Angélica Dass, Humanae, work in progress
Photographie • www.angelicadass.com • © Angélica Dass
La photographe brésilienne Angélica Dass tire le portrait à qui veut. Son nuancier de couleurs de la peau pourrait se développer à l’infini, du moins un infini de sept milliards de Terriens. Du blanc rosé au noir bleuté, toute la gamme du teint humain y passe. Le fond de chaque photo est fait d’un échantillon de 11 × 11 pixels de la carnation du visage de la personne. La taxonomie photographique s’est fondée au XIXe siècle sur des présupposés racistes : il s’agissait, selon la couleur de la peau, de hiérarchiser les humains pour justifier l’exploitation. Le pigment déterminait le droit à la violence. En alignant les coloris et en les numérotant strictement selon le code Pantone®, Angélica Dass « aplatit » les délires autour de la couleur pour déconstruire toute prééminence chromatique. Vladimir Nabokov remarquait que les Blancs ne sont pas blancs, ils sont beiges. Et Jean Genet demandait : « C’est quoi, un Noir ? Et d’abord, c’est de quelle couleur ? »…
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