De René Lalique à Jeanne Toussaint chez Cartier, les joailliers sont de véritables artistes, puisant dans l’art de leur temps, rivalisant d’imagination et capables de repousser les limites des savoir-faire pour créer des bijoux extraordinaires.
Diamants rares, perles historiques, saphirs… Des souveraines dans les cours d’Europe aux stars actuelles du cinéma ou du Rn’B, Beaux Arts a ouvert la boîte aux trésors pour vous raconter des histoires de beaux bijoux ayant fait tourner les têtes, et chavirer les cœurs.
Cette perle a une histoire flamboyante. Découverte en 1579 dans le golfe de Panama, la Pérégrine (ou la pèlerine) est présentée comme la plus grosse perle jamais découverte lors de son exposition à Séville. Philippe II d’Espagne va l’acquérir et l’offrir à sa fille avant de la conserver parmi le Trésor de la Couronne. Serti d’un diamant de 48 carats, le plus gros diamant européen à l’époque, l’ « Estanque » est un bijou des plus somptueux.
À gauche, Liz Taylor portant La Pérégrine. À droite, « La Reine Isabelle de France à cheval » de Diego Velázquez, 1628–1638 (Conservé au musée du Prado, Madrid)
D’une reine consort à l’autre, la perle orne les toilettes de Marguerite d’Autriche-Styrie, femme de Philippe III, d’Élisabeth de France et de Mari-Anne d’Autriche, les épouses successives de Philippe IV. Diego Vélasquez (1599–1660) en immortalise le souvenir dans ses portraits. En 1813, la perle quitte l’Espagne dans les malles de l’empire napoléonien défait. Sous Napoléon III, elle file en Angleterre, où la perle finit chez la duchesse Louisa Hamilton. Quand elle ressurgit en 1969 lors d’une vente chez Sotheby’s, l’Américain Richard Burton saute sur l’occasion pour gâter l’actrice Liz Taylor : joli cadeau de Saint-Valentin ! Pour l’anecdote, un jour la perle est introuvable : c’était le chien pékinois du couple qui la mâchouillait ! La Pérégrine a été vendue en 2011 pour 11 millions de dollars.
Maison Mellerio, Aigrette Paon, 1905
or rose, d’or jaune, de platine, d’émaux et 1742 diamants taille rose • © The Al Thani Collection
Cette aigrette-broche en forme de paon, l’oiseau national de l’Inde, a été créée par Mellerio dits Mellers pour le maharajah Jagatjit Singh de Kapurthala, francophile et fidèle client des maisons de luxe. Si les ocelles résultent d’un délicat travail d’émail, cet ornement (qui pouvait parer une coiffure comme un corsage) allie or rose, or jaune, platine, et 1 742 diamants tailles rose, typique de l’Inde. En 1905, alors qu’il vient d’acheter ce paon, le maharajah de Kapurthala a le coup de foudre pour Anita Delgado, une danseuse espagnole à laquelle il offre le bijou. Au bout d’un an de cour, ils se marient. À leur séparation, l’ex-maharani garde l’aigrette. Conservée dans la collection Al Thani, le magnifique paon s’est envolé en 2019 lors d’une vente aux enchères chez Christie’s pour 735 000 dollars.
Bracelet Panthère de Cartier, 1914
or gris, diamants, émeraudes, onyx
Entre la maison Cartier et la panthère, la passion règne depuis cent ans. En 1914, le pelage du félin surgit sur une montre bracelet de Louis Cartier. Nommée directrice artistique en 1933, Jeanne Toussaint (1887–1976) en fera un animal fétiche. Wallis Simpson, la duchesse de Windsor, comme la mondaine Daisy Fellowes raffolent de ses broches « Panthère ». Acquis par l’Aga Khan, le premier bracelet « Panthère » en diamants et saphirs voit, lui, le jour en 1958. En 1967, María Félix craque aussi pour un bracelet à deux têtes de panthères et une broche. Cinquante ans plus tard, le bracelet « Panthère » de Cartier fait encore tourner les têtes et hypnotise Kim Kardashian.
René Lalique, Collier Noisettes, 1899-1900
émaux et pierres précieuses
Il est l’inventeur du « bijou moderne » ! Séduisant les comédiennes de la Belle Époque, telle la « Divine » Sarah Bernhardt qui lui commandait de nombreuses parures. Puisant ses inspirations dans la faune, la flore et exaltant la femme (trois « F » qui seront ses piliers), René Lalique (1860–1945) est un grand promoteur de l’Art nouveau dans la joaillerie. Lors de l’Exposition universelle en 1900 à Paris, où il dévoile son travail novateur, les spectateurs restent médusés devant l’exceptionnel collier « Noisettes ». Cette pièce très architecturée associe audacieusement des cabochons de saphirs à du verre. Les diamants sont pavés, donnant l’illusion de la rosée du matin. Lalique a aussi ressuscité la tradition moyenâgeuse de l’émail et soigné la peau douce de ses noisettes. La cosse des fruits est sertie d’un alliage singulier en or vert (mélange d’or et d’argent). Ce chef-d’œuvre est conservé dans les collections du musée des Arts décoratifs (MAD) à Paris.
Le Tiffany Diamond, 1877
or jaune
C’est le trésor du joaillier Tiffany. En 1877, ce diamant jaune exceptionnel est extrait des mines de Kimberley en Afrique du Sud et acquis par Charles Lewis Tiffany (1812–1902), qui devient alors le « Roi des diamants » ! La pierre est sublimée par une taille coussin de 128,54 carats aux 82 facettes qui lui donnent une brillance rare. Depuis plus de 140 ans, le diamant est porté au compte-gouttes. Au cou d’Audrey Hepburn, il est l’autre star du célèbre film Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s) en 1961. Puis le « Tiffany Diamond » illumine l’allure de Lady Gaga lors de la cérémonie des Oscars en 2019. Cette gemme couleur soleil fait encore sensation en apparaissant dans Mort sur le Nil au cou de l’actrice Gal Gadot en 2022. avant que la chanteuse Beyoncé le laisse langoureusement glisser sur elle pour une campagne de la maison en 2023.
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