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Clip vidéo : le Palestinien Saint Levant fait dialoguer son chant d’exil avec l’œuvre de Taysir Batniji

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Publié le , mis à jour le

Il a d’abord cartonné sur les réseaux sociaux avant d’enchaîner les concerts et de partager le line-up du mythique festival californien Coachella avec les plus grands. Auteur-compositeur-interprète et musicien, Saint Levant – nom de scène d’Abdelhamid Marwan – incarne cette nouvelle garde de la musique pop issue de la diaspora du monde arabe, qui fait entendre sa voix aux quatre coins du monde.

Né en 2000 à Jérusalem pendant la seconde Intifada, Saint Levant a grandi à Gaza, avant que la guerre ne contraigne sa famille à l’exil, en Jordanie puis aux États-Unis. Le traumatisme du déracinement irrigue son premier album, sorti en 2024 et intitulé Deira, en hommage à l’hôtel que tenait le père de l’artiste à Gaza, depuis détruit par les frappes israéliennes.

Au carrefour des influences

Le clip d’« Exile » mixe lui aussi les influences – visuelles cette fois –, du cinéma de Krzysztof Kieślowski à la peinture contemporaine.

« I spent too many nights in exile », chante ainsi Saint Levant en ouverture de son nouveau morceau « Exile » – un titre pop catchy, sur lequel les sonorités R&B rencontrent un orchestre symphonique et la gasba, une flûte principalement utilisée dans la musique populaire algérienne. Au carrefour des influences, le musicien engagé pour une paix durable en Palestine clame haut et fort, en anglais, en français et en arabe, son attachement à la terre où il a grandi.

Une image rémanente de Taysir Batniji

Réalisé par la cinéaste franco-algérienne Lyna Zerrouki, le clip d’« Exile » mixe lui aussi les influences – visuelles cette fois –, du cinéma de Krzysztof Kieślowski à la peinture contemporaine. Un œil attentif et averti aura peut-être reconnu, dans cette succession de plans à l’esthétique hyper léchée, une œuvre du peintre franco-palestinien Taysir Batniji (né en 1966), extraite de sa série « Remnants », initiée en 2024 alors que Gaza est pilonnée par l’armée israélienne. L’artiste, dont toute la famille vit dans l’enclave palestinienne, questionne ici le statut des images qu’il reçoit de ses proches via WhatsApp, et dont il reproduit sur la toile l’altération due à la qualité aléatoire du réseau internet. Une œuvre éminemment sensible et résiliente, qui trouve un écho dans le timbre chaud de la voix de Saint Levant.

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Saint Levant, "Exile"

Clip réalisé par Lyna Zerrouki

2025, SALXCO UAM LLC

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