Art contemporain

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Au MAIF Social Club, prendre le temps de prendre son temps

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Publié le , mis à jour le
Installé rue de Turenne à Paris, le MAIF Social Club héberge actuellement l’exposition gratuite « Le temps qu’il nous faut. Ce que peut la lenteur pour le monde ». Après un premier chapitre autour du temps et de son rythme, et un deuxième proposant de mettre au défi la surconsommation, le parcours se conclut sur une invitation à revaloriser les vertus de la rêverie et de la contemplation…
Lyes Hammadouche, Soleil noir
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Lyes Hammadouche, Soleil noir, 2023

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© Jean-Louis Carli / MAIF

Prendre conscience de son corps ; là, maintenant, debout dans l’espace d’exposition. Face au Soleil noir (2023) de Lyes Hammadouche (né en 1987), le visiteur s’immobilise, et observe une machine se déclencher puis faire des ronds sur elle-même. Celle-ci s’adapte à chacun, et trace un trait en fonction de sa position, de son attitude. Mais elle a une contrainte : pour fonctionner, il faut que le visiteur accepte d’arrêter un instant sa course folle et d’entrer dans un état méditatif, uniquement dédié à la contemplation d’un cercle parfait aux ondes multiples.

Cette première œuvre dit toute l’ambition du troisième et ultime chapitre de l’exposition « Le temps qu’il nous faut. Ce que peut la lenteur pour le monde ». Après nous avoir fait découvrir les réflexions de différents artistes autour du rythme fou du monde actuel et de l’absurde abondance de la société de consommation, le MAIF Social Club entend finir sur une note positive, une expérience de calme et de beauté. On s’arrête notamment devant les compositions de trèfles du Vietnamien Duy Anh Nhan Duc (né en 1983), dont on devine la délicatesse des gestes, la patience de la cueillette, le soin tout entier offert à la composition d’une œuvre harmonieuse.

À gauche : Duy Anh Nhan Duc, Sans titre ; À droite : Michel Blazy, Sans titre,
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À gauche : Duy Anh Nhan Duc, Sans titre ; À droite : Michel Blazy, Sans titre,

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© Jean Louis Carli / MAIF

Puis c’est Michel Blazy (né en 1966) qui attire l’œil avec ses aquariums façon natures mortes d’objets trouvés (canettes, chaussures, briques…), entièrement recouverts d’une végétation mousseuse. Ici, le message est clair : quoi que nous fassions, quoi que nous produisions, la nature finira par reprendre ses droits, souveraine malgré les efforts des hommes pour calmer ses ardeurs. Enfin, Julie C. Fortier (née en 1973) invite chacun à s’asseoir voire à s’allonger sur d’atypiques tapis de laine parfumés, dont les motifs évoquent aussi bien des végétaux que des coupes du cerveau humain. Ainsi mis au repos, le visiteur est incité à réfléchir sur ce qui le relie au monde…

Louise Pressager, Vue d’exposition
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Louise Pressager, Vue d’exposition, 2023

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© Jean Louis Carli / MAIF

PS : hors parcours, deux artistes sont à découvrir avant de filer : le musicien expérimental Pierre Bastien (né en 1953), dont on aura pu entendre au fil de la visite la bande-son joueuse émanant d’une installation mécanique d’objets variés (des ciseaux, une théière, un cendrier), et Louise Pressager (née en 1985), dessinatrice bourrée d’humour, qui s’est emparée des murs pour y décliner ses bonshommes à tête ronde comme autant de réflexions sur la santé mentale. Lieu de vie et de coworking, le MAIF Social Club offre à ces deux personnalités la possibilité d’imprégner son atmosphère et d’y insuffler une dose d’humour aux interrogations profondes.

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Le temps qu'il nous faut. Ce que peut la lenteur pour le monde

Du 30 septembre 2023 au 24 février 2024

programmation.maifsocialclub.fr

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