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Au MAIF Social Club, rire de la société de consommation pour mieux y résister

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Publié le , mis à jour le
Après une introduction autour du temps et de son rythme dans le premier chapitre de l’exposition « Le temps qu’il nous faut. Ce que peut la lenteur pour le monde », le MAIF Social Club s’arrête sur trois artistes qui mettent au défi la surconsommation…
Karine Giboulo, Installations de dioramas, miniatures en 3D
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Karine Giboulo, Installations de dioramas, miniatures en 3D, 2023

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© Jean Louis Carli / MAIF

À l’approche du Black Friday et de ses soldes, il faut s’attendre au sempiternel spectacle des clients courant dans les magasins, se faufilant sous les rideaux de fer et s’arrachant les produits… C’est risible, et pourtant. Qui pourrait affirmer échapper vraiment à la société de consommation et à ses diktats ? Qui n’a pas chez lui, dans ses placards, trop d’objets, trop de vêtements, trop de gadgets ? Alors que l’exposition du moment au MAIF Social Club invite à ralentir le rythme et à prendre son temps, son deuxième chapitre, consacré à trois artistes contemporains, veut éclairer différentes stratégies de résistance à la surconsommation, par la créativité et l’humour. Avec, d’abord, Karine Giboulo (née en 1980), qui a conçu pour l’occasion un diorama (ou installation miniature) des plus fascinants, puisque imaginant le décor d’une société post-effondrement.

Daniel Firman, Daniel Firman
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Daniel Firman, Daniel Firman

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© Jean Louis Carli / MAIF

Mais pas de panique : tout se passe au mieux pour ses personnages (parmi lesquels l’artiste a glissé un autoportrait), qui jardinent, méditent, bref se reposent enfin du chaos — lequel n’est pas passé sans laisser de trace, comme en témoigne l’arbre mort qui évoque la crise écologique. Avec humour, la jeune femme laisse entrevoir le monde d’après dans ce qu’il pourrait avoir de réconfortant et de doux. Face à elle, le sculpteur hyperréaliste Daniel Firman (né en 1966) représente en volumes réduits des silhouettes humaines, dont les têtes, les torses et les bras disparaissent sous un amoncellement d’objets divers, la plupart en plastique. Souvenir d’une performance durant laquelle il avait cherché à porter le plus grand nombre d’objets possible, l’artiste fait ici le portrait d’une humanité mise en péril par sa tendance à l’accumulation — portrait cela dit moins tragique que drôle, ironique et mordant.

Kenji Kawakami, Chindogus
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Kenji Kawakami, Chindogus

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© Jean Louis Carli / MAIF

Enfin, on s’attardera sur les différents projets de Kenji Kawakami (né en 1946) : ingénieur autant qu’artiste, le Japonais a passé sa vie à concevoir des chindogus, soit des objets farfelus, insolites, inventifs et soi-disant pratiques… mais toujours inutilisables. Ce sont, par exemple, des baguettes équipées d’un petit ventilateur, qui refroidit la soupe avant que celle-ci atteigne la bouche du consommateur. Du beurre en bâtonnet, comme un bâton de colle. Des escarpins munis de petits parapluies, pour ne pas avoir les pieds trempés lorsqu’il pleut. Parodiant avec génie le rôle de l’inventeur fou, l’artiste rit de ces gadgets qui encombrent nos vies et répondent au moindre de nos besoins. Il rappelle qu’à tout prendre, un bon fou rire vaut mieux qu’une montre connectée ou qu’un robot à tout faire !

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Le temps qu'il nous faut. Ce que peut la lenteur pour le monde

Du 30 septembre 2023 au 24 février 2024

programmation.maifsocialclub.fr

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