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Dossier spécial

Fantastique Fiac !

le 15 octobre 2018 à 17h10

Entre Petit et Grand Palais, et bien au-delà, la Foire internationale d’art contemporain colore Paris du meilleur de la création en accueillant toujours plus de pays : cette année, la Grèce, le Pérou et l’Irlande. Pour une 45e édition très attractive.

Eliza Douglas, Untitled
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Eliza Douglas, Untitled, 2018

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Huile sur toile • 210 × 180 cm • Air de Paris, Paris • Courtesy Air de Paris

La Terre prend l’eau, l’air prend feu, les océans stockent du plastique, qui étouffe les tortues, entre autres vulnérables espèces… Nul besoin d’entrer dans le détail des catastrophes écologiques s’abattant sur le monde par la faute du réchauffement climatique et de la froide indifférence des humains. Mais pas de tous. Certains artistes comptent parmi ceux qui prennent très au sérieux ces questions environnementales. Leurs œuvres livrent, jusque dans les allées de la Fiac, un diagnostic critique de la situation, s’alarment du désastre en cours ou bien rendent grâce à la beauté de la faune et de la flore sauvages. À l’image des photographies de Shimabuku sur le stand d’Air de Paris. Intitulées Leaves Swim, elles saisissent délicatement des feuilles nageant avec la légèreté merveilleuse d’un hippocampe – à moins que ce ne soit l’inverse, tant l’artiste confond délibérément les règnes animal et végétal. Plus loin, chez Vistamare, galerie située à Pescara, au bord de l’Adriatique, Mimmo Jodice, artiste napolitain né en 1934, présente des clichés en noir et blanc de sa propre ville désertée, sans vie, comme envahie par une tenace mélancolie, qui n’a plus rien à voir avec la dolce vita, mais tout avec Pompéi. On dirait que la capitale de la Campanie s’est figée et fossilisée.

Roger White, Against Nature
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Roger White, Against Nature, 2017

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Huile sur lin • 127 × 188,9 cm • Labor, Mexico • Courtesy Labor Gallery, Mexico

Il faut toute la sagesse et la patience de Lee Ufan, chez Kamel Mennour, pour rendre à la minéralité sa dimension spirituelle. Le Sud Coréen y présente une pièce de la série Relatum : un bloc de pierre blanche brute, non taillée, y entretient une conversation magnétique avec un pan d’acier courbé, sans la présence, même figurée, d’aucun être vivant, comme s’il fallait désormais faire sans eux. Le Libanais Ali Cherri plante sur le stand d’Imane Farès une installation pleine d’inquiétude qui fait, elle, sans les oiseaux : Where Do Birds Go to Hide est composé d’un tronc d’arbre nu cerné d’un papier peint figurant une jungle bleue et au pied duquel gisent des ossements. Le titre dit tout : les oiseaux ont migré ailleurs, bien loin de ce monde hostile, qui les empêche de se poser sur des branchages accueillants.

Chez Jousse Entreprise, le tableau est plus noir encore à travers une exposition collective qui réunit des photographies de la série Natür de Clarisse Hahn, des encres d’Eva Nielsen, un palmier artificiel, palmes tournées vers le sol, d’Elisabetta Benassi… autant d’œuvres où la nature s’expose telle qu’elle est, telle qu’on a fait en sorte qu’elle devienne : méconnaissable et sans plus aucune sève. Et c’est à Roger White, à la galerie mexicaine Labor, d’achever ce triste tableau. Dans sa toile Against Nature, il dépeint une boîte de Kleenex ornée de l’image parfaite d’un paysage printanier où les tulipes sont en fleurs. Il ne reste décidément plus que les boîtes de mouchoirs pour se souvenir comme la nature était belle. Et pleurer.

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FIAC 2018

Du 18 octobre 2018 au 21 octobre 2018

www.fiac.com

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