Art contemporain

Au Bicolore, 13 artistes contemporains réunis dans une atypique brocante

Par

Publié le , mis à jour le
Benedikte Bjerre, Lisa’s Chickens (Farm life)
voir toutes les images

Benedikte Bjerre, Lisa’s Chickens (Farm life), 2016-2022

i

dans l'exposition « Group Therapy », au ARKEN Museum of Contemporary Art • © David Stjernholm

De la vaisselle disparate, de vieux téléphones, une tapisserie, diverses choses chinées et associées comme par un hasard insolite… Pour son exposition collective au Bicolore, centre d’art de la Maison du Danemark à Paris, la jeune commissaire Andréanne Béguin a souhaité évoquer l’univers d’une brocante en réunissant treize artistes qui travaillent à partir d’objets variés.

Ne nous y trompons pas, l’idée n’est pas ici de recréer une fête de quartier ou d’évoquer simplement le charme désuet d’un marché aux puces ; mais plutôt de questionner l’époque – « où force est de constater que la production culturelle capitaliste a bel et bien digéré les folklores locaux », analyse la commissaire – et de passer au crible nos histoires, nos objets, nos goûts, et leur standardisation.

La critique sociale cachée derrière l’illusion

À l’image notamment du château de poupée qu’a construit Kåre Frang (né en 1992) à partir de smartphones brisés, de bâtonnets de glace et de bonbons (Attention crisis, 2024). Ici, l’artiste danois veut convoquer l’univers d’un conte de fée, mais en le confrontant aux addictions aux écrans et au sucre des enfants d’aujourd’hui.

Kåre Frang, Attention Crisis
voir toutes les images

Kåre Frang, Attention Crisis, 2024

Le même contraste se retrouve dans l’œuvre de sa compatriote Benedikte Bjerre (née en 1987), qui répartit dans l’espace pas moins de 50 ballons en forme de poules brunes, lesquels amusent les visiteurs en se prenant dans leurs jambes… Jusqu’à ce qu’ils comprennent que l’installation pointe notre rapport biaisé aux animaux et surtout à la nature, réduits à l’usage d’un divertissement ou même d’un jeu vidéo, comme l’indique le titre Lisa Chickens (Farm Life) (2016–2022). Les ballons flottent dans les airs, entre les œuvres, évoquant la foule d’un marché aux puces ; « certains seront peut-être même emportés puisque l’œuvre vient chatouiller notre désir de possession, nos penchants presque fétichistes aux objets », anticipe la commissaire.

Miroir de la surconsommation de notre époque

Olivia Rode Hvass, Can’t seem to get out of my head.. out of my bed…
voir toutes les images

Olivia Rode Hvass, Can’t seem to get out of my head.. out of my bed…, 2022

i

© Jesper Olsen

De son côté, Olivia Rode Hvass (née en 1995) crée une tapisserie figurant une licorne, clin d’œil à une tenture du XVe siècle, La Chasse à la licorne : ici, l’animal sacré est devenu une figurine pour enfant, symbole de l’appropriation commerciale des mythes.

Entre passé et présent, les artistes puisent ainsi leur source d’inspiration dans un va-et-vient à la saveur amère, qui fait de la brocante un lieu de puissante nostalgie et de réflexion critique sur une époque abîmée par la surconsommation.

Arrow

The Future of the Past

Du 16 novembre 2024 au 12 janvier 2025
Entrée libre et gratuite

lebicolore.dk

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi