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Propriété Caillebotte

Chefs-d’œuvre de la photographie, sur toute la ligne

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Publié le , mis à jour le
Eugène Atget, Berenice Abbott, Robert Adams, Walker Evans, Man Ray, Nan Goldin, Doisneau, Cartier-Bresson, Kertész ou Mapplethorpe… pour ne citer qu’eux ! Depuis les années 1970, le couple de New-Yorkais Sondra Gilman et Celso Gonzalez-Falla collectionnent les grands noms de la photographie. Une centaine de chefs-d’œuvre – puisés parmi leurs 9 000 coups de cœur ! – se révèlent à la Propriété Caillebotte, à Yerres. Exceptionnel.
Walker Evans, Ossining People In Summer, NY State Town
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Walker Evans, Ossining People In Summer, NY State Town, 1931

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Lignes incarnées

Il y a dans cette image tout l’art documentaire de Walker Evans, un des plus grands photographes de la Grande Dépression aux États-Unis. Les lignes obliques des planches de bois sur le mur invitent le spectateur dans l’intimité des regards, à travers cette fenêtre aux vitres taguées, dans un dialogue entre la femme à l’intérieur et l’homme à l’extérieur. Les portraits de Walker Evans ne se contentent pas de montrer, ils s’incarnent d’une présence qui interpelle. Le photographe, qui se rêvait écrivain, semble raconter une histoire, traduire une conversation comme pour donner la parole aux déshérités.

Archive The Metropolitan Museum Of Art, New York • © Walker Evans / The Metropolitan Museum Of Art

Lewis Hine, On The Hoist Empire State Building
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Lewis Hine, On The Hoist Empire State Building, 1931

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Vertige social

Les lignes de la structure métallique découpées dans le ciel new-yorkais démontrent l’exploit de cet ouvrier torse nu, perché sans attache ni protection au-dessus du vide. Cette photographie fait partie d’une série consacrée à la construction de l’Empire State Building rassemblée en 1931 dans le livre Men at Work de Lewis Hine. Dans la lignée des travaux humanistes et documentaires du début du XXe siècle, l’esthétique de l’image donne la force de la dénonciation à l’origine d’une critique des conditions de travail des ouvriers du bâtiment.

Cig Harvey, The Pale Yellow Cadillac, Sadie, Portland, Maine
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Cig Harvey, The Pale Yellow Cadillac, Sadie, Portland, Maine, 2010

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Réalité saturée

On lit le défi dans le regard de la jeune fille assise à l’arrière de la Cadillac placée en rouge au centre de cette image carrée à la composition très soignée. Les lignes resserrent l’encadrement en découpage horizontal et détaché sur le flou d’un décor qui joue sur l’ambiguïté entre le mouvement et l’immobilité. La mise en scène est encore renforcée par la saturation des couleurs, qui donne aux clichés de la photographe britannique Cig Harvey cette esthétique rétro et acidulée.

© Cig Harvey

Stéphane Couturier, Barendrecht N° 1
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Stéphane Couturier, Barendrecht N° 1, 2004

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Réécriture architecturale

Spécialisé dans la photographie d’architecture, Stéphane Couturier nourrit ses compositions en jeu de symétrie et d’asymétrie plastique. Ici en Hollande, à travers une baie vitrée, l’encadrement et les lignes verticales structurent l’image et divisent dans un effet de miroir deux pavillons de banlieue presque identiques. Cet espace à la fois monotone et coloré produit un rythme mécanique qui, en retour, questionne la position du spectateur dans un espace en chantier, ouvert à l’imagination où les limites entre extérieur et intérieur sont brouillées.

Courtesy La Galerie Particulière, Paris, Bruxelles • © Stéphane Couturier

Augusto Cantamessa, Breve Orizzonte
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Augusto Cantamessa, Breve Orizzonte, 1955

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Instantané surréaliste

Sur une ligne d’horizon très basse, ces arbres élancés sans branche ni feuille dessinent un décor aux ondulations surréalistes traversé par deux minuscules silhouettes de cyclistes au centre. Le rapport d’échelle aimante le regard et plonge le spectateur dans un univers à la frontière du fantastique. De la réalité de l’instant photographié naît une nouvelle dimension. Cette image semble répondre à la définition donnée par Henri Cartier-Bresson et « ses lignes instantanées » dans son ouvrage Images à la sauvette (1952), lorsqu’il écrit : « La photographie est pour moi la reconnaissance dans la réalité d’un rythme de surfaces, de lignes ou de valeurs. (…) Une photographie se voit dans sa totalité en une seule fois. »

© Augusto Cantamessa / Concession De Bruna Genovesio et Patrik Losano

Ray K. Metzker, New Mexico
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Ray K. Metzker, New Mexico, 1971

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À la frontière du réel

Comme à l’envers du décor, des ombres se projettent sur un mur blanc qui redécoupe en symétrie les lignes de l’architecture du bâtiment en arrière-plan dans un jeu de contraste et de lumière. Élève de l’Institute of Design de Chicago, Ray K. Metzker signe une œuvre singulière et expérimentale exclusivement en noir et blanc, construite en montages et juxtapositions. Entre réalité et abstraction, à l’opposé du style documentaire, cette image traduit une vision synthétique et formelle, graphique et énigmatique.

© Estate Of Ray K. Metzker

Laurent Élie Badessi, Man’s Back, Horse’s Back, Camargue, France
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Laurent Élie Badessi, Man’s Back, Horse’s Back, Camargue, France, 1994

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Complémentarité redessinée

La lumière donne du relief au dos musculeux et sculptural de l’homme noir, alors que le cheval blanc surexposé en aplat ne se devine que par la ligne de la croupe dans un contraste très marqué. Le travail de Laurent Élie Badessi traite du rapport de l’homme avec la nature. Dans cette fusion complémentaire entre le corps et l’animal en noir et blanc, l’abstraction redessine les contours de la forme humaine.

© Laurent Élie Badessi

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La Beauté des lignes

Du 15 septembre 2018 au 2 décembre 2018

Retrouvez dans l’Encyclo : Walker Evans

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