Article réservé aux abonnés
Ce sont à première vue des scènes capturées avec la lueur du clair de lune pour seule lumière. Il faut pourtant à Alex Majoli et son assistant de longs instants de préparation pour installer leur matériel : des spots et des flashs si puissants qu’ils plongent les sujets photographiés dans un clair-obscur caravagesque illuminant ce qui est proche, tandis que le reste semble englouti par un noir abyssal. Une œuvre-document puissante qui questionne les conditions de la théâtralité imposées par le médium photographique.
Alex Majoli, Chine, Shenzhen, Scene #1350, 2017
© Alex Majoli / Magnum Photos
Alex Majoli. Scene
Du 22 février 2019 au 28 avril 2019
LE BAL • 6, impasse de la Défense • 75018 Paris
www.le-bal.fr
À tout juste 26 ans, Coco Capitán a déjà collaboré avec les plus grands : Paco Rabane, Martin Margiela, Gucci… Celle qui a commencé par publier ses photos dans des magazines indépendants alors qu’elle n’était encore qu’étudiante au Royal College of Art à Londres, s’est vite imposée comme une référence dans le milieu de la mode. En parallèle de la rétrospective consacrée à Ren Hang, la Mep accueille la première exposition institutionnelle en France de la jeune photographe espagnole. Mêlant clichés, textes et peintures, son univers protéiforme à l’humour grinçant détonne autant sur papier glacé que sur les cimaises d’un musée !
Coco Capitán, Boy in Socks, 2017
Courtesy Coco Capitán / © Coco Capitán
Coco Capitán. Busy living
Du 6 mars 2019 au 25 mai 2019
Certains destins semblent (presque) tout tracés. À l’image de celui de Janine Niépce, l’une des premières reporter-photographes françaises (et lointaine parente de l’inventeur de la photographie), qui écrivait à propos de sa vocation : « Ce métier m’apparaît fait pour moi. Il me permet de multiples vies ». Consœur de Robert Doisneau, Willy Ronis et Henri Cartier-Bresson à l’agence Rapho, l’histoire préfèrera exalter le talent de ses collègues masculins. Pourtant, Janine Niépce a immortalisé la société française d’après-guerre et ses grands bouleversements : le monde agricole, les révoltes de mai 1968 et, surtout, l’émancipation des femmes et leur combat en faveur de l’égalité. Un travail encore trop méconnu, à découvrir à la galerie Polka.
Janine Niépce, Bal champêtre à la cité universitaire de Paris, 1962
Courtesy galerie Polka, Paris / © Janine Niépce
Janine Niépce. Une photographie française
Du 23 mars 2019 au 18 mai 2019
Galerie Polka • 12 Rue Saint-Gilles • 75003 Paris
www.polkagalerie.com
Johannesburg, Nairobi, Libreville, Dakar… Le photojournaliste sud-africain Guy Tillim a sillonné l’Afrique et arpenté les avenues de ses grandes capitales, qui témoignent des changements politiques, économiques et sociaux survenus ces dernières années. Un état des lieux à hauteur d’homme, qui rend compte des effets de la décolonisation dans ces grandes villes. Dénué de tout pathos, le travail de Guy Tillim montre la banalité du quotidien. L’ouvrage Museum of Revolution, dont le titre s’inspire du musée de la Révolution situé à Maputo au Mozambique, accompagne l’exposition éponyme.
Guy Tillim, Union Avenue, Harare, Zimbabwe, 2016
Courtesy Stevenson Gallery, Cape Town, Johannesburg / © Guy Tillim
Guy Tillim, Museum of Revolution
Du 26 février 2019 au 2 juin 2019
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
La photographie du saut dans le vide d’Yves Klein ? C’est eux. Celle des séances de tirs de Niki de Saint-Phalle ? Eux aussi. Des dîners de Daniel Spoerri ? Encore eux ! Proches des nouveaux réalistes, Harry Shunk et János Kender ont photographié plus de 500 artistes. Vernissages, performances, ateliers, biennales… Ils ont fixé sur la pellicule l’effervescence artistique des années 1950 à 1970, de Paris à New York en passant par Venise. Le Centre Pompidou rend hommage à ce duo qui a toujours œuvré dans l’ombre des plus grands, à qui l’on doit aujourd’hui un fonds documentaire aussi précieux que fascinant.
Shunk-Kender, Christo et Jeanne-Claude, La Côté empaquetée, 90 000 mètres carrés, taken during the project’s installation. Little Bay, Sydney, 1968–1969
© J.Paul Getty Trust / © Centre Pompidou/MNAM-CCI/Bibliothèque Kandinsky, Photothèque RMN-Grand Palais
Shunk-Kender. L’art sous objectif (1957-1983)
Du 27 mars 2019 au 5 août 2019
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Il a bouleversé les codes de la photographie de mode et a fait de la rue son studio. Les clichés de William Klein, qui fut le photographe attitré de l’édition américaine de Vogue aux côtés de Richard Avedon et Henry Clarke, sont aujourd’hui devenus des icônes. 34 tirages sélectionnés par l’artiste, anciens et plus récents, sont aujourd’hui à (re)découvrir dans les passages de Bercy Village. La mode se démode… William Klein, jamais !
William Klein, Karl Lagerfeld et son équipe, Paris, 2006 (Harper’s Bazaar), 2006
Courtesy galerie Polka, Paris / © William Klein
William Klein. In & Out of Fashion
Du 23 février 2019 au 14 mai 2019
Bercy village • 28 Rue François Truffaut • 75012 Paris
www.bercyvillage.com
Qu’ils soient célèbres ou anonymes, tous les photographes réunis à l’antenne tourquennoise de l’Institut du monde arabe ont capturé les bouleversements politiques et sociaux de l’Algérie. Ici, le regard de sociologue de Pierre Bourdieu dialogue avec l’effervescence des journées de l’indépendance photographiées par Marc Riboud, et les paysages contemporains de Karim Kal. Au total, quelque 100 clichés sont présentés, soit autant de fenêtres ouvertes sur le pays.
Marc Riboud, Alger, 1er juillet 1962
© Marc Riboud
Photographier l’Algérie
Du 28 février 2019 au 13 juillet 2019
Institut du monde arabe - Tourcoing • 9 Rue Gabriel Péri • 59200 Tourcoing
ima-tourcoing.fr
« Comment faire de la musique avec un appareil photo ? » Guitariste du groupe mythique The Police, Andy Summers est aussi photographe. Inspirés par Cartier-Bresson et Brassaï, ses clichés en noir et blanc sont à découvrir au Pavillon Populaire à Montpellier, à l’occasion de la première rétrospective mondiale de l’artiste. De capitales en grandes villes, on y suit notamment le groupe en tournée aux quatre coins du monde, à la manière d’un journal intime. Au fil des années, on suit l’évolution de la pratique photographique de l’artiste, qui a toujours été intimement liée à celle de la musique.
Andy Summers, Copenhague, janvier 1982
© Andy Summers
Andy Summers. Une certaine étrangeté, Photographies 1979-2018
Du 6 février 2019 au 14 avril 2019
Pavillon Populaire • 34000 Montpellier
www.montpellier.fr
« Probabilité 0.33 – Comme une chance sur trois de réussir sa vie de couple » : le ton de l’exposition est donné. Au musée Nicéphore Niépce, un face-à-face étonnant entre photographies vernaculaires (issues des collections du musée) et créations contemporaines explore les rapports amoureux, du coup de foudre à l’évanescence des sentiments… Des portraits romantiques du début du XXe siècle à ceux des sites de rencontre, en passant par les innombrables « amoureux » et « baisers » photographiés par Robert Doisneau et consorts, amateurs et grands noms de la photographie sont ici réunis au nom de ce sentiment unanimement partagé. Les histoires d’amour finissent mal, en général. Ou pas !
Anonyme, Mariage italien, vers 1970
Coll. musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône / © Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône
Probabilité 0.33
Du 16 février 2019 au 19 mai 2019
Musée Nicéphore Niépce • 28 Quai des Messageries • 71100 Chalon-sur-Saône
www.museeniepce.com
Mois de la photo OFF
Avril 2019
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique