CARTE BLANCHE

Au musée Guimet, l’abstraction cosmique de Park Dong-Soo

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Park Dong-Soo
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Park Dong-Soo

Il a investi la plus haute salle du musée Guimet – la seule qui tutoie le ciel. Le souffle un peu court après une volée d’escaliers, nous voilà donc devant la carte blanche créée par le Sud-Coréen Park Dong-Soo (né en 1964) pour l’institution parisienne, soit un ensemble de toiles noir et blanc, entourant une installation de formes géométriques, abstraites, très minérales. L’effet est celui d’une grande bourrasque d’air, comme au sommet d’une montagne sacrée : au centre, Cette place-là (2023) évoque un agglomérat de pierres anciennes, dont la texture a été travaillée longuement, en une superposition de couches qui tend à une forme de fossilisation…

Park Dong-Soo, Cette place-là
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Park Dong-Soo, Cette place-là, 2022

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Acrylique, papier de riz, encre de Corée, crépi sur bois, 207 pièces • © Thierry OLLIVIER / Musée national des arts asiatiques – Guimet

L’artiste utilise aussi bien du papier précieux que du crépi pour créer une matière unique, aux variations organiques. « Je pense que cette texture reflète les nombreuses expériences, le temps et les efforts investis sur une période de 30 ans pour créer ce matériau », explique-t-il dans une vidéo jointe à la carte blanche. Bien connu en France où il a suivi les cours de l’École des Beaux-Arts de Versailles et vécu près de vingt ans, du début des années 1990 à 2008, Park Dong-Soo est désormais retourné en Corée du Sud, où il travaille dans un atelier en pleine nature, dans la région d’Haemi.

Park Dong-Soo, Cette place-là (détail)
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Park Dong-Soo, Cette place-là (détail), 2022

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Acrylique, papier de riz, encre de Corée, crépi sur bois, 207 pièces • © Park Jungwoo, 2022

Au quotidien, ses gestes sont ceux d’un artisan de la forme simple : le carré, le rond. Ses peintures, extrêmement soignées, voient apparaître des lignes grouillantes et sinueuses, parcourues de généreuses traces de doigts ; le tout, contenu dans un cercle parfait. « Dessiner un cercle, c’est essayer d’exprimer l’univers de la vie », détaille-t-il encore. Dans un même mouvement, Park Dong-Soo tend vers le fond des âges comme vers les confins de l’espace, inspiré par les fossiles les plus anciens, par les reliefs des planètes lointaines. Proche de l’abstraction géométrique comme des formes organiques, il marche en équilibre entre deux pulsions de vie, l’une organisée et esthétique, l’autre aussi brûlante et majestueuse qu’une éruption volcanique…

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Carte Blanche à Park Dong-soo

Du 24 mai 2023 au 18 septembre 2023

www.guimet.fr

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