Article réservé aux abonnés
Pour célébrer ses soixante-dix ans, la Maison Dior n’a pas fait les choses à moitié : avec 300 robes réparties sur 3000 m2 et une scénographie enchanteresse l’exposition déployée aux Arts Décoratifs est spectaculaire. Le parcours retrace l’histoire de la maison depuis 1947, dévoile les savoir-faire et explore les thématiques chères à Christian Dior – qui fut tout d’abord galeriste – ainsi qu’aux couturiers qui lui succédèrent, d’Yves Saint Laurent à Maria Grazia Chiuri. C’est aussi une véritable invitation au voyage, qui mène le visiteur de la Chine à l’Égypte, en passant par un jardin aux glycines odorantes. Celui-ci abrite la femme-fleur de Christian Dior, au buste étroit et à l’ample jupe en corolle et les créations de Raf Simons (à la tête de la maison de 2012 à 2015) brodées de délicats semis de fleurs. Un rêve éveillé à ne pas manquer.
Vue de l’exposition “Christian Dior, Couturier du rêve”, 2017
© Adrien Dirand
Christian Dior, couturier du rêve
Du 5 juillet 2017 au 7 janvier 2018
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
madparis.fr
Sous la direction artistique de monsieur Hubert de Givenchy lui-même, l’exposition de la Cité de la dentelle à Calais retrace une carrière marquée par des rencontres décisives : l’élégance innée d’Audrey Hepburn, sa muse et amie, lui inspire de nombreuses créations (dont la célèbre robe en fourreau noir du film Breakfast at Tiffany’s) tandis que l’une de ses mannequins, Bettina, donne son nom à une blouse blanche aux manches volantées. À l’aube des années 1960, Givenchy habillera aussi Jackie Kennedy durant la campagne présidentielle de son mari. Une rétrospective qui met également en lumière l’influence de certains artistes, de Miró à Delaunay. Cité de la dentelle oblige, l’exposition s’achève en finesse avec des robes de mariée vaporeuses, rappelant combien Givenchy était passionné par cette matière délicate.
Hubert de Givenchy, Ensemble de cocktail composé d’une robe et d’une veste en dentelle Chantilly, porté par Audrey Hepburn dans « How to Steal a Million » (Comment voler un million de dollars) de William Wyler, 1966
© Givenchy / Photo Luc Castel
En hommage à la fascination que vouait le plus célèbre des auteurs français à l’Espagne, la Maison Victor Hugo accueille une exposition de costumes traditionnels de la péninsule ibérique. L’exposition rassemble des vêtements et des coiffes de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle. Véritables marqueurs sociaux, ces costumes sont aujourd’hui les témoins de coutumes ou de savoir-faire disparus. Fabriqués dans des tissus rustiques et robustes, ils se différencient par de délicats motifs colorés, brodés à la main. Ces créations intimes ont nourri l’imaginaire de l’auteur de Hernani et de Ruy Blas, deux drames espagnols qui inspireront de belles mises en scènes costumées, évoquées à travers la photo.
José Ortiz Echagüe, Jeune femme en costume du Roncal, début XXe siècle
Coll. Museo del Traje, Madrid / © Université de Navarre / Fond Ortiz Echagüe
Tenue de ville ou costume de scène ? Les liens étroits et les influences mutuelles entre la mode et le théâtre rendent parfois la distinction difficile, comme le démontre le Centre national du costume de scène de Moulins, qui expose des pièces exceptionnelles des trois derniers siècles. Les comédiennes, en particulier, ont joué un rôle clé dans ces échanges. Suivant l’apparition de la haute couture au XIXe siècle, elles placent les premiers vêtements contemporains sur le devant de la scène. Certaines offrent aussi une grande visibilité aux couturiers et influencent la mode de leur époque, à l’image de l’immense Sarah Bernhardt.
Vue de la salle 4 de l’exposition : L’époque romantique, une affaire de manches
© Jean-Marc Teissonnier / Ville de Moulins
Mondialement reconnu pour ses photographies de mode pour les magazines Life et Harper’s Bazaar, Mark Shaw nous fait entrer dans l’univers luxueux de la haute couture des années 1950 : Dior, Balenciaga, Balmain… Témoin privilégié dans les coulisses des préparatifs des défilés, il saisit un bouquet de femmes en mouvement, dont les positions variées rappellent les danseuses de Degas. Premier photographe de mode à utiliser la couleur, il aime capter des instants éphémères. Il sort aussi la haute couture du cadre officiel du défilé, en mettant en scène des Parisiennes habillées en robe Dior devant une station de métro ou la cathédrale Notre-Dame.
Mark Shaw, Préparatifs pour un défilé Haute Couture chez Pierre Balmain, 1954
© Mark Shaw / mptwimages.com
L’exposition « Femininities – Guy Bourdin » inaugure le nouvel espace culturel de la Maison Chloé dans un hôtel particulier haussmannien du VIIIe arrondissement. Cet espace a pour vocation d’accueillir les archives de soixante-cinq années de création de prêt-à-porter de luxe. Les photographies de Guy Bourdin – maquettes originales pour le magazine Vogue Paris et grands tirages – mettent en scène les « Chloé Girls », audacieuses et insouciantes à la fois. Avec ses compositions, dignes de tableaux et inspirées par l’histoire de l’art, Guy Bourdin met la perfection formelle au service du désir.
Vue de l’exposition « Feminities – Guy Bourdin »
À ne pas manquer aussi sur Google Arts & Culture
Ici, ce n’est pas une, mais 50 expositions qui vous sont offertes ! Et ce depuis votre chaise longue ou votre canapé. Le 6 juin, le Google Cultural Institute a mis en ligne sur sa plateforme un nouvel espace entièrement dédié à la mode. Impressionnant tant par sa qualité que par l’exhaustivité de ses contenus, le projet “We wear culture” propose des expositions virtuelles, des visites de musées et de réserves à 360°, de riches dossiers thématiques (connexions entre art et mode, spectacles, coulisses, courants…), des vidéos, des portraits et des pièces iconiques numérisées en gigapixels. Le tout en partenariat avec de grands musées tels que le Victoria & Albert museum et la Cité de la mode et de la dentelle de Calais. C’est le moment où jamais de surfer sur la mode !
https://www.google.com/culturalinstitute/beta/project/fashion
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique