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Récit

Ceija Stojka : la voix et le pinceau d’un peuple

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Déportée à dix ans dans trois des pires camps de la mort, Ceija Stojka (1933–2013) aura survécu à l’horreur de l’extermination des Tsiganes en Europe de l’Est, avant de révéler cette tragédie par l’écriture et la peinture. Découvert très récemment, son œuvre peint fait l’objet d’une exposition posthume à la Maison rouge. Un choc historique intensément visuel.
Ceija Stojka, Sans titre
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Ceija Stojka, Sans titre, 1995

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Au creux de cet œil, un oiseau de malheur, une tête de mort, une cheminée frappée de la croix gammée : cette toile est l’une des plus fortes de celles qu’elle regroupait sous le terme de Dunkel Bilder.

Acrylique sur papier cartonné • 69,5 x 99 cm • Coll. Antoine de Galbert, Paris © Ceija Stojka.

« Maman, tu crois que le monde c’est ici ? » Ici, dans ces baraquements de misère, entre ces mille barbelés, dans cette odeur de corps brûlés ? La petite Ceija Stojka ne peut croire que Bergen-Belsen soit sa demeure à jamais. Déportée à dix ans, avec 3 000 autres Tsiganes, dans la rafle du 31 mars 1943, elle y est enfermée depuis début 1945 avec presque toute sa famille. Sidonie (la maman), la Mimi son amie, le petit frère Ossi, le cousin le Burli : avec eux, elle lutte contre la mort inéluctable, après avoir déjà traversé les enfers d’Auschwitz et de Ravensbrück. Elle en sortira vivante, miraculeusement, sauvée par l’armée britannique. Et toute sa vie, ou presque, elle se taira. Même son fils Hodja ne l’a jamais entendue se confier sur ces jours terribles qui ont vu la communauté rom se faire exterminer. Ils étaient environ 120 000 dans l’Autriche de l’entre-deux guerres, pour la plupart ouvriers, sédentarisés dans la région du Burgenland (limitrophe de la Hongrie) depuis le début du XVIIe siècle, selon l’historien Gerhard Baumgartner. Moins de 1 500 sont revenus des camps de la mort. Et chacun de leurs 120 villages a été anéanti.

Ceija Stokja devant son stand de vente de tapis
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Ceija Stokja devant son stand de vente de tapis, au début des années 1970

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© Nachlass / Estate Ceija Stojka, Hojda Willibald Stojka / Courtesy galerie Kai Dikhas, Berlin / Photo Matthias Reichelt

C’est pour tous ces morts qu’un jour, finalement, Ceija (prononcez Tchaïa) Stojka s’est mise à parler. Brisant un terrible tabou, elle est devenue la voix de tout un peuple. Plus de quarante ans après cette autre Shoah, la pétulante marchande de tapis autrichienne osa élever la voix pour rappeler que Roms et Sintis avaient eux aussi été décimés. Quitte à ce que ses frères et sœurs de sang lui en veuillent d’avoir évoqué cette part si sombre de leur mémoire, et de l’avoir partagée avec les gadjé, alors que tous s’étaient juré de se taire. En effet, lorsque les demandes de compensation affluèrent de la part de Tsiganes victimes du nazisme, dans les années 1960, presque aucune ne fut entendue.

Ceija Stojka, Auschwitz, 1944
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Ceija Stojka, Auschwitz, 1944, 2009

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Le vol des corneilles, une cheminée qui fume : ces images sont
restées gravées à jamais dans la mémoire de Ceija Stojka, mais elle
attendit près de quarante ans avant de se mettre à les peindre.

Acrylique et peinture argentée sur toile • 60 × 60 cm • Coll. Antoine de Galbert / © Ceija Stojka

Les anciens tortionnaires étaient revenus à leur poste, et c’est souvent eux qui avaient à traiter ces dossiers ! « Quand l’Autriche retrouve sa pleine souveraineté en 1955, de nombreux ex-nazis sont réhabilités et réintégrés dans leurs fonctions antérieures, dans l’administration, la justice et la politique, précise Gerhard Baumgartner. Les Roms et les Sintis se rendent compte que, dans l’ambiance politique changeante des années de la guerre froide, il est probablement plus sage pour eux de garder le silence. » Poubelle, donc, pour des milliers de dossiers. Une seconde mort.

Des toiles peintes dans le secret de sa cuisine

Il faut attendre les années 1980 pour que paraissent enfin les premières recherches sur la question. Dévoilées en 1988, dans son livre Nous vivons cachés – Souvenirs d’une Rom-Tsigane (Picpus Verlag, non traduit), les révélations de Ceija Stojka font l’effet d’une bombe dans le contexte de cette prise de conscience balbutiante. Alors que l’ancien officier de la Wehrmacht et criminel de guerre présumé Kurt Waldheim est parvenu à se hisser à la tête de l’État autrichien, elle a décidé de ne plus se taire. Chercheuse et journaliste, Karin Berger a su l’en convaincre, à force de longues discussions. La jeune femme réalisait des recherches sur les femmes victimes du IIIe Reich, quand des connaissances l’ont aiguillée vers Kathie, la sœur de Ceija, devenue célèbre voyante… La petite Kathie, qui avait retrouvé les siens à la fin de la guerre après en avoir été séparée, et qui chantait à Auschwitz Ich weiss, es wird einmal ein Wunder geschehen, « Un jour, je le sais, un miracle arrivera », se souvient sa cadette.

Ceija Stojka, en 1995
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Ceija Stojka, en 1995

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© Christa Schnepf

Kathie préférera se taire. C’est finalement Ceija qui se fera porteuse de la parole si douloureuse. Son matricule, Z 6399, est encore tatoué sur son bras. Elle a 56 ans. Un bagout certain, et une force de vie qu’elle tient de la « mamma ». Cette femme pleine de tendresse qui lui conseillait, à Bergen-Belsen, de s’abriter sous les tas de corps décharnés. « Tu seras à l’abri du vent, et, de toute façon, tu n’as pas peur », lui glissait-elle doucement, quand la faim et le froid se faisaient trop pressants. « Parfois, quand je me lève le matin, je me dis : « Ceija, tu es au ciel et tu rêves ? Tu rêves que tu es sur Terre ? Tu n’as pas pu t’échapper de Bergen-Belsen ! Ça n’existe pas ! » » Ainsi commence son récit Je rêve que je vis ? – Libérée de Bergen-Belsen (éd. Isabelle Sauvage), recueilli par Karin Berger. Le seul de ses écrits à avoir été traduit en français, avec son recueil de poèmes Auschwitz est mon manteau (éd. Bruno Doucey). Des lectures qui glacent le cœur.

Ceija Stojka, Sans titre
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Ceija Stojka, Sans titre, Non daté

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Ce train de la mort mena Ceija et sa famille vers trois camps de concentration : Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen.

Acrylique sur carton • 50 x 70 cm • Coll. & Courtesy Hojda et Nuna Stojka / © Ceija Stojka

Mais Ceija Stojka ne se contenta pas de mots. Elle ne se contenta pas de clamer la vérité dans cette langue romani qui a survécu à mille ans d’errances et qui reste une énigme. Elle se mit aussi, dans le secret de sa cuisine, à peindre des toiles. Par centaines. À grands coups de pinceau, de soleils rougeoyants, de ciels de ténèbres. Elle y célèbre la joyeuse vie d’antan, roulottes au cœur des champs de tournesols et joie solaire de l’enfance dans le Burgenland. Elle évoque, surtout, le souvenir des trois camps par lesquels elle est passée. La traque des nazis, dans cette Vienne où ils avaient été si heureux avant d’être contraints de se cacher derrière les feuillages épais des parcs pendant des semaines entières. Puis les trains de la mort, les charniers innommables, les brimades incessantes. Elle dessine tout, sans filtre, détaillant l’horreur au quotidien. La lutte pour la survie.

« Et c’était à nous de savoir ce qu’on allait en faire de ce peu de vie, si on voulait mourir ou si on luttait. » Elle a choisi la lutte.

Couvertures, lacets de cuir, herbe fraîche, goutte d’eau glissant sur un frêle arbuste, tout est alors bon pour calmer la faim et la soif. Tout, sauf le corps des malheureux qui n’ont pas réchappé à la mort. « Comme les cadavres étaient éventrés par les vivants, la cavité du corps était béante, il n’y avait pas de cœur, pas de foie, pas de poumons, pas d’intestins à l’intérieur, décrira-t-elle à la fin des années 1980. Quand j’ai vu ça en arrivant, j’ai dit à ma mère : « Maman, Maman ! » Et elle a dit : « N’aie pas peur, t’es pas obligée de prendre ça ! Tu mangeras pas de ça ! Plutôt que faire ça, on s’allonge sur les morts et on s’endort ! » » Ceija, ses amies et sa mère ont plusieurs fois failli succomber à la tentation de s’abandonner ainsi à la mort, même après la libération du camp. « Tout nous était interdit dans cette société, sauf de mourir, poursuit-elle. Et c’était à nous de savoir ce qu’on allait en faire de ce peu de vie, si on voulait mourir ou si on luttait. » Elle a choisi la lutte. Et elle a poursuivi cette lutte lorsqu’elle a rompu le silence pour dire l’ampleur du Samudaripen, ce génocide tsigane dont tous ignorent encore le nom et la réalité.

Ceija Stojka, Sans titre
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Ceija Stojka, Sans titre

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Le tournesol, c’est la fleur des gitans. Une image solaire, troublée par cet envol d’oiseaux noirs que l’artiste comparait souvent aux âmes des morts.

Acrylique sur carton • 50 × 70 cm • © Ceija Stojka / Courtesy Galerie Kai Dikhas, Berlin

Quand elle commence à parler, quasiment aucune publication n’a encore touché le grand public concernant le sort tragique des Roms pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais ni sa communauté ni son pays ne peuvent rester indifférents à sa voix. D’autant plus que le passé nazi se retrouve à nouveau sous les feux de l’actualité européenne. Des associations roms font tout pour que Ceija soit entendue, jusqu’à en faire une égérie. « L’émergence d’un mouvement international des Roms, marquée […] par la grève de la faim des survivants des camps de concentration de Dachau en 1981 et la publication des premières monographies sur le thème du génocide, va inciter les militants roms et sintis autrichiens à coopérer avec les organisations de défense d’autres minorités ethniques reconnues », analyse Gerhard Baumgartner.

« On sent le vent glacé passer sur nous »

Aujourd’hui, un square de Vienne porte le nom de Ceija Stojka. La galerie berlinoise Kai Dikhas défend son travail, qu’a acquis notamment le musée de Vienne. Quelques collectionneurs s’y intéressent aussi. Antoine de Galbert, fondateur de la Maison rouge, n’est pas le dernier d’entre eux ! Voilà plusieurs années qu’il se passionne pour cette découverte, l’un des grands chocs de sa vie d’esthète. « Il faut l’avouer, si Ceija avait abordé d’autres thèmes dans sa peinture, je ne l’aurais certainement pas regardée. Mais elle le fait avec une telle force qu’il est impossible de rester indifférent, raconte-t-il. Face à ses toiles, on sent le vent glacé passer sur nous. »

Ceija Stojka (à droite), avec deux amies et sa sœur Mitzi (à gauche). Écrit au verso : « Après le camp de concentration, avec des vraies amies, 1947. »
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Ceija Stojka (à droite), avec deux amies et sa sœur Mitzi (à gauche). Écrit au verso : « Après le camp de concentration, avec des vraies amies, 1947. »

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© Nachlass / Estate Ceija Stojka, Hojda Willibald Stojka / Courtesy galerie Kai Dikhas, Berlin / Photo Matthias Reichelt

Xavier Marchand a, le premier, attiré l’attention d’Antoine de Galbert sur cette personnalité si singulière. Car il n’est pas uniquement directeur d’une compagnie de théâtre marseillaise, mais aussi fin connaisseur de la Seconde Guerre mondiale, notamment de la Résistance. « Je ne me serais peut-être pas penché sur l’œuvre de Ceija Stojka sans avoir préalablement connu celle, édifiante et passionnante, de Germaine Tillion. Que l’une et l’autre aient partagé l’expérience des camps de concentration et fait œuvre d’en témoigner a attiré mon attention », résume-t-il dans le catalogue de l’exposition. Se sont-elles croisées, à l’hiver 1944, au camp de Ravensbrück, où Tillion était enfermée pour faits de Résistance ? Peu importe. Dans les toiles de Ceija, il reconnaît notamment la figure « d’une « grande vedette du camp », l’Oberaufseherin Binz, que décrit Germaine Tillion : « Quand elle apparaissait quelque part, on sentait littéralement passer un vent de terreur. Elle se promenait lentement dans les rangs, sa cravache derrière le dos, cherchant de ses petits yeux méchants la femme la plus faible ou la plus effrayée pour la rouer de coups. » » Le voilà emporté dans cette autre histoire.

L’avant-dernière exposition de la Maison rouge

Très vite, Xavier Marchand parvient à convaincre Antoine de Galbert de lui consacrer une exposition, en lui montrant la seule anthologie à ce jour de sa peinture, intitulée Même la mort a peur d’Auschwitz (Verlag für moderne Kunst, non traduit). Ce dernier ne réfléchit pas longtemps avant de repousser la date de fermeture de son centre d’art à l’été 2018. « Je suis allé à Vienne rendre visite à sa famille, qui ne sait pas vraiment que faire de ce trésor qu’ils ont entre les mains, mais qui vénère Ceija Stojka. Elle, malheureusement, je ne l’ai jamais rencontrée, elle est morte en 2013 avant que je ne découvre le travail. C’est un grand regret ! Elle avait l’air tellement pleine de vie ! À voir ses photos, on n’a qu’une envie, c’est de s’asseoir près d’elle et de boire des coups. »

Ceija Stojka, Z 6399
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Ceija Stojka, Z 6399, 1994

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Un poignet tatoué, un éclat de lumière dans la nuit : c’est l’une des peintures les plus abstraites, et les plus bouleversantes, de cette
autodidacte qui s’est juré de parler pour son peuple.

Acrylique sur carton • 70 x 100 cm • Coll. & Courtesy Hojda et Nuna Stojka / © Ceija Stojka

Pas question, pour le collectionneur hors normes, de chercher à cataloguer cette autodidacte à la fulgurante vocation. « Ni art brut ni art naïf, elle n’entre dans aucune catégorie. » Le plus beau compliment qu’Antoine de Galbert puisse faire à un artiste sans doute. Désormais propriétaire d’une vingtaine de toiles, sur un corpus de 1 000, il a aidé à la première exposition consacrée en France à son œuvre, au printemps 2017 à Marseille. Il lui ouvre désormais les portes de la Maison rouge pour un second chapitre, près de 120 toiles qui mènent de la lumière à la pénombre, avant de revenir à la lumière. Dans les entretiens qu’elle donnait, Ceija Stojka confiait souvent sa crainte « qu’Auschwitz dorme seulement ». Elle qui, toute sa vie, a gardé dans le nez la terrible odeur des camps vient une nouvelle fois réveiller les consciences.

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L’extermination vue à hauteur d’enfant

Cent vingt toiles, une claque… Ceija Stojka nous plonge dans l’enfer des camps, observés à hauteur d’enfant. Sa façon à elle de prier pour les centaines de milliers de Roms assassinés sous le IIIe Reich.

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Ceija Stojka (1933-2013). Une artiste rom dans le siècle

Du 23 février 2018 au 20 mai 2018

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À lire

Catalogue de l'exposition

Avec les contributions de Xavier Marchand, Gerhard Baumgartner, Philippe Cyroulnik & Patrick Williams
Coéd. Fage / La Maison rouge • 160 p. • 30 €

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Auschwitz est mon manteau et autres chants tsiganes

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Je rêve que je vis ? Libérée de Bergen- Belsen

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Ceija Stojka Coll. Paroles d’artiste

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Et aussi...

Peu de peuples se voient accablés d’autant de stéréotypes ! Le musée de l’Histoire de l’immigration se fait un devoir de les démonter un par un, initiative qui complètera avec bonheur la découverte de Ceija Stojka à la Maison rouge. Ces magnifiques nomades, nombre de photographes se sont efforcés d’en croiser la route : pour preuve, les images d’André Kertész, Eugène Atget, Robert Doisneau ou Inge Morath, qui viennent rappeler la richesse des mondes tsiganes. En point d’orgue, l’album de famille des Gorgan, gitans arlésiens que Mathieu Pernot, également co-commissaire de ce parcours, a suivis pendant plus de vingt ans. Flamboyances d’un foyer paradoxal.

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Mondes tsiganes. La fabrique des images

Du 13 mars 2018 au 26 août 2018

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