C’est avec un dîner joliment dystopique que s’ouvre le premier clip de Cate Hortl (ex Oktober Lieber). Bercés par une pop new-wave enveloppante et sombre, les convives s’ignorent, tous au téléphone ou dans leurs pensées. Une assemblée que l’on dirait tout droit sortie d’un film de Tim Burton… qui aurait infusé dans un bain pastel. Sur la table, un défilé de mets improbables : pain et beurre anthropomorphes, sorbet poisson rose, œufs au plat suspendus style montres molles de Dalí… Le tout servi par un robot arachnéen et translucide.
Cet univers absurde et acidulé est l’œuvre de la réalisatrice Julia Tarissan, à qui l’on doit déjà des vidéos plutôt loufoques pour Feu! Chatterton et Metronomy. Dans la pièce voisine, le mobilier tremble sous l’effet de plus en plus angoissant de la musique. Ses bagages en pierre cloués au sol, Cate Hortl pose sur le canapé un exemplaire du best-seller Bullshit Jobs de David Graeber. Un détail qui en dit long sur les invités d’à côté… La chanteuse regarde par la fenêtre, l’air inquiet, au fur et à mesure que se dessinent les contours corbuséens de la Cité radieuse de Rezé. Ce long travelling arrière dévoilant une barre d’immeuble en béton et un ciel orageux, l’artiste l’avait déjà en tête lorsqu’elle écrit les paroles de Deadpan. Quand la cité n’a de radieux que le nom.
Deadpan, Cate Hortl
Clip réalisé par Julia Tarissan
Produit par Sourdoreille Production
En co-production avec Ritmo Fatale
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