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Après quatre heures de voyage depuis la gare de Lyon, la visite des Rencontres commence au Ground Control (nom du collectif qui investit également les friches de la capitale), aménagé dans un ancien relais de chemin de fer. L’exposition de Gideon Mendel « Un monde qui se noie » rassemble des photos prises par l’artiste sud-africain aux quatre coins du monde lors d’importantes inondations. Dans les maisons, échoppes ou encore les rues immergées, les victimes des changements climatiques retrouvent un visage : une démarche humaniste susceptible d’éveiller les consciences.
Gideon Mendel, Jeff et Tracey Waters, Staines-upon-Thames, Surrey, Royaume-Uni (série Portraits submergés), février 2014
Courtesy Gidéon Mendel / © Rencontres Arles
Un petit détour par la place de la République pour goûter aux spécialités arlésiennes nous mènera tout droit à la boulangerie Soulier, l’une des meilleures de la ville. Les fougasses et pâtisseries traditionnelles raviront notre pause déjeuner avant d’embarquer pour le musée Réattu.
Boulangerie Soulier
Ouvert du lundi au samedi de 6 h 30 à 19 h 30
66 rue de la République • 13200 Arles
Situé dans l’ancienne commanderie de l’ordre de Malte, le musée de la ville d’Arles est un lieu de mémoire par excellence. L’institution porte le nom d’un peintre du XVIIIe siècle qui a légué à sa ville d’origine nombre d’esquisses et de tableaux. Au XXe siècle, les collections se sont considérablement enrichies en s’ouvrant à l’art contemporain et, plus particulièrement, à la photographie. L’exposition « Rencontres à Réattu » propose ainsi un beau parcours dans les archives du musée.
Guillaume Janot, Neal, Tower blocks (série Roses and guns), 2000
Coll. musée Réattu, dépôt d’une collection particulière / © Guillaume Janot / © Rencontres Arles
Dans la commanderie Sainte-Luce, le photographe Samuel Gratacap nous confronte aux problématiques migratoires, notamment aux zones de transit. D’imposants portraits de réfugiés en attente, figés, le regard froid, tapissent les murs de la cour : l’exposition, coproduite avec la galerie Les Filles du calvaire, montre une réalité sans fard grâce à des témoignages de soldats et de civils libyens, pris au piège d’une guerre interminable. Une claque photographique et documentaire.
Samuel Gratacap, Centre de détention pour migrants de Zaouia, 2014
Photographie • Courtesy Samuel Gratacap / galerie Les filles du calvaire, Paris / © Rencontres Arles
Dans l’église des Frères prêcheurs, Michael Wolf nous donne le vertige en mettant en perspective la vie des villes autour du monde. Des toits de Paris aux tours interminables de Hong Kong, le photographe tire du paysage urbain de puissants motifs graphiques. Au-delà de l’esthétique de ses tirages, l’aspect documentaire de ces séries et leur présentation parfois ludique nous interroge sur nos habitudes… et rien ne manque à cet état des lieux photogénique.
Michael Wolf, Architecture of Density, 2005–2009
Courtesy Michael Wolf / © Rencontres Arles
Plus loin en suivant le Rhône, nous arrivons au siège d’Actes Sud. À la fois librairie, restaurant, cinéma et hammam, ce lieu de vie culturel propose de nombreuses rencontres avec les photographes, des séances de dédicace et ses propres expositions. Entre les rayonnages, on s’y sent comme chez soi. Mais le temps file ! N’oubliez donc pas de descendre à la cave pour suivre le reportage sur les indiens kogis, ni même de faire un détour par la chapelle attenante, où l’exposition « La Vuelta » recèle des trésors de la photo d’Amérique latine.
Librairie Actes Sud
23 place Nina Berberova • 13200 Arles
Dans la rue des arènes, artère principale de la ville à deux pas de la place du Forum, les cuisiniers de Pop Up Paris se sont mis au défi de nous étonner. Au Chardon, la carte change tous les jours et les cuisiniers venus du monde entier ne restent que le temps d’une saison. Les serveurs, de bon conseil, nous guident de surprise en surprise dans ce restaurant gastronomique où les produits locaux sont sublimés par des épices et des savoir-faire venus d’ailleurs.
Chardon
Ouvert du vendredi au lundi midi de 12 h 30 à 15 h et du jeudi au lundi soir de 19 h 30 à 23 h
37 rue des Arènes • 13200 Arles
hellochardon.strikingly.com
Plus excentré, le parc des Ateliers héberge quatre grands espaces d’expositions. La grande halle s’ouvre avec l’installation Invisible World du duo d’artistes suisse Fischli et Weiss : plongées dans l’obscurité, une multitudes de photographies s’enchaînent sur un caisson lumineux, tel un tour du monde organisé par couleur et par genre. On poursuit la visite dans le magasin électrique avec l’enquête de Mathieu Asselin, avant de nous engouffrer dans l’immense atelier de la mécanique, investi par les lauréats du prix Découverte, la photographe chilienne Paz Erràzuriz ou encore la mission photographique de la Datar ( (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale).
Luma Arles La Tour - Parc des Ateliers
Ouvert tous les jours de 10 h à 19 h 30
33 avenue Victor Hugo • 13200 Arles
Le parc des Ateliers, plein de ressources, propose aussi un espace de restauration ombragé et en partie climatisé pour le plus grand confort des festivaliers. Il est possible de se régaler au self du Réfectoire de salades de saisons et d’autres plats légers avant de reprendre le parcours sans en perdre une miette !
Le Réfectoire
Ouvert tous les jours de 12 h à 15 h 30
13200 Arles
Nouveau lieu des Rencontres, Croisière est déjà très apprécié. Convivial, on peut s’y poser quelques instants à l’ombre, se rafraîchir mais surtout poursuivre le voyage vers l’Amérique latine avec la surprenante exposition « La vache et l’orchidée ». La scénographie démesurée et ludique permet d’apprécier la scène de la photographie colombienne vernaculaire. Un moment de découverte sympathique que l’on aurait toutefois souhaité plus documenté.
La Terrasse ombragée du lieu d’expositions Croisière, juillet 2017
© Louise Vanoni
Arrivée dans l’agréable cour de la Maison des peintres, qui accueille Road to Death, où Christophe Rihet met en lumière des tronçons de route qui ont vu des personnalités, de Bonnie & Clyde à Jean Seberg, perdre la vie. Glaçant ! Suit la stupéfiantes série de portraits de Matthieu Pernot consacrée à la famille gitane des Gorgan entamée en 1995 alors qu’il était encore élève à l’ENSP (École nationale supérieure de la photographie d’Arles).
66 photographes dans une seule exposition, c’est le pari dense – et réussi – de la rétrospective « Iran, années 38 » à l’église Sainte-Anne. Dans un pays secoué par la révolution islamique de 1979 puis la guerre, les artistes on trouvé dans le médium photographique un exutoire. On restera scotché devant les photos d’exécutions publiques d’Arash Khamooshi ainsi que face à la beauté du cliché de nuit de Sina Shiri. Les artistes puisent dans la riche culture iranienne afin de mieux révéler ce pays de contrastes, tiraillé entre tradition et modernité.
Shadi Ghadirian, Qajar, 1998
Courtesy Shadi Ghadirian et Silk Road Gallery, Téhéran / © Rencontres Arles
Les Rencontres de la photographie - Arles 2017
Du 3 juillet 2017 au 24 septembre 2017
Arles • 34 Rue du Docteur Fanton • 13200 Arles
www.rencontres-arles.com
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