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Cité du Vin

À la santé de Bacchus !

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Publié le , mis à jour le
Et si on trinquait ? Dans son exposition « Boire avec les dieux », la Cité du Vin de Bordeaux revient sur l’histoire d’un nectar divin, désormais consommé par le commun des mortels… Le parcours s’articule, en cinq étapes, autour de la figure de Dionysos (ou Bacchus), dieu de la vigne et des excès. En complément, trois street artistes bordelais ont été invités à intervenir entre amphores, fresques, et sculptures. Enivrant !
Peintre des situles de Dublin, Le Don de la vigne
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Peintre des situles de Dublin, Le Don de la vigne, entre 360 et 350 av. J.-C.

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La naissance du vin

Ce vase fragmentaire du IVe siècle avant J.-C., appelé « situle », arbore la seule représentation connue du mythe fondateur de la viticulture en Occident. Le personnage assis sur un trône doublé d’un repose-pieds, c’est Maron. Sur les conseils de Peithô (la Persuasion), qui se tient derrière lui, le roi thrace accepte le cep de vigne que lui offre le satyre aux oreilles pointues et à la queue chevaline. Le tout en présence de Dionysos, qui préside la scène sous les traits d’un jeune homme aux cheveux longs, muni d’un thyrse et d’un canthare, coupe caractérisée par deux anses. Sans oublier Aphrodite, Éros et Eiréné qui incarnent respectivement les bienfaits de ce don, la beauté, l’amour, la paix. Issu de la collection du baron de Rothschild, cet objet aurait certainement eu un usage funéraire.

Céramique, décor peint (technique de la figure rouge) • Coll. musée d'Art et d'Histoire de Genève • © MAH / photo : F. Bevilacqua

MonkeyBird, Triptyque d’Ampélos
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MonkeyBird, Triptyque d’Ampélos, 2020

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Un fructueux chagrin d’amour

Il était une fois Ampélos, amant de Dionysos. Encorné par un taureau, le jeune satyre se métamorphose en un pied de vigne dont le dieu, inconsolable, se résout à recueillir le jus. Les plasticiens du duo MonkeyBird se sont emparés de ce mythe, jusqu’alors jamais représenté, en y injectant le bestiaire propre à leur univers. « Les singes (monkeys) et oiseaux (birds) demeurent à nos yeux des animaux sacrés en Orient et en Occident, des passeurs entre l’humain et le divin. » La fresque réalisée au pochoir par les street artistes bordelais, et qui s’impose dès l’entrée de l’exposition, se présente sous la forme d’un triptyque. À gauche, Dionysos badine avec Ampélos. Au centre, ce dernier meurt avant de reparaître, dans sa forme végétale, à droite, sur la tête du dieu. Greffe hybride qui permet au couple de s’étreindre pour l’éternité.

© ANAKA

Charles-Alexandre Giron, L’Enfance de Bacchus
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Charles-Alexandre Giron, L’Enfance de Bacchus, 1879

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Il est né le divin enfant !

Prêt exceptionnel du musée d’Art et d’Histoire de Genève, il s’agit du seul tableau de l’exposition. Présenté au Salon de 1879, cette œuvre de Charles-Alexandre Giron représente les jeunes années du dieu du vin entouré de nymphes et de satyres sur le monde Nysa. On le reconnaît notamment à la présence d’un thyrse, bâton recouvert de feuilles, et d’une panthère, ses attributs habituels. Sur le rocher, à gauche, l’inscription « Dionysos », en grec ancien, atteste de l’identité du divin enfant qui connaît un regain d’intérêt chez les peintres du XIXe siècle. À l’instar de Nicolas Poussin dans son œuvre homonyme (avant 1650, musée de Condé, Chantilly), Giron opte pour une composition pyramidale, tout en veillant à lui conférer une plus grande sensualité.

Huile sur toile • 295 x 230 cm • Coll. Musée d'Art et d'Histoire de Genève • © MAH / photo : F. Bevilacqua

Cratère de Vix
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Cratère de Vix, vers 530 av. J.-C.

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Trinquer ad aeternam

Cet énorme vase à volutes en bronze vert, orné de guerriers, de cavaliers, et de gorgones — créatures mythologiques à même de pétrifier les hommes d’un seul regard — s’avère le plus grand vase que l’Antiquité nous ait légué ! Fabriqué en Italie du Sud pour contenir près de 1100 litres de vin, il témoigne des liens commerciaux qui existaient entre la Botte et la Bourgogne au VIe siècle avant J.-C. Découvert dans la tombe d’une princesse celte, inhumée à la même période à Vix, en Côte d’Or, ce cratère appartient à un ensemble offert à ladite défunte, en plus d’une cruche et d’une coupe, afin qu’elle puisse banqueter jusque dans l’au-delà. La Cité du Vin en présente une copie.

Coll. Musée du Pays châtillonnais • © RMN-Grand Palais / Mathieu Rabeau

Panneau de sarcophage représentant Dionysos et son cortège
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Panneau de sarcophage représentant Dionysos et son cortège, IIIe siècle après J.-C.

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De Dionysos à Bacchus

Ça balance pas mal au pays de Bacchus ! Appuyé sur son amant Ampélos (encore lui !), le dieu de la vigne occupe le centre de cette composition. Tout autour, quatre couples de satyres lutinent des bacchantes emportées par le son des cymbales et du tambourin. Cette œuvre s’inscrit dans la quatrième partie de l’exposition, axée sur l’appropriation de Dionysos par les Romains. Certains se faisaient inhumer dans des sarcophages le figurant en compagnie de son cortège. Ce somptueux décor rappelle, dans de moindres proportions, l’architecture d’un temple qui ne semble pas inviter au repos, mais bien plutôt à l’ivresse éternelle.

Marbre, bas-relief • 63,5 x 206,4 x 10,2 cm • Coll. Fondation Gandur pour l'art, Genève • © Fondation Gandur pour l'art, Genève / Photo : André Longchamp

Protomé de Dionysos ou masque de Dionysos-Tauros
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Protomé de Dionysos ou masque de Dionysos-Tauros, 125 - 75 av. J.-C.

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Au-delà des apparences

Pourquoi Dionysos change-t-il fréquemment de visage ? Pour mieux surprendre les hommes ! Quand il n’apparaît pas sous la forme d’un espiègle enfant ou d’un vieillard bougon à la barbe fleurie, il adopte l’attitude d’un jeune homme efféminé, coiffé d’une grappe de raisin qu’il lui suffit de presser pour récolter du vin. Parfois, comme en témoigne ce masque, ce sont des cornes de taureau qui le caractérisent. Ces attributs bovins reflètent la sauvagerie dont il peut faire preuve quand ses hôtes le reçoivent mal. C’est sous cet aspect que la plupart des cités grecques, à commencer par Athènes, le reconnaissaient et l’honoraient. Peu importent ses traits, il reste, au fond, toujours aussi redoutable.

Terre cuite • Hauteur : 31 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Tony Querrec

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Boire avec les dieux

Du 9 avril 2021 au 29 août 2021

www.laciteduvin.com

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