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CARNET D’ADRESSES

Chapelle XIV, nouveau temple hybride de l’art

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Publié le , mis à jour le
Disquaire, galerie, café, atelier et studio : bienvenue à Chapelle XIV ! Inauguré en octobre dernier, ce nouveau lieu parisien à la croisée des arts pourrait bien vite s’imposer comme le paradis de la création. Une adresse à visiter sans se faire prier !
Vue de l’exposition “Erotish” à Chapelle XIV
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Vue de l’exposition “Erotish” à Chapelle XIV

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© Chapelle XIV

Difficile à croire qu’au milieu du tumulte du boulevard de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, se cache l’une des adresses les mieux gardées de Paris. Depuis la rue, seule une plaque discrètement posée au numéro 14 nous met sur la voie. Après avoir fait retentir la sonnette de l’interphone, il faut encore traverser deux petites cours pavées avant d’atteindre finalement notre destination. Malgré la lourde porte en métal, pas de quoi se laisser intimider ! Créatif, transversal et chaleureux, Chapelle XIV est avant tout un lieu tourné vers le public.

Le café de Chapelle XIV
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Le café de Chapelle XIV

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Crédit Photo Frédéric Lucano

Les multiples aléas de la crise du Covid-19 n’auront pas eu raison de la volonté à toute épreuve de ses deux jeunes fondateurs, Éléonore Levai et Benjamin Belaga. Elle a fait ses gammes à la galerie Jérôme Poggi ; lui a fondé Yoyaku, label de musique électro et adresse incontournable pour tous les amoureux de vinyles, initialement implantée à Belleville. À eux deux donc, ils ont imaginé ce lieu « polyvalent et créatif », selon les mots d’Éléonore Levai, où se rencontrent musique, arts visuels et gastronomie dans une ambiance certes branchée, mais pas snob. On y vient chiner des disques – des nouveautés éditées par Yoyaku mais aussi des pépites de seconde main –, découvrir la jeune garde de la création contemporaine – et pourquoi pas craquer pour une des œuvres exposées. Et une fois les restrictions sanitaires levées, on pourra aussi y boire un expresso bien serré, confortablement installé dans le café qui jouxte la galerie !

Il faut dire que l’art fait pleinement partie de l’ADN de ce lieu baigné de lumière, entièrement repensé par l’architecte Delphine Sauvaget : il était auparavant occupé par la galerie Fabienne Leclerc ! Sous l’immense verrière, Éléonore Levai fait dialoguer de jeunes artistes issus de l’image, mais aussi de l’installation et du design. Dans un cadre à mille lieues du white cube impersonnel, la jeune commissaire a à cœur de « montrer des scènes émergentes qui s’alimentent les unes les autres ». Une ambiance « comme à la maison » donc, qui transparaît dans les choix scénographiques de l’exposition « Erotish » présentée jusqu’au 14 février.

Vue de l’exposition « Erotish ». Au premier plan : « Serpentine Table » de Bina Baitel (2020). Au fond à gauche : « Joliday », « Funset » et « Disco Sunrise » de Raphaël-Bachir Osman (2020) ; à droite : « Gemma et Elena » de Julia et Vincent (2019)
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Vue de l’exposition « Erotish ». Au premier plan : « Serpentine Table » de Bina Baitel (2020). Au fond à gauche : « Joliday », « Funset » et « Disco Sunrise » de Raphaël-Bachir Osman (2020) ; à droite : « Gemma et Elena » de Julia et Vincent (2019)

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© Chapelle XIV

Autour d’un canapé trônant sous la verrière tel un îlot de tendresse, celle-ci rassemble les photographies érotico-kitsch du duo Julia et Vincent, les peintures multi-support de Raphaël-Bachir Osman (qui peint aussi bien sur toile que sur des raquettes de ping-pong), la lingerie fine de la créatrice ichiyo ou encore les miroirs-totems d’Ingrid Sol Leccia. Ce savant discours amoureux se poursuit au sous-sol, où le duo Superpoly (composé des designers Antoine Grulier et Thomas Dufour) a imaginé une chambre « Superérotique » dans laquelle est aussi installé le génial Pulldown Check-Up Mirror de Camille Menard (Agnst Design), inspiré des stations de musculation des salles de sport.

Vue de l’exposition « Erotish ». À droite : « Superérotique » de SUPERPOLY (2020)
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Vue de l’exposition « Erotish ». À droite : « Superérotique » de SUPERPOLY (2020)

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Lit et fresque murale, bois, peinture gloss, papier peint • 190×140 (lit) • © Chapelle XIV

C’est également au sous-sol qu’a été aménagé, dans un joyeux bric-à-brac, l’atelier 14, un espace d’expérimentation et de création où officient graphistes et artistes. Machines à sérigraphier, imprimante 3D, machine laser… ils ont à leur disposition une multitude d’outils pour mener à bien leurs différents projets (comme, entre autres, la création de t-shirts brodés ou de pochettes de vinyles pour le label) avec l’espoir de pouvoir, une fois la crise sanitaire passée, accueillir du public pour des workshops.

Le disquaire Yoyaku, initialement implanté à Belleville, a pris ses quartiers à Chapelle XIV
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Le disquaire Yoyaku, initialement implanté à Belleville, a pris ses quartiers à Chapelle XIV

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Photo Frédéric Lucano

En attendant, l’équipe de Chapelle XIV, qui compte dans ses rangs une quinzaine de personnes, met tout en œuvre pour faire vivre la culture malgré le Covid, dans ses murs et en dehors. Dernier projet en date : une plateforme musicale en ligne lancée le 15 janvier, qui diffuse des sessions d’écoute enregistrées dans le studio (situé lui aussi au sous-sol), suivies d’un temps d’échange en direct avec les artistes (parmi lesquels Apollo Noir, Chloé ou encore Sœurs malsaines). Preuve que malgré la crise, culture et créativité ne sont pas (complètement) à l’arrêt.

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Chapelle XIV

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Erotish

Du 1 décembre 2020 au 14 février 2021

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Chapelle XIV Music

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