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Tous en maillot ! À Cancún, l’art se contemple sous l’eau. Tel est du moins le principe du Museo Subacuático de Arte, le plus grand musée sous-marin au monde, lancé en 2009 par Jaime Gonzalez Canto et Jason deCaires Taylor, un sculpteur britannique qui, depuis 2006, contribue à des projets similaires. Cinq artistes mexicains ont rejoint l’aventure depuis, si bien que le MUSA compte aujourd’hui plus de 500 œuvres, fabriquées dans un ciment non polluant, à pH neutre, afin d’attirer coraux et poissons. Un véritable récif artificiel, à découvrir en combinaison, avec masque et bouteille, ou à bord d’un bateau à fond de verre. Une initiative plus que louable puisque 70 % des recettes sont reversées à une association de défense de l’environnement. Attention, le phénomène débarque en France ! Les villes d’Ajaccio, Cannes et Marseille ont lancé leurs propres musées aquatiques cet automne.
Elier Amado Gil, Bénédictions, 2016
Sculpture • Photo The Stills Lifestyle Agency 2020 / Courtesy MUSA
Les histoires d’amour finissent mal, en général… Ce qui arrange bien les affaires du Museum of Broken Relationships de Zagreb, où reposent une centaine d’objets à valeur sentimentale – ici une carte postale, là une bague, une peluche ou un escarpin symbolisant la fin d’une relation, qu’elle soit amoureuse, familiale ou amicale. Chaque pièce s’accompagne de commentaires, les uns empreints de regret, les autres de rancoeur. Cet éclectique accrochage, conçu à l’origine comme une exposition itinérante, trouve refuge dans un palais baroque du centre-ville de Zagreb en 2011. Le succès est tel que, cinq ans plus tard, John B. Quinn exporte le concept à Hollywood. Bien que fermée, l’antenne américaine pourrait bien rouvrir prochainement ses portes ailleurs.
Ana Opalić, An Ex Axe
En le quittant pour une femme, elle a brisé son coeur en mille morceaux. Grâce à cette hache, lui, a réduit son mobilier en miettes.
Photo Ana Opalić / Courtesy Museum of Broken Relationships, Zagreb
Avant l’invention de la photographie, il était coutume de laisser une mèche de ses cheveux, en souvenir, à ses proches. Galip Körükçü perpétue cette tradition dans son atelier de poterie, sacré musée en 1979, en encourageant ses clientes à lui céder un peu de leur crinière. Des ciseaux se trouvent à leur disposition à l’entrée de sa boutique, située à Avanos, en Cappadoce. Une idée capillotractée qui a donné naissance à une collection de 16 000 pièces, inscrite au Guinness des records. Deux fois par an, en juin et en décembre, le premier client à entrer chez Galip est invité à choisir dix mèches, dont les heureuses propriétaires, se verront offrir un séjour en Cappadoce et un stage de céramique gratuit. Brune, blonde, rousse, aucune ne compte pour des prunes.
Galip Körükçü, Museum of Hair
Des touristes visitant le musée des Cheveux d’Avanos, en Cappadoce, le 29 juin 2020.
© Anadolu Agency via AFP
Malgré la croisade « Inde propre » menée par le Premier ministre Narendra Modi et ses 110 millions de latrines construites à travers le pays (la moitié de la population n’en était pas équipée en 2014), un quart de l’Inde rurale continue de déféquer en plein air avec tous les risques pour la santé publique que cela implique. Fondé en 1992 par un organisme de service social dédié notamment à l’assainissement de l’environnement, le Sulabh International Museum of Toilet de New Delhi retrace l’histoire des sanitaires de 2 500 avant notre ère à nos jours. Des pots de chambre aux cabinets automatiques, ici, le petit coin s’expose au grand jour. Parmi quelques pièces maîtresses se trouve un modèle de coffre dans lequel les Britanniques pouvaient faire leurs besoins au beau milieu d’une partie de chasse. So chic ?
Sulabh International Museum of Toilets
Au premier plan, une réplique de trône du XIXe siècle. Au mur, des archives (bandes dessinées, plans d’égouts…) illustrent l’histoire des WC.
© The India Today Group via Getty Images.
Sulabh International Museum of Toilets
RZ-83 Palam - Dabri Marg • 110045 New Delhi
www.sulabhtoiletmuseum.org
En 1610, 30 personnes furent exécutées à Zugarramurdi, dans le cadre de l’Inquisition espagnole, la plupart pour sorcellerie. C’est l’histoire que raconte le Museo de las Brujas, logé dans l’ancien hôpital du village. Le parcours s’ouvre sur une présentation de la région à l’époque médiévale. Le premier étage réserve un sort particulier à María de Ximildegui, qui aurait déclenché la première chasse aux sorcières d’Espagne, tandis que le second met en avant la figure de l’herboriste, héros de mille et un mythes et légendes. Une fois la visite terminée, rendez-vous à la grotte de Zugarramurdi, théâtre privilégié de sabbats jusqu’au XVIIe siècle, mais dont il ne reste aucune trace. Place à l’imagination !
Museo de las Brujas
Trop proche de la nature et pas assez de Dieu, l’herboristerie a été diabolisée par l’Inquisition et a donné lieu à d’innombrables chasses aux sorcières.
© Maria Fernandez
Sans laideur, pas de beauté, et vice versa. Et si les musées, au lieu de mettre en avant ce qu’il y a de meilleur dans l’art, exposaient ce qui se fait de pire en la matière ? Tel est le défi que relève depuis vingt-cinq ans le Museum of Bad Art, musée privé qui a vu le jour chez un particulier, l’antiquaire Scott Wilson, avant de s’installer dans le sous-sol d’un cinéma de Somerville, dans le Massachusetts. Actuellement à la recherche de nouveaux locaux, le MoBA conserve près de 800 peintures et sculptures, pour la plupart trouvées au milieu des ordures. Quels sont les critères de ce travail de récup peu commun ? Les œuvres « recyclées » doivent trahir le potentiel d’artistes pourtant coupables de maladresses techniques criantes. Ici, plus que jamais, c’est l’intention qui compte.
Swamp Picnic
Swamp Picnic de Ted Cate Jr. met en scène un couple du futur déjeunant non plus sur l’herbe mais dans une mangrove. Contre l’inexorable montée des eaux, une seule solution : la combinaison intégrale pour un bain de soleil au sec !
The Museum of Bad Art • © MOBA / MuseumOfBadArt.org.
Pourquoi souffrir pour être belle ? Situé au troisième étage du Muzium Rakyat (le musée du Peuple), à Malacca, le Museum of Enduring Beauty a été créé en 1996 pour rappeler que « les critères de beauté varient selon les cultures ». Ce qui pourrait passer pour un appel à la tolérance a, aux yeux de certains, des allures de maison hantée. Tatouages, piercings, couronnes dentaires ne sont rien à côté des autres pratiques évoquées, telles que le labret – disque en pierre, bois, os ou ivoire formant une sorte de plateau labial – ou ces colliers-spirales servant à étirer le cou de celles que l’on surnomme les femmes-girafes ? La douleur se lit sur quelques visages filmés, peints, photographiés… Des mutilations qui donnent, il est vrai, froid dans le dos.
Femme au labret
Labret ornemental porté par une jeune femme Mursi, dans le sud de l’Éthiopie.
Museum of Enduring Beauty (Muzium Kecantikan) • © Eric Lafforgue
L’acronyme est trompeur. MOFA ne signifie par Museum of Fine Arts (musée des beaux-arts), mais Museum of Food Anomalies. Ce musée en ligne recense des aliments qui, au fil de leur décomposition, revêtent des formes singulières. Un flocon de céréale sosie de E.T., une tomate Clint Eastwood, une peau de banane Jésus- Christ… il y en a pour tous les goûts ! On doit ce répertoire insensé à Michael Hanttula, un artiste/graphiste/web développeur/pasteur. Pot-pourri de projets lancés en 1995 (quiz, jeux vidéo, musée de la Magic 8-Ball), son site peut toutefois paraître un peu fouillis. Bon appétit !
Jill & Maddie W., Sad Olaf Carrot, 2020
Cette carotte a l’air aussi triste qu’Olaf (vu de profil) dans la Reine des neiges 2, le film d’animation des studios Disney. Tel est le parallèle dressé, photo à l’appui, sur le site du MOFA.
Los Angeles, CA Carrot. Frozen Water. MEMORIES • © MoFA / Hanttula.com & The Eternal Order of the Impossible Triangle
Véritable plaie pour notre environnement, les sacs plastique sont un objet de fascination pour Katrina Cobain. La jeune artiste les collectionne depuis deux ans avec l’intention de leur consacrer un musée, en espérant qu’ils ne soient bientôt plus que les vestiges d’un passé révolu. En attendant, son impressionnante collection est visible sur un site dédié.
De l’extérieur, ce bâtiment d’apparence austère ressemble à une clinique. Le rapprochement n’est pas si absurde : ouvert en 1997, l’Icelandic Phallological Museum de Reykjavik conserve plus de 200 pénis dans des vitrines, accrochés aux murs ou suspendus au plafond. Un nombre d’autant plus intimidant qu’il représente l’intégralité de la faune locale, des cétacés aux mammifères terrestres. Sans oublier le cas d’un Homo sapiens qui a bien voulu faire don de ses attributs au musée après sa mort, comme en témoigne un acte officiel signé de son nom. À cet ensemble d’une rare crudité s’ajoutent 300 « objets d’art » relatifs au sujet traité. Défense de toucher, cela va de soi.
Magnus B. Oskarsson, Penis
Jalonné de formes molles conservées dans du formol, le parcours oscille entre différentes dimensions, opposant par exemple l’organe presque insignifiant du hamster au membre imposant de la baleine bleue, qui peut atteindre jusqu’à 1,5 mètre.
© The Icelandic Phallogical Museum /Magnus B. Oskarsson.
Longtemps installé aux Lilas (93), derrière une porte rouge sang, l’unique musée privé consacré aux vampires et aux monstres de l’imaginaire en France est un curieux bric-à-brac, fait de posters de cinéma, de chauves-souris empaillées, de têtes de mort, de livres anciens, de pièges à loup-garou, etc. Jacques Sirgent quitte son poste d’enseignant d’anglais pour ouvrir sa collection au public en 2005. La crise de la cinquantaine n’est pas seule responsable : ce conteur extraordinaire est tombé dans la marmite du surnaturel à 7 ans, après avoir vu Nosferatu de Murnau. Teint pâle, sourire en coin, notre prince des ténèbres ne porte plus que du noir depuis l’âge de 20 ans. Désormais accessible sous forme d’exposition, sa collection était dernièrement visible dans un café au 10, avenue du Père-Lachaise…
Musée des Vampires et des Monstres de l’imaginaire
© AFP
Musée des Vampires et des Monstres de l’imaginaire
10 Avenue du Père Lachaise • 75020 Paris
museedvampiresetmonstresdelimaginaire.blogspot.com
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L’artiste cubain Elier Amado Gil intitule ces – neuf mains – géantes (3 mètres !) Bénédictions. Elles occupent une zone peuplée d’algues, du pain bénit pour les tortues qui s’en repaissent !