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Et si les plus grands chefs-d’œuvre de la peinture avaient encore des choses à nous dire ? C’est la question que posent les œuvres intrigantes de Gaspard Mitz. Avec ses « Box stories », ce jeune artiste né à Paris en 1981 imagine une seconde vie aux œuvres les plus célèbres de l’histoire de l’art, du Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées et une de ses sœurs (vers 1594) à La Mort de Marat (1793) de Jacques-Louis David en passant par Summer Evening (1947) d’Edward Hopper. Les boîtes de Gaspard Mitz sont le théâtre de saynètes étranges jouées par de petites figurines. Parfois irrévérencieuses mais toujours irrésistiblement drôles, ses mises en scène mêlent esthétiques du cinéma, du jeu et de l’art, pour mieux s’en moquer.
Gaspard Mitz, Customer Service, 2019
20 × 30 × 7 cm • © Gaspard Mitz / Artsper
« Là où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Ces vers bien connus de Charles Baudelaire siéent à merveille à l’univers graphique d’Alice de Miramon (née à Dakar en 1973), dont l’univers graphique célèbre à la fois les femmes et la nature. Autant inspirée par les estampes japonaises d’Edo que par les toiles colorées du Douanier Rousseau, ses illustrations au style faussement naïf sont empreintes de nonchalance et d’onirisme. Sur de vieux papiers chinés par-ci par-là (Alice de Miramon utilise aussi bien de vieilles coupures de journaux que du papier à lettre du siècle dernier comme support), des femmes aux courbes ingresques se prélassent au cœur d’une végétation luxuriante… Une fenêtre ouverte sur un monde de douceur et de rêve.
Alice de Miramon, Le Père de famille (Father), série « Les Jardins parfumés », 2019
26,5 × 35,7 cm • © Alice de Miramon / Artsper
Sur Instagram, elle se décrit comme une « creative curvy ginger ». Née en 1981 à Orange, dans le Massachusetts, Genevieve Gaignard questionne l’american dream et ses stéréotypes. Que ce soit sur le sable fin des plages californiennes ou dans le salon d’un pavillon de banlieue cossue, la jeune artiste se met en scène arborant tantôt les atours de la desperate housewife, tantôt ceux de la pin-up. Son esthétique très cinématographique évoque volontiers les univers de David Lynch ou d’Harmony Korine, tandis que son goût pour la mise en scène de soi rappelle évidemment l’œuvre de Cindy Sherman. Genre, race, féminité… Avec une bonne dose d’artifices et de kitsch, Genevieve Gaignard sonde les angoisses et les fantasmes d’une société en quête de repères.
Genevieve Gaignard, Muscle Beach, 2016
73.7 × 106.7 × 8 cm • © Genevieve Gaignard / Artsper
Au Japon, le niyari décrit une façon, pleine de facétie et de malice, de sourire. C’est de cette singulière expression faciale que Makiko Furuichi (née en 1987 à Kanazawa) s’inspire pour ses aquarelles aux tons pastel. Son travail, guidé par l’instinct et le hasard (la Japonaise choisit ses sujets sur le vif), fait la part belle aux formes évanescentes, qui semblent s’évaporer comme de vieux souvenirs. Peuplé de catcheurs, de bodybuilders ou encore de plantes vertes, son univers fantaisiste se déploie aussi bien sur de petits formats A4 qu’à même les murs d’une galerie.
Makiko Furuichi, Sans titre, série « Muscle », 2013
33 × 45 cm • © Makiko Furuichi / Artsper
Et si l’Homme et la nature ne faisaient plus qu’un ? Monumentales et délicates, les sculptures de Sun-Hyuk Kim (né en 1984 en Corée du Sud) révèlent l’impuissance de l’Homme face aux forces de la nature, qu’il malmène. Faites de tiges d’acier inoxydable soudées, elles évoquent les racines d’un arbre tout comme le système nerveux du corps humain. Puissante et organique, l’œuvre de Sun-Hyuk Kim renvoie chacun à son rapport à l’environnement et à lui-même.
Sun Hyuk Kim, The Vague truth, 2016
Acier inoxydable • 215 × 480 × 110 cm • © Sun Hyuk Kim / Artsper
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