En partenariat avec Festival de la francophonie

Caroline Monnet, Headshot
En écho au Sommet de la Francophonie, prévu les 4 et 5 octobre entre les murs de la Cité internationale de la langue française de Villers-Cotterêts et le Grand Palais, la Gaîté Lyrique accueille du 2 au 6 octobre le Festival de la francophonie. Au programme : une grande librairie éphémère, des rencontres littéraires, des concerts, des ateliers, des projections de courts-métrages, des spectacles dont une session de poésie sonore… Mais aussi une grande exposition d’art contemporain en accès libre.
Celle-ci a été confiée par la commissaire du festival Valérie Senghor à Dominique Moulon, curateur spécialiste de l’art à l’ère numérique, lequel nous raconte s’être pris de passion pour le sujet. « C’est l’exposition la plus poétique que j’ai jamais faite », confie-t-il, heureux d’évoquer la très grande diversité des nationalités des artistes invités – à l’instar de la francophonie, 29 pays du monde ayant le français pour langue officielle.
Mounir Fatmi, The Paradox
© Javier Broto
En s’intéressant à des artistes maniant aussi bien le français que l’arabe (Mounir Fatmi), le yiddish ou l’anglais, mais aussi le braille (Yucef Merhi), le code informatique, la radio, l’écriture (So Kanno & Takahiro Yamaguchi), le curateur a voulu étendre le sujet de la langue aux « langages » et aux « imaginaires ». Avec un très fort goût pour les plasticiens travaillant avec des outils numériques, qu’ils répondent à la culture d’Internet (comme Caroline Delieutraz, et sa vidéo ASMR produite en collaboration avec une youtubeuse) ou bien utilisent des outils pointus (Linda Dounia et son herbier numérique, créé par une intelligence artificielle à partir de plantes en voie de disparition).
Le parcours est ainsi ponctué d’œuvres participatives (la machine pour envoyer et recevoir des messages via des ondes radio, de Cécile Babiole et Jean-Marie Boyer), d’autres complexes et bluffantes (l’imprimante qui écrit des rêves à l’encre sympathique, de Véronique Béland) mais aussi, à l’opposé, des propositions quasi artisanales, telle la sublime sculpture en porcelaine La Parole gelée (2023) de Fabien Zocco, réalisée cela dit d’après l’enregistrement de la voix de l’artiste prononçant « ptyx », un mot inventé par le poète Stéphane Mallarmé.
Lionel Maes, La machine n’est pas un artifice, 2021
Parmi les œuvres les plus impressionnantes, on pourra aussi citer la sculpture réalisée par le Zimbabwéen Moffat Takadiwa à partir de centaines de touches de clavier d’ordinateur, constellation de lettres aussi troublante qu’un ciel étoilé, sublimation de déchets plastiques en état de grâce… On s’arrêtera encore devant La Machine n’est pas un artifice (2021), petite imprimante à poèmes signée Lionel Maes, ou encore devant l’étonnante sculpture réalisée à partir de livres et de partitions par Rachel Marks.
Un panorama riche en réflexions, dont l’entrée est, comme toutes les activités du Festival de la francophonie, gratuite. À noter : le vernissage, ouvert à tous, aura lieu le 2 octobre à 18 heures. Et, le dimanche 6 octobre, est au programme un prometteur atelier « Horloge du futur », animé par l’artiste Vidya-Kelie Juganaikloo (gratuit, sur réservation).
Festival de la francophonie
Refaire le monde
Du 2 au 6 octobre 2024, de 11h à 21h, à la Gaîté Lyrique, Paris 75003
Entrée libre
Ce qui nous rassemble : Langues langages et imaginaires
Du 2 octobre 2024 au 6 octobre 2024
Gaîté Lyrique • 3bis Rue Papin • 75003 Paris
gaite-lyrique.net
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutiqueÀ lire aussi