Musée des impressionnismes

À Giverny, le pouvoir des fleurs célébré avec Cézanne, Alma-Tadema, O’Keeffe…

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Alors que l’hiver pointe le bout de son nez, il flotte au musée des impressionnismes de Giverny un doux parfum de printemps ! Mythologie, sciences, politique, religions : l’exposition « Flower Power » propose jusqu’au 7 janvier une exploration du pouvoir des fleurs dans les arts de l’Antiquité à nos jours, et réunit sur ses cimaises une centaine d’artistes majeurs, d’Odilon Redon à Georgia O’Keeffe en passant par Édouard Manet.
Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d’Héliogabale
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Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d’Héliogabale, 1888

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Impitoyables pétales

Nombreux sont les artistes qui depuis la nuit des temps ont trouvé dans la beauté des fleurs, leur mystère et leur charme parfois vénéneux, un motif de prédilection, à l’image du préraphaélite Lawrence Alma-Tadema (1836–1912). Malgré ses charmantes couleurs pastel et sa touche veloutée, ce tableau aux dimensions spectaculaires représente en fait un atroce supplice, inspiré d’un récit de l’Antiquité. Pour contrer l’ennui, l’impitoyable empereur Héliogabale décide de mettre à mort les convives d’un banquet en les noyant sous un torrent de fleurs. Le peintre opte ici pour des pétales de roses qui envahissent la toile dans un prodigieux tourbillon, couvrant le corps des victimes insouciantes qui semblent encore ignorer leur sort…

Huile sur toile • 132,7 x 214,4 cm • Coll. Pérez Simón, Mexico • © Studio Sébert Photographes

Anonyme (Syrie), Panneau de revêtement aux vases fleuris
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Anonyme (Syrie), Panneau de revêtement aux vases fleuris, 1585-1615 (4e quart du XVIe siècle - 1er quart du XVIIe siècle), Damas

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Tulipes d’orient

Les fleurs, dont l’existence est rythmé par le cycle de la nature, occupent une place de choix dans l’iconographie religieuse. Symboles de pureté de la création dans l’islam, associées au paradis, elles se sont notamment imposées dans les arts décoratifs. En témoigne ce panneau de revêtement composé de carreaux de céramique, duquel semble jaillir des tulipes bleu cobalt sur un fond blanc. D’une finesse époustouflante, il incarne la quintessence du raffinement à Damas, réputée au XVe siècle pour sa production de céramique destinée aux constructions religieuses du monde oriental, parmi lesquelles la flamboyante mosquée de Soliman le Magnifique, à Istanbul.

Céramique, décor peint sur engobe sous glaçure transparente • 85 x 14,5 x 5 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais presse / Etienne Revault

Frédéric Bazille, Fleurs
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Frédéric Bazille, Fleurs, 1868

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Fleurs de salon

Si peindre des fleurs représente un certain avantage économique (pas de modèle vivant à engager et succès quasi assuré auprès des acquéreurs), elles permettent aussi à Frédéric Bazille d’exprimer toute la virtuosité de sa touche. Il représente sur cette toile aux dimensions imposantes un vase en céramique bleu et blanc débordant de dahlias, d’héliotropes et d’amarantes, qui se rependent aussi sur une console de style Louis XVI. Outre la profusion de fleurs, c’est leur couleur vive et la délicatesse de leur texture qui charme immédiatement l’œil du spectateur.

Huile sur toile • 130 x 97cm • Coll. musée de Grenoble • © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble - J. L. Lacroix

Paul Cézanne, Le Vase bleu
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Paul Cézanne, Le Vase bleu, entre 1889 et 1890

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Harmonies de bleu

Loin de l’exubérance de Frédéric Bazille, Paul Cézanne opte avec son Vase bleu pour une composition en toute simplicité. Au-delà du motif floral, le peintre s’intéresse ici plutôt aux harmonies de couleurs, dominées par les tons bleutés. On retrouve aussi sur cette toile l’un des autres grands motifs de prédilection de l’artiste : les fruits. « Les fleurs, j’y ai renoncé. Elles se fanent tout de suite. Les fruits sont plus fidèles », aurait déclaré Cézanne.

Huile sur toile • 61 x 50 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris • © RMN - Grand Palais presse / Hervé Lewandowski

Georgia O'Keeffe, Iris blanc n° 7
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Georgia O'Keeffe, Iris blanc n° 7, 1957

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Icône américaine

Les avant-gardes du XXe siècle ont fait éclore toutes sortes de fleurs tantôt monumentales, tantôt abstraites… Entre 1920 et 1950, Georgia O’Keeffe, icône du modernisme américain, a peint plus de 200 espèces, à l’image de cet iris blanc en gros plan, à la texture veloutée et au pistil saillant. Souvent associées à tort au sexe féminin, les fleurs de Georgia O’Keeffe incarnent plutôt l’épanouissement de la nature. « Si vous prenez une fleur dans votre main et l’observez réellement, elle devient votre monde », disait-elle.

Huile sur toile • 102 x 76,2 cm • Coll. & © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid • © ADAGP, Paris, 2023

Ann Carrington, Delft Snowball
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Ann Carrington, Delft Snowball, non daté

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Bouquet d’argent

Aujourd’hui encore, le genre de la nature morte continue d’inspirer les artistes, et Ann Carrington ne fait pas exception à la règle ! Sculptrice britannique connue pour son travail sur le recyclage d’objets du quotidien, elle compose, à partir d’une panoplie de couverts en argent, d’étonnants bouquets métalliques influencés par une visite au Rijksmuseum. L’artiste détourne ainsi avec malice les fameuses vanités du Siècle d’or néerlandais peuplées de fleurs et de fruits en décomposition, qui mettent en garde les hommes contre la futilité des plaisirs terrestres. Plus décoratives que symboliques, les œuvres de Carrington fascinent par leur délicate ingéniosité.

Couverts en acier, argent et nickel • 78 x 61 x 61 cm • Coll. Ann Carrington • © Ann Carrington - ADAGP, Paris, 2023

Studio Drift, Fragile Future
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Studio Drift, Fragile Future, 2023

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Fragiles pissenlits

Parce qu’elles sont délicates et éphémères, les fleurs nous invitent à penser notre propre finitude, et donc notre avenir, fragilisé par le dérèglement climatique et nos modes de vie marqués par la surconsommation. Intitulée Fragile Future, cette installation du collectif néerlandais Drift fait cohabiter des éléments a priori contradictoires : une structure métallique traversée de circuits électriques et des aigrettes de fleurs de pissenlit, délicatement collées à la main sur de petites lampes LED. Entre art et design, nature et technologie, cette œuvre replace le travail manuel au cœur des préoccupations humaines — éminemment poétique !

Bronze phosphoreux, lampes LED, aigrettes de pissenlits • © Drift

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Flower Power

Du 29 septembre 2023 au 7 janvier 2024

www.mdig.fr

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