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En galeries

6 peintres figuratifs envoûtants à (re)découvrir absolument

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Publié le , mis à jour le
Entre références aux maîtres anciens, aux réseaux sociaux et à la culture urbaine, leurs toiles à la fois inspirées du passé et profondément ancrées dans leur temps prouvent que la peinture figurative est loin d’être morte. Émergents ou confirmés, français ou étrangers, voici six peintres contemporains à (re)découvrir sans tarder aux murs des galeries parisiennes.

1. Christian Hidaka, la Renaissance 2.0

Coiffé d’un bicorne, un acrobate en habit coloré manie un cerceau tout en fumant une cigarette. Né au Japon en 1977, l’artiste londonien Christian Hidaka fige ses personnages comme des icônes dans de petits théâtres miniatures, des décors imaginaires en carton-pâte où les motifs et les époques se mélangent. Inspiré par les lignes de fuite de la Renaissance italienne et les paysages métaphysiques de Giorgio De Chirico, le peintre n’hésite pas à introduire dans ses tableaux un zeste de cubisme, des détails anachroniques, et même des pixels de jeu vidéo… le tout sans dissonances ! Dans cette exposition, chaque tableau est un petit joyau. On y retrouve notamment des éléments du rideau de scène conçu par Pablo Picasso en 1917 pour son ballet Parade, ou encore d’étonnantes montagnes chinoises multicolores inspirées par les peintres de la dynastie Song…

Christian Hidaka, Indian Rope
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Christian Hidaka, Indian Rope, 2019

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Huile sur lin • 195 × 130 cm • Courtesy Christian Hidaka et Galerie Michel Rein, Paris – Bruxelles / Photo Marc Domage / © Christian Hidaka

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Christian Hidaka. Indian Rope

Du 25 mai 2019 au 20 juillet 2019

2. Katinka Lampe, le vernis glissant d’Instagram

C’est avec gourmandise que Katinka Lampe joue avec les couleurs et la brillance de la peinture à l’huile. « La peinture ment », dit-elle, et c’est bien là son intérêt ! Née en 1963 aux Pays-Bas, cette artiste hollandaise a photographié de jeunes adultes pour en tirer une série de portraits peints explorant la question de la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Le regard fuyant, cachés derrière des lunettes de soleil ou le dos tourné, ses personnages à la peau lisse, comme adoucie par un filtre Instagram, se cherchent. Leurs silhouettes se découpent sur des fonds crème ou rose bonbon. Des aplats de couleurs aux contrastes, en passant par de subtiles trainées floues évoquant un bug visuel, tout contribue à rendre artificiels ces portraits d’une génération qui, à force de se mettre en scène, pourrait bien perdre son identité sous le glacis des faux-semblants…

Katinka Lampe, 1420182
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Katinka Lampe, 1420182, 2018

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Huile sur toile • 140 × 200 cm • Courtesy Galerie Les filles du calvaire / © Katinka Lampe

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Katinka Lampe. Instadentity

Du 18 mai 2019 au 15 juin 2019

3. Guillaume Bresson, l’urbain caravagesque

Au beau milieu d’une fête foraine déserte, entre béton et ciel gris, deux jeunes s’agitent. Sont-ils en train de danser ou de se battre ? Si la scène évoque un instantané urbain, le tableau, peint avec la minutie des grands maîtres d’antan, a nécessité plusieurs mois de travail. « Adolescent, je faisais des tags dans les rues de Toulouse. Quand je suis entré aux Beaux Arts à 18 ans, j’ai découvert la peinture ancienne. Une fusion s’est opérée entre les deux univers », explique Guillaume Bresson. D’une toile à l’autre, on repère l’influence d’un paysage enneigé de Pieter Bruegel, du Jugement dernier de Michel-Ange ou des clairs-obscurs de Caravage. Lors de séances de pose, l’artiste de 37 ans photographie ses proches, des collégiens, les pensionnaires d’un Ehpad… puis les projette sur des toiles pour les peindre. Du breakdance à Théodore Géricault, le peintre s’intéresse à la torsion des corps, qui lui donnent l’idée de la composition et du décor : en forêt, dans une laverie ou sur un trottoir pluvieux… « Les scènes sont toujours ambiguës, énigmatiques. Je ne sais pas moi-même ce qu’elles signifient, mais les thèmes de la solitude et de la violence urbaine reviennent souvent. En raison de mon milieu d’origine, je ne me suis jamais vraiment senti à ma place. D’où mon intérêt pour le lien entre un espace et l’histoire sociale de ceux qui l’habitent », explique l’artiste. Auparavant employé sur toute la toile, son style léché commence à ne plus concerner que les personnages, tandis que le décor devient plus fougueux et instinctif… À suivre absolument !

Guillaume Bresson, Sans titre
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Guillaume Bresson, Sans titre, 2018-2019

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Huile sur toile • 198 x 280 cm • Courtesy Guillaume Bresson et Galerie Nathalie Obadia, Paris - Bruxelles / Photo Bertrand Huet / Tutti image / © Guillaume Bresson

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Guillaume Bresson

Du 18 mai 2019 au 29 juin 2019

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Les Enfants du paradis

Du 24 avril 2019 au 26 août 2019

4. Kehinde Wiley, les reines de Tahiti

Né à Los Angeles d’un père nigérian en 1977, le peintre américain Kehinde Wiley s’intéresse aux grands oubliés de l’art, aux communautés exclues de la peinture pour leur couleur de peau ou leur statut social. Depuis vingt ans, il sublime des anonymes ou des personnalités afro-américaines (dont Barack Obama) sur des fonds flamboyants saturés de motifs et de couleurs vives. Pour cette série de tableaux à l’huile sur lin intitulée « Tahiti », l’artiste a fait poser des membres d’une communauté polynésienne méconnue : les Mahu, une caste d’hommes travestis qui jouissaient d’un grand respect avant d’être ostracisés par les missionnaires catholiques et protestants. Couronnés de feuilles ou de fleurs, ses modèles exhibent leur maquillage, leurs tatouages et leurs pagnes dans des poses fières, sérieuses ou lascives. Un croisement royal entre la peinture classique européenne, les tahitiennes de Paul Gauguin et les portraits de studio des photographes maliens !

Kehinde Wiley, The Call
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Kehinde Wiley, The Call, 2019

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Huile sur lin • 271,5 × 210 cm • Courtesy Templon, Paris – Bruxelles / Photo Diane Arques / ADAGP, Paris, 2019 / © Kehinde Wiley

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Kehinde Wiley. Tahiti

Du 18 mai 2019 au 20 juillet 2019

5. Djamel Tatah, la puissance du vide

Solitaires, les personnages de Djamel Tatah errent dans de grands espaces vides de couleur unie, bleu pâle ou jaune clair. Qui sont ces mélancoliques impassibles ? Qu’attendent-ils ? Que cherchent-ils ? « Ma peinture est silencieuse. Imposer le silence face au bruit du monde, c’est en quelque sorte adopter une position politique. Cela incite à observer attentivement notre rapport aux autres et à la société », explique l’artiste franco-algérien né en 1959. Si le peintre préfère laisser libre cours à l’interprétation, ses œuvres d’une élégance épurée s’inspirent sans doute des hitistes algériens. Ces jeunes qui, par désœuvrement, passent leurs journées dans la rue, adossés à un mur, à attendre que le temps s’écoule…

Djamel Tatah, Sans titre (à gauche) et Sans titre (à droite)
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Djamel Tatah, Sans titre (à gauche) et Sans titre (à droite), 2018

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Huile et cire sur toile • 220 x 140 cm • Courtesy Galerie Poggi, Paris & Ben Brown Fine Arts, Londres / © Djamel Tatah

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Djamel Tatah. Vois là

Du 18 mai 2019 au 15 juin 2019

6. Miltos Manetas, geek et fier de l’être

De dos, masqués ou coupés par le cadrage, les personnages peints par Miltos Manetas ont moins d’importance sur ses tableaux que les ordinateurs et les pelotes de câbles informatiques qui envahissent leur quotidien. Depuis les années 1990, les toiles de cet artiste grec né en 1964 montrent comment Internet et les nouvelles technologies ont pris le contrôle de nos vies et des rapports humains. Souvent, l’homme est même totalement absent du cadre : fils électriques serpentins et manettes de jeux vidéo trônent, seuls sur un fond neutre. Créateur d’œuvres digitales, fondateur du mouvement Neen (un art inspiré de l’informatique), Miltos Manetas est l’inventeur du premier Pavillon Internet à la Biennale de Venise en 2009. Loin de critiquer le Web et ses dérivés, l’artiste observe et glorifie leur toute-puissance…

Miltos Manetas, Mai Ueda with dreamcast
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Miltos Manetas, Mai Ueda with dreamcast, 2000

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Huile sur toile • 127 × 152 cm • Courtesy Galerie Hussenot / © Miltos Manetas

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Miltos Manetas. 1998

Du 6 juin 2019 au 20 juillet 2019

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