiale du 5 bis, sanctuarisée en 1991. Une expérience bouleversante pour les fans de « l’homme à tête de chou ».
Façade de la Maison Gainsbourg, 14 rue de Verneuil
voir toutes les images

Façade de la Maison Gainsbourg, 14 rue de Verneuil

i

© Alexis Raimbault pour la Maison Gainsbourg

Rendez-vous rue de Verneuil. Un profil en néon s’y détache, signalant l’entrée, au numéro 14 du tout nouveau musée Gainsbourg, où se trouvait, jusqu’en 2020, un club d’aquagym et, du temps du compositeur-interprète, la librairie et maison d’édition de son ami Éric Losfeld. C’est là qu’il faut venir récupérer le casque audio indispensable à la visite de la maison Gainsbourg, située au 5 bis de la rue.

La voix, le souffle, les silences suaves de Charlotte Gainsbourg guident nos pas. Derrière une porte noire, cachée par un rideau de même couleur, se déploie le salon, où Serge Gainsbourg recevait. « Je ne sais plus s’il y avait un code / Beaucoup de monde sonnait / C’est lui qui ouvrait ».

Une « time capsule » qui fait revivre Gainsbourg

Façade de la Maison Gainsbourg, 5 bis rue de Verneuil
voir toutes les images

Façade de la Maison Gainsbourg, 5 bis rue de Verneuil

i

© Alexis Raimbault pour la Maison Gainsbourg

D’un souvenir à l’autre, la comédienne brosse un portrait vibrant, sinon vivant, de son père, qu’il ne fallait pas brusquer au réveil ; il marchait pieds nus sur le carrelage, en Repetto sans chaussettes, même l’hiver ; projetait des Disney et des westerns américains le week-end ; utilisait toujours la même fourchette, « probablement piquée chez Maxim’s » ; ne se lavait qu’en pièces détachées dans le bidet de la salle de bains… En fond, des notes de piano, une sonnerie de téléphone, des bruits de pas, des bribes de conversations intimes scandent cette émouvante promenade.

Bureau-bibliothèque au premier étage du 5 bis rue de Verneuil
voir toutes les images

Bureau-bibliothèque au premier étage du 5 bis rue de Verneuil

i

© Pierre Terrasson, 1991

Un couloir de 23 mètres, conçu comme un cabinet de curiosités.

« Nous voulions que l’exploration de cette time capsule produise un choc », explique Sébastien Merlet, habité par la musique de Gainsbourg depuis l’âge de neuf ans, auteur de plusieurs ouvrages à son sujet, et commissaire du musée qui lui est aujourd’hui dédié. Il faut voir ce dernier comme un prolongement de la maison, dont la moquette en noir et blanc a d’ailleurs été reproduite à l’identique. Le parcours permanent occupe un couloir de 23 mètres, conçu comme un cabinet de curiosités. À droite, une dizaine d’écrans (et leurs douches sonores attitrées) diffusent des extraits de films, de clips et d’interviews. Chacun traite d’une époque précise, laquelle se retrouve évoquée dans la vitrine qui habille le mur opposé, à travers une sélection d’objets divers (lettres, photos, bibelots, œuvres d’art…).

Vue d’exposition provenant de la collection permanente, “L’Homme à la tête de Chou” de Claude Lalanne (1968)
voir toutes les images

Vue d’exposition provenant de la collection permanente, “L’Homme à la tête de Chou” de Claude Lalanne (1968)

i

© ADAGP, Paris 2023 / © Alexis Raimbault pour la Maison Gainsbourg, 2023

Ont été réunies ici 450 des 25 000 pièces recensées dans la maison voisine. Toutes se succèdent dans l’ordre chronologique. Parmi les pièces maîtresses, les « Joconde » de la collection, on compte le manuscrit de La Javanaise – « un pan d’histoire de France », dixit Sébastien Merlet –, le dessin Schlime Botschaft von den Sternen [Mauvaises Nouvelles des étoiles] (1913–32) de Paul Klee, La Chasse aux papillons (1929–1930), encre sur papier de Salvador Dalí, un petit top 50 avec Je t’aime moi non plus (1969) en première position.

La sculpture de Claude Lalanne, « L’Homme à tête de chou »

Jean-Baptiste Mondino, Le Gainsbarre
voir toutes les images

Jean-Baptiste Mondino, Le Gainsbarre, 1980

i

couverture de Rock & Folk • © Alexis Raimbault pour la Maison Gainsbourg, 2023

Au bout du couloir, un homme nu, assis, avec un chou en guise de tête – la sculpture de Claude Lalanne qui inspira à Gainsbourg l’album L’Homme à tête de chou (1976). À droite, des escaliers en pierre blanche mènent à un sous-sol voûté, réservé aux expositions temporaires. Un nouveau jeu de marches conduit, en haut, au Gainsbarre, bar qui donne lui-même sur une boutique-librairie puis la sortie. Des documents manuscrits, dont le brouillon d’un titre inédit, « Le Tramway de Botany Bay », sont incrustés dans un mur transparent, rétroéclairé le soir. Les sièges hauts, alignés devant le comptoir, évoquent le tabouret de piano posté sous le Steinway du numéro 5 bis.

Deux billets au choix : le premier permet de découvrir le musée seul ; le second comprend également la visite de la maison. Le hic, c’est qu’il n’y a plus une place disponible avant le 31 décembre. Sold out depuis l’ouverture de la billetterie, le 4 avril. Il va falloir s’armer de patience.

Arrow

Maison Gainsbourg

5 bis rue de Verneuil • 75007 Paris

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi