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Au musée Guimet, soignez-vous grâce aux remèdes ancestraux d’Asie

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Publié le , mis à jour le
Se soigner autrement ? Telle est l’expérience originale que dévoile pour la première fois une grande exposition en France. Organisée au musée Guimet, à Paris, « Médecines d’Asie » offre une plongée au cœur des trois grandes traditions médicales asiatiques : indienne, chinoise et tibétaine, en quelque 300 œuvres. Du mythe à la pratique, on vous délivre quelques pistes à creuser dans le magnifique parcours de l’expo, où l’on peut même méditer dans une salle, accompagnés par la voix enveloppante du moine bouddhiste Matthieu Ricard.

1. Assurez-vous du bon diagnostic

C’est le premier pilier des médecines d’Asie : le diagnostic. Établir ce diagnostic est un préalable essentiel à une bonne prise en charge du patient, tant sur le plan physique qu’organique ou spirituel, car les médecines asiatiques ont une approche holistique, c’est-à-dire globale. Ce diagnostic repose sur quatre points : observer le patient, l’interroger, le sentir et l’écouter et surtout prendre son pouls. Ce dernier se prend au niveau du poignet sur l’artère radiale et revêt jusqu’à 28 états. S’il est irrégulier, c’est le signe que quelque chose ne va pas ! Il permet de déterminer les déséquilibres et les pathologies éventuelles des énergies du corps.

Felice Beato, Docteur prenant le pouls de sa patiente, tiré de l’Album « Views and costumes of Japan », studio Stillfried & Andersen Japon, Yokohama
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Felice Beato, Docteur prenant le pouls de sa patiente, tiré de l’Album « Views and costumes of Japan », studio Stillfried & Andersen Japon, Yokohama, entre 1877–1880

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Épreuve à l’albumine sur papier, coloriée • 19,5 × 24,2 cm • Musée national des arts asiatiques – Guimet, Paris • © MNAAG, Paris, dist. RMN-Grand Palais / image musée Guimet

Mais la prise de pouls ne suffit pas. Un bon diagnostic s’établit grâce à un faisceau d’indices, lesquels passent aussi par une observation physique des yeux, de la peau, de la langue, de la démarche, de la posture du corps, de la sonorité de la voix… qui peuvent révéler des anomalies. Cette enquête, que de nombreux traités ancestraux présentés dans l’exposition du musée Guimet détaillent, offre un premier aperçu de l’état interne du corps.

2. N’ayez pas peur de l’acupuncture et découvrez la moxibustion

Au terme de ce diagnostic, différents traitements thérapeutiques sont mis en place pour rééquilibrer les énergies internes. Notamment, l’acupuncture et la moxibustion. Bien diffusée en Occident, l’acupuncture vise à traiter les déséquilibres au moyen d’aiguilles très fines en métal que le praticien plante sur les méridiens, qui sont au nombre de plusieurs centaines. Ces canaux d’énergie du corps ne doivent pas être confondus avec les vaisseaux sanguins et les nerfs, mais coïncident plutôt au trajet du souffle (qi) dans le corps.

Mannequin d’acupuncture
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Mannequin d’acupuncture, Chine, dynastie Qing, 18e siècle

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Papier et carton, laqué et peint • 46,5 x 14 cm • Musée national des arts asiatiques – Guimet, Paris • © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

Moins connue en Occident, la moxibustion repose sur les mêmes principes. Cette pratique consiste à stimuler des points du corps (les mêmes que pour l’acupuncture) par la chaleur. Pour cela, le praticien applique sur la peau du patient des moxa, soit des cônes ou bâtonnets de poudre d’armoise, une herbe aromatique, qui se consument très lentement. Et si ça ne suffit pas, vous pouvez aussi avoir recours aux ventouses qui favorisent par aspiration la circulation des énergies et peuvent décongestionner un organe ! Transmises de génération en génération, ces techniques orientales s’acquièrent notamment au travers de mannequins d’acupuncture comme supports d’enseignements, dont le musée Guimet conserve de superbes exemplaires datés du XVIIIe siècle.

3. Dégotez-vous une pharmacopée adéquate

Pierre-Joseph Buc’hoz, Planche d’herbier, d’après un manuscrit peint et unique qui se trouve dans la bibliothèque de l’empereur de Chine
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Pierre-Joseph Buc’hoz, Planche d’herbier, d’après un manuscrit peint et unique qui se trouve dans la bibliothèque de l’empereur de Chine, 1781

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Bibliothèque nationale de France, département réserve des livres rares, Paris • © BIU Santé (Paris)

Occupez-vous de l’intérieur : place aux plantes ! Les pharmacopées chinoise ou indienne recèlent une multiplicité de plantes très variées, collectées dans la nature, des forêts d’Inde aux montagnes de Chine. Des plus emblématiques, vous connaissez sans doute la chique de bétel, que l’on retrouve des Philippines, à la Malaisie, en passant par la Chine ou l’Inde. À l’intérieur d’une feuille de bétel, on roule divers ingrédients à base de noix d’arec, fruits de l’aréquier, dont les morceaux pilés sont mélangés à la chaux éteinte (hydroxyde de calcium) pour s’amalgamer en pâte. On mastique le tout bien longtemps et la salive abondante, que l’on recrache, devient toute rouge ! Cela vous stimulerait !

Mais bien d’autres préparations ou poudres de la pharmacopée asiatiques sont aussi censées améliorer votre santé, à l’instar de remèdes traditionnels comme la bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris, jicai), qui aurait des effets pour la vue, la diurèse, la rate et l’hémostase… rien que ça ! Bien des végétaux auraient aussi des super-pouvoirs, à l’instar du lotus qui calmerait les saignements, ou des champignons du nom de lingzhi en médecine chinoise, vantés comme anti-âge d’où leur surnom de « champignon d’immortalité ». À chaque mal, sa plante ! Ou son animal… Passez votre tour sur les geckos, dont les organes réduits en poudre auraient un effet sur la toux, ou sur le serpent séché pour soigner votre mal de gorge.

4. Massez, respirez, méditez…

Le massage est aussi la clé de notre santé. Mais rien à voir avec la kinésithérapie à l’occidentale ! Les massages orientaux n’ont pas de visée thérapeutique mécanique mais s’intéressent à nos énergies internes qu’ils cherchent à stimuler. Encore une fois, tout est question de flux et de sa bonne circulation dans notre corps, gardien d’une bonne santé. Rien de tel également que l’exercice physique pour y parvenir : qi gong, tai chi, yoga… vous avez le choix ! Toutes ces pratiques font circuler les flux, agissent sur la mobilité et les articulations, et surtout revitalisent les organes grâce à un massage… interne bien sûr !

Andhra Pradesh ou Tamil Nadu, Postures de yoga
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Andhra Pradesh ou Tamil Nadu, Postures de yoga, vers 1820

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Gouache sur papier • 40,5 × 56 cm • British Museum, Londres • © The Trustees of the British Museum, Londres

Dernier point à ne pas négliger : méditer. Les mots sanskrit et tibétain qui se traduisent en français par « méditation » sont respectivement bhavana (« qui produit », « qui donne le bien-être ») et sgom pa (« cultiver », « devenir familier »). De plus en plus pratiquée en Occident, la méditation a des effets bénéfiques sur la santé. Prenez le temps, concentrez-vous sur votre respiration, faites le vide… Votre pression artérielle et votre rythme cardiaques ralentissent… Une salle de l’exposition au musée Guimet vous invite justement à cette retraite intérieure.

5. Faites appel à un chamane ou un exorciste !

Dans le monde oriental, il existe une panoplie de rituels pour chasser le mal ! Et certains prennent en compte les influences divines et démoniaques sur notre santé. Notamment l’exorcisme, qui revêt plusieurs formes : les exorcismes thérapeutiques personnels, où l’on traite le malade « possédé », mais aussi les exorcismes collectifs, qui cherchent à purger le mal à grande échelle pour maintenir l’équilibre dans une communauté. C’est le cas du nuo, en Chine, exorcisme se déroulant souvent sur plusieurs jours pour chasser les pestilences au cours de cérémonies théâtrales impliquant tout un village. En Corée, c’est vers un chamane que l’on se tourne, spécialiste de la guérison aux frontières de la magie. Le « guérisseur » va entrer en communication avec les esprits du mal et les repousser.

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Médecines d'Asie. L'art de l'équilibre

Du 17 mai 2023 au 18 septembre 2023

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