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Au MAIF Social Club, une exploration du corps sous toutes ses formes

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Publié le , mis à jour le
Inaugurée en avril dernier, l’exposition collective que le MAIF Social Club consacre au corps se poursuit jusqu’en janvier. Une expérience prolongée avec notamment un chapitre consacré au mouvement… Visite (gratuite).
Arnaud Adami, Vany
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Arnaud Adami, Vany, 2024

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© Jean-Louis Carli/ MAIF

Installé rue de Turenne à Paris, le MAIF Social Club accueille ses visiteurs dans un lieu hybride avec un café, une boutique de produits éco-responsables, des tables de cotravail, une bibliothèque, et un espace dédié à des expositions d’art contemporain, lesquelles abordent systématiquement de grands thèmes de société – tels que la perception du temps ou l’alimentation. Cette année, comme de très nombreuses institutions, le MAIF Social Club s’est mis au diapason de l’air du temps avec « Faisons corps », réunion d’artistes et de designers autour du sujet du corps.

En avril dernier, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition, nous vous parlions déjà de ses deux premiers chapitres, consacrés d’abord à l’anatomie (avec, entre autres, une tapisserie de Roxane Andrès représentant une écorchée tout en couleurs, et de surprenantes chaises souples de Stéphanie Marin) puis à notre rapport à l’altérité (on garde en mémoire l’étrange créature en mousse polyuréthane, céramique et métal d’Andrea Scholze). Place, en cette rentrée, à la suite et fin du parcours

En mouvement, le corps est plus grand

Le corps n’est donc pas qu’une enveloppe, mais une infinité de possibles.

Pour introduire la question du mouvement, le troisième chapitre s’ouvre sur une œuvre immersive signée Jacob Dahlgren : chacun est invité à pénétrer dans un cube composé de près de 4 000 rubans de couleurs accrochés au plafond, autrement dit à faire l’expérience d’un paysage abstrait, tactile, bariolé, sentir sa matière douce glisser sur sa peau, et puis ressortir, d’un coup, dans le réel, pour mieux revenir à ses pensées. Une expérience étonnante et corporelle de l’abstraction, qui réveille les sens, et offre la démonstration implacable que l’art se vit avec le corps tout entier (et non seulement avec les yeux).

Jacob Dahlgren, The Wonderful Of Abstraction
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Jacob Dahlgren, The Wonderful Of Abstraction, 2024

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© Jean-Louis Carli/ MAIF

Le corps n’est donc pas qu’une enveloppe, mais une infinité de possibles et les prothèses créatives de Sophie de Oliveira Barata nous le prouvent. Fondatrice en 2011 de « The Alternative Limb Project », la créatrice collabore avec un prothésiste, Chris Parsons pour créer des jambes comme des bijoux, en verre et cristaux (par exemple), entre joaillerie et haute technologie. Elle métamorphose le matériel médical en coup de force esthétique, et fait du handicap le point de départ d’une beauté revisitée, le prolongement d’un corps fier de ce qu’il est.

Citons enfin les costumes de la Britannique Daisy Collingridge, accumulations rebondies de formes molles couleur chair, que l’artiste crée à partir de jerseys teints à la main puis emplis d’ouate. Obèses, ces sculptures sont portées à l’occasion de performances qui activent ces corps atypiques, replets, un peu monstrueux mais infiniment tendres…

Le corps politique en action

« Faire corps » : c’est à partir de cette expression éminemment politique que le quatrième et ultime chapitre déploie sa réflexion. Avec, d’abord, une œuvre interactive du duo d’artistes Scenocosme, qui ne fonctionne que si les visiteurs sont plusieurs : le premier pose la main sur une bille brillante et doit attendre qu’un autre vienne le toucher pour voir apparaître des lumières et entendre des sons… La métaphore est claire : ensemble, nos forces sont décuplées ! Le ton est plus amer chez Barthélémy Toguo, présent à travers plusieurs sculptures en forme de tampons, portant des inscriptions telles que « Imagine We Are All in Exil » et évoquant l’expérience douloureuse des migrants, dont le destin est soumis au bon vouloir des administrations.

Barthélémy Toguo, Migrant We Are All In Exil
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Barthélémy Toguo, Migrant We Are All In Exil, 2024

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© Jean-Louis Carli/ MAIF

Le jeune peintre Arnaud Adami impressionne avec son portrait honorifique d’un homme à cheval, celui-ci n’étant autre… qu’un livreur Deliveroo. En réemployant à sa façon les codes de la peinture classique et des portraits de puissants, l’artiste rend hommage aux invisibles qui arpentent les rues sur leur vélo, usent leurs forces et leurs vies pour livrer des sushis. Mais l’espoir est de mise, puisque le parcours se termine sur des bannières militantes, cousues avec un soin de dentellière par Ed Hall. Proche de différentes organisations syndicales, le Britannique crée depuis les années 1980 ces étendards parcourus de revendications politiques, destinés à être portés à bout de bras durant des manifestations… Des objets aussi beaux que puissants qui font de la création le corollaire amical et joyeux de la lutte pour un monde meilleur.

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Faisons corps

Jusqu’au 4 janvier 2025

programmation.maifsocialclub.fr

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