Expos gratuites

6 expos gratuites qui nous réjouissent en juin

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Publié le , mis à jour le
S’il vous faut économiser avant les vacances d’été, ne boudez pas pour autant les sorties artistiques ! Comme chaque mois, Beaux Arts est allé à la pêche aux expositions gratuites. Avec, ce mois-ci, des escapades à Paris, Enghien-les-Bains, Lens et Clairefontaine-en-Yvelines…

1. Les Italiens dans l’œil d’un membre de Magnum à l’Académie des beaux-arts

Bruno Barbey, Sicile
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Bruno Barbey, Sicile, 1966

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© Bruno Barbey / Magnum

La prestigieuse Académie des beaux-arts, installée au bord de la Seine à Paris, n’est pas si privée qu’on pourrait le penser puisqu’elle propose des expositions gratuites au sein de son pavillon Comtesse de Caen. En ce moment, place à l’un de ses anciens membres, Bruno Barbey (1941–2020), également photographe de l’agence Magnum de 1966 à sa disparition. En 1962, celui qui n’est encore qu’un jeune homme débarque en Italie avec son appareil et l’ambition d’immortaliser les Italiens au fil de portraits vivants, gouailleurs, réalistes, humanistes, dans la veine de ce qu’a pu faire Robert Frank avec Les Américains (1958). De Naples à Venise et de Rome à Palerme, le Français saisit les jeux d’enfants, les dégaines de dandys, les dimanches en famille, les bourgeois attablés dans les restaurants chics, les passants simplement vêtus… D’une classe sociale à l’autre, d’une ville à l’autre, Bruno Barbey multiplie les grands écarts pour former un portrait composite de l’Italie des années 1960. Une soixantaine de clichés sont ici réunis. M.C.-L

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Bruno Barbey. Les Italiens

Du 11 mai 2023 au 2 juillet 2023

www.academiedesbeauxarts.fr

2. À Lens, Bertille Bak en terrain minier

Bertille Bak, Vue de l’exposition “Power Coron”
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Bertille Bak, Vue de l’exposition “Power Coron”

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© Louvre Lens, photo Frederic Iovino

Le saviez-vous ? Le Louvre-Lens possède un espace, le Pavillon de verre, dédié à des expositions gratuites d’art contemporain. En ce moment, place à Bertille Bak (née en 1983), qui connaît bien la région puisqu’elle est née à Arras. Petite-fille de mineurs, la plasticienne formée aux Beaux-Arts de Paris s’est intéressée très tôt à cette histoire, notamment à travers la vidéo Faire le mur (2008), tournée au tout début de sa carrière dans le décor de la cité 5, où vivait sa famille. C’est cette œuvre de 17 minutes qui est ici réactivée, donnant à voir la forte résistance des habitants face à la « restructuration du bassin minier » qui leur imposée. Elle est mise en dialogue avec des travaux plus récents, les installations Mineur Mineur et This Mine is Mine, qui poursuivent sa réflexion critique sur le travail des mineurs, y compris des plus jeunes d’entre eux. M.C.-L

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Bertille Bak. Power Coron

Du 24 mai 2023

www.louvrelens.fr

3. Les 1001 réinventions de Samuel Fosso à la galerie Christophe Person

Samuel Fosso, La Femme américaine libérée des années 70 (autoportrait, série « Tati »)
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Samuel Fosso, La Femme américaine libérée des années 70 (autoportrait, série « Tati »), 1997

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100 × 100 cm • © Samuel Fosso courtesy Jean-Marc Patras / Paris

Les attributs changent, mais le visage et le sourire malicieux restent les mêmes. Habillé comme un marin, comme une jeune fille de bonne famille, comme un homme d’affaires ou comme un amateur de rock, le Camerouno-Nigérian Samuel Fosso (né en 1962) séduit l’objectif avec ses costumes bigarrés et ses mises en scène de bric et de broc. Il traverse les frontières du genre, de la classe sociale (La Bourgeoise, 1997), des imaginaires et des stéréotypes occidentaux (Le Pirate, 1997) avec une truculence qui fait plaisir à voir, et un œil critique qui pique (Le Chef qui a vendu l’Afrique aux colons, 1997). Le soin porté aux poses comme le cadre bricolé rappellent que l’homme a commencé comme photographe de studio dès l’âge de 13 ans, et s’est constamment réinventé au fil d’autoportraits ironiques. La galerie Christophe Person resserre ici sa focale sur une série de 1997, réalisée pour les 50 ans du magasin Tati. M.C.-L

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Samuel Fosso. Tati

Du 16 mai 2023 au 17 juin 2023

www.christopheperson.com

4. Dans les Yvelines, une expo lanceuse d’alerte

Tomas van Houtryve, série "Blue Sky Day", Signature Behavior
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Tomas van Houtryve, série « Blue Sky Day », Signature Behavior, 2013

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© Tomas van Houtryve/VII. All rights reserved.

Le titre de son exposition cite Victor Hugo et sa réflexion sur le progrès technique : avec « Ceci tuera cela », le photographe Tomas van Houtryve (né en 1975) veut inviter à la Chapelle de Clairefontaine, centre d’art des Yvelines, une réflexion sur ce qui s’altère avec le perfectionnement des intelligences artificielles. Avec, par exemple, une série de portraits intitulée Job Extinction (2020), qui documente des métiers soumis à un « risque d’automatisation supérieur à 50 % », comme agent de voyage. Avec Blue Sky Days (2013), il photographie grâce à un drone des événements susceptibles d’être victimes de frappes aériennes, tels que des mariages ou des rassemblements festifs, afin de questionner la surveillance et la violence qu’induit l’engin volant. Enfin, avec Thirty-Six Views of Notre-Dame (2023), l’artiste replace le bâtiment dans l’histoire de la photographie. Bon à savoir : car il a pu passer un an sur le chantier de la cathédrale, ses images du monument blessé sont également visibles sur les palissades qui l’entourent, et ce jusqu’en 2024. M.C.-L

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Tomas van Houtryve. Ceci tuera cela

Du 3 juin 2023 au 3 septembre 2023

www.lachapelledeclairefontaine.org

5. Taysir Batniji, un Palestinien à Paris

Taysir Batniji, À Géographie variable
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Taysir Batniji, À Géographie variable, 2012

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Gravure laser, 42 cure-dents • 6,5 × 9 cm • © Taysir Batniji Courtesy de l’artiste

Visible à l’Institut du monde arabe, au sein de l’exposition collective « Images de Palestine : une Terre sainte ? Une terre habitée ! », le travail du Palestinien Taysir Batniji (né en 1966) s’explore en profondeur au Pavillon Carré de Baudouin. Une quinzaine d’œuvres réalisées depuis 1996 illustrent sa réflexion sur la ville (Paris, où il vit depuis presque trente ans, et notamment le vingtième arrondissement), sur les frontières ou encore sur la mémoire et l’exil, qu’il connaît dans sa chair. C’est, par exemple, une toute petite carte du monde, gravée sur 42 cure-dents collés les uns aux autres (À géographie variable, 2012), ou la collection de photographies qu’il constitue depuis 2008 de morceaux de sols (Grounds), traces sur le bitume qui évoquent ses déambulations attentives. Ou encore une valise emplie de sable, sorte de charge impossible et précieuse d’un paysage aimé (Sans titre, 1998–2021). L’art d’un Palestinien en exil critique, profondément poétique et pluridisciplinaire. M.C.-L

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Taysir Batniji. Quadrillages et bifurcations

Du 1 juin 2023 au 21 octobre 2023

www.pavilloncarredebaudouin.fr

6. Peter Kogler, pionnier de l’immersion à Enghien-les-Bains

Peter Kogler
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Peter Kogler

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© Studio Peter Kogler

Depuis 40 ans, l’Autrichien Peter Kogler (né en 1959) recouvre les gares, piscines, skatepark, robes, parking et avion de ses réseaux de lignes mouvantes, reconnaissables entre toutes. Au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains – lieu pionnier des cultures numériques ouvert en 2002 –, une salle de projection XXL plongée dans le noir donne à voir des réseaux de synapses proliférant et s’entremêlant dans un ballet hypnotique. Immersives, bien avant que le terme n’inonde le monde de l’art, les installations de ce précurseur de la création numérique dilatent l’espace jusqu’au vertige. Moins spectaculaire, la suite de cet hommage orchestré par le directeur Dominique Roland et le curateur Ami Barak se déroule à travers une frise de 25 mètres de long retraçant à grand renfort de photos, hologrammes et impressions sur tissus le parcours, depuis 1984, de cet artiste ultra prolifique et touche-à-tout. Un accrochage qui tient en une salle, donnant l’impression d’un drôle de cabinet de curiosités rétrofuturiste. F.G

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