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Au MAIF Social Club, une invitation à ralentir le pas

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Arno Fabre, Sans titre
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Arno Fabre, Sans titre

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© Jean Louis Carli

Souvenez-vous. De ces après-midis passées allongé sur le lit, les jambes en l’air contre le mur, à ne rien faire. De ces jeux d’enfant où seule l’imagination régnait en maître, loin de tout impératif de productivité. De ces moments d’ennui, pris dans le coton épais d’une rêverie. Julia Haumont (née en 1991), céramiste virtuose, a fait de l’enfance le thème privilégié de ses sculptures aux couleurs pâles, autoportraits en faïence de la jeune fille qu’elle était – et qu’elle demeure dans l’art. Parfois, un pantalon très rouge ou des chaussettes bleues attirent le regard, comme par jeu. Avec elle, le temps s’arrête, s’interrompt en une parenthèse, un songe teinté de nostalgie.

Julia Haumont introduit la nouvelle exposition du MAIF Social Club, institution de la rue de Turenne coutumière des accrochages thématiques interrogeant l’époque. Cette fois-ci, « Le temps qu’il nous faut ; ce que peut la lenteur pour le monde » se penche sur notre rapport au temps, en trois chapitres et une douzaine d’artistes – rapport pressé, absurde, entrevu ici avec tendresse, humour, délicatesse aussi. Julia Haumont est de ces artistes qui émerveillent sans brusquer : autrefois artiste textile, elle a laissé au mur quelques collages en tissu, petits drapeaux tout doux, bribes de souvenirs. Comme une façon de mettre en valeur le temps de la création, fût-il dédié à la fabrication de choses infimes.

Face à elle, c’est Lingzi Ji (née en 1984) qui poursuit l’enchantement : l’artiste chinoise a accroché ici des centaines de minuscules silhouettes humaines, solitaires, en duo ou en groupes d’amis, entrevues depuis le dernier étage du Centre Pompidou. Dessinés à l’aquarelles, ces personnages de papier flottent dans l’espace et racontent un peu des rapports humains, de nos histoires d’amour et d’amitié, des relations professionnelles et des moments de solitude qui s’impriment dans nos corps, dans nos positions, dans nos postures. Le tout est rythmé par son voisin, Arno Fabre (né en 1970), lequel compose un quintet avec cinq paires de chaussures animées, qui marchent chacune à leur façon, martelant le sol d’une musique discordante. Pour l’artiste, nos pas racontent notre liberté, notre discipline, la cadence qui nous est imposée ou, au contraire, la possibilité de s’en échapper par une danse discrète, comme volée à la foule pressée.

Julia Haumont, Sans titre

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© Jean Louis Carli

Julia Haumont, Sans titre

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© Jean Louis Carli

Lingzi Ji, Sans titre

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© Jean Louis Carli

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Le temps qu'il nous faut. Ce que peut la lenteur pour le monde

Du 30 septembre 2023 au 24 février 2024

programmation.maifsocialclub.fr

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