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Vue de la Villa Cameline
© Henri del Olmo
La Villa Cameline regorge de secrets… Qui pourrait croire que cette somptueuse bâtisse ancienne située aux abords d’un chemin niçois répondant au doux nom d’avenue Monplaisir est le lieu de rendez-vous incontournable des amateurs d’art contemporain de la Côte d’Azur ? Ce qui ne devait être à la base qu’un projet éphémère dure maintenant depuis plus de dix-sept ans grâce à Hélène Fincker qui œuvre corps et âme pour que l’art contemporain ait sa place dans la capitale azuréenne. Et pour cause, cette attachée de presse pour plusieurs musées de la région – le musée Chagall à Nice, le musée Fernand Léger à Biot, le musée Picasso à Vallauris… – a lancé le réseau Boto(x) qui entend « dérider l’art contemporain » et le rendre accessible au plus grand nombre. Comment ? Grâce à une série de rendez-vous comme Les visiteurs du soir (ou du samedi) dans une trentaine de lieux dédiés à l’art contemporain, de Monaco à Mougins.
Vue de l’exposition « Géographie intime » de Kristof Everart à la Villa Cameline, 2019
© ADAGP 2019
En 2003, la Villa Cameline est mise en vente. Et c’est au nez et à la barbe des promoteurs immobiliers qui voulaient la raser pour en faire des résidences, qu’Hélène Fincker l’achète et décide, très vite, de la transformer en un lieu d’exposition mis à la disposition des artistes. « C’est une maison qui date de la Belle Époque. D’inspiration italienne avec son escalier majestueux, ses moulures et son imposante terrasse, elle a été bâtie dans les années 1920 par un pâtissier qui s’est enrichi. Il faut bien avoir en tête qu’à l’époque, cette partie de Nice était vraiment la campagne ». Construite sur trois niveaux, cette élégante demeure de 300m2, vestige d’un temps révolu qu’on ne peut que fantasmer, a été abandonnée et squattée pendant une quinzaine d’années. Une histoire singulière qu’Hélène a voulu poursuivre rêveuse.
Vue de l’exposition « Géographie intime » de Kristof Everart à la Villa Cameline
© ADAGP 2019
Ni une galerie, ni un centre d’art mais plutôt un lieu d’expérimentation artistique.
Essentiellement ouverte à de jeunes artistes qui démarrent, cette « villa abandonnée » – comme on la surnomme dans les environs – n’est ni une galerie, ni un centre d’art mais plutôt un lieu d’expérimentation artistique. Elle ne vit que grâce à l’amour qu’on lui porte car cette structure inédite est totalement indépendante et ne bénéficie d’aucune subvention. Après avoir accueilli des solo shows de Denis Brun, Ève Pietruschi, Simone Simon, Quentin Derouet, pour ne citer que ceux-là, ou des expositions thématiques en référence à la « wunderkammer » (chambre de curiosités) comme le cabinet démocratique, le cabinet atomique, le cabinet névrotique ou encore le cabinet pique-nique avec exclusivement des femmes artistes, il accueille en cette rentrée 2019 une exposition collective d’un tout autre genre.
Julien Griffaud, Unknown Pleasures, 2019
56 × 76 cm • © Villa Cameline
« Et si, à l’instar des membres des Rolling Stones qui résidèrent entre 1971 et 1972 à la Villa Nellcôte de Villefranche-sur-Mer, les membres de Joy Division étaient passé par Nice en décembre 1979, en préambule de leurs concerts parisiens, et plus précisément par la Villa Cameline ? » C’est avec cette idée folle en tête que le commissaire Julien Griffaud et l’artiste Quentin Spohn ont conçu « Ian Curtis likes this place ». Un titre que Julien Grimaud a trouvé tagué sur un mur du Volume, salle de concert qui était située jusqu’en 2017 à quelques pas du musée d’Art Moderne et Contemporain (MAMAC) de Nice. Réunissant près de 25 artistes travaillant sur des supports multiples (installations, dessins, fusains, photographies, vidéos, etc.), ce parcours inédit et fictionnel – puisque le groupe culte de Ian Curtis n’est jamais venu à Nice – s’interroge sur la fabrique des mythes autour de célébrités au destin tragique tout en réactivant la part d’imaginaire suscitée par cette demeure désertée.
Cédric Teisseire, Me, Myself and Ian, 2019
© Villa Cameline
L’atmosphère décrépite de la Villa Cameline – qui n’a jamais été restaurée – est propice à l’évocation de cette légende du punk rock que fut Ian Curtis. On y découvre par exemple le travail de Maxime Duveau, diplômé de la Villa Arson, qui dessine au fusain, au pinceau et à l’encre en développant sa fascination pour l’architecture californienne, celui d’Olivia Borg qui s’inspire des fins de soirée en plaçant des objets festifs dans des endroits improbables ou encore celui de Jérémy Griffaud qui, à travers une installation vidéo, s’interroge sur le romantisme noir inhérent à un personnage médiatique tel que le leader de Joy Division. On est aussi magnétisé par les dessins à l’encre de Loïc Le Pivert dont le tracé et l’esthétique rappellent à certains égards les vignettes d’une bande dessinée. On reste bouche bée devant l’installation d’Olivier Marro : une veste de costume contenant dans la poche un livre datant des années 60, House of Dolls, au cœur de l’histoire du groupe. Et on finit en transe devant les Ellipsy Dance de Aïcha Hamu, référence directe à cette affection neurologique dont le chanteur de Joy Division souffrait et qui contribua à sa dépression puis à son suicide, à l’âge de 23 ans… Un voyage à la fois sombre et enivrant.
Villa Cameline
Sur rendez-vous au 07 83 82 05 86 ou par mail : helene.fincker@villacameline.fr
43 avenue Monplaisir • 06100 Nice
www.villacameline.fr
Ian Curtis likes this place
Du 13 septembre 2019 au 11 octobre 2019
En 2020, la Villa Cameline accueillera tour à tour Amandine Maillot en mars puis Clémentine Carsberg avant de présenter à la fin de l’été prochain une nouvelle exposition thématique autour des problématiques écologiques.
Villa Cameline • 43 avenue Monplaisir • 06100 Nice
www.villacameline.fr
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