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Vivian Maier, 1959, Grenoble
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Vivian Maier, Autoportrait, sans date. Localisation inconnue
Un autoportrait parmi tant d’autres
Voici Vivian Maier munie de son Rolleiflex (un appareil argentique qu’elle porte au niveau de sa poitrine) s’immortalisant à travers le vitrage d’un magasin. Chapeautée, une robe légère ceinturée à la taille, cette Mary Poppins de la photographie aime saisir son portrait lors de ses balades – un thème qui représente plus de 30 % de son travail ! –, à condition qu’il s’agisse de son reflet ou de son ombre, depuis un miroir ou une vitre, sur l’herbe ou sur le sol. Ainsi, Maier capture uniquement ce qui passe au travers de son objectif, sans calcul, sans pose ni triche. Jamais de selfie !
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Vivian Maier, 1953, New York, NY (New York)
Le spectacle de New York
En 1953, New York est trépidante et cosmopolite. En prenant de la hauteur, Vivian Maier peut en témoigner, debout sur un pont menant au métro aérien. D’ici, la vue est imprenable : le monde fourmille sur l’avenue, entre les restaurants et les camions qui déchargent les marchandises. La perspective mène tout droit à l’autre bout de la ville, traversant les gratte-ciels dont le Chrysler Building, pointant le bout de son iconique flèche. Un paysage si fascinant, que les voyageurs eux-mêmes admirent le spectacle, sans se douter qu’ils sont en train d’être immortalisés.
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Vivian Maier, 108e rue est, 28 septembre 1959. New York, NY
Scène de rue animée
Septembre 1959. 108e rue est, New York. Une porte d’entrée grande ouverte, des enfants jouant ensemble sur le trottoir, deux femmes discutant joyeusement, un bambin accoudé à une fenêtre… Avec cette prise de vue, Vivian Maier enjoint de regarder les âmes s’activer et d’ouvrir les yeux sur les scènes de la vie quotidienne, sources de beauté insolite ! De la répartition des formes sombres, entre les ouvertures, les pantalons et la jupe de madame, aux éléments graphiques comprenant le cerceau roulant, les stores ou encore l’échelle de secours, rien n’est calculé, et pourtant, tout a été réuni au bon moment pour constituer cette stupéfiante image.
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Vivian Maier, 3 septembre 1954. New York, NY (New York)
Pop culture sur le trottoir
Lorsque l’artiste ne capture pas l’effervescence des villes, elle choisit ses modèles avec le plus grand soin. D’où ce jeune homme à l’allure de crooner se tenant fièrement sur le trottoir, les bras croisés, les cheveux gominés en arrière, le t-shirt retroussé aux épaules… Aurait-il des origines italiennes, ou bien mexicaines ? Qu’importe, car avec ses gants de baseball qu’il tient dans la main gauche, il incarne désormais l’Américain typique. Un style qui n’est pas sans rappeler celui du chanteur Elvis Presley, icône du rock’n’roll qui vit actuellement ses heures de gloire…
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Vivian Maier, 16 mai 1957. Chicago, IL (Illinois)
La charme incarné
Couvre-chef à motifs, manteau de cuir, lèvres maquillées et mains manucurées : quelle élégance ! Dans le monde de Vivian Maier, tout semble si parfait. Pourtant, en 1957 la ségrégation interdit toujours aux personnes de couleur de s’asseoir aux mêmes places que les Blancs dans les bus, d’accéder aux mêmes écoles, d’être enterrés dans les mêmes cimetières… Sans oublier la condition des femmes, réduites au rôle de mère au foyer tout en étant tenues d’incarner un idéal de beauté. Mais l’œil de l’artiste semble s’affranchir de son contexte social, pour s’accrocher ici à un regard vif, à un sourire malicieux…
© Estate of Vivian Maier, Courtesy of Maloof Collection and Howard Greenberg Gallery, NY
Vivian Maier, Lilou Garcin avec ses vaches, place aux herbes. Saint-Bonnet-en-Champsaur
De New York aux Alpes
À Saint-Bonnet-en-Champsaur, dans les Hautes-Alpes françaises, le sol boueux et les immeubles délabrés ont remplacé l’agitation du bitume et le charme des briques de New York. Les vaches occupent désormais le paysage ! Mais si le décor a radicalement changé, la photographie de Vivian Maier l’a été tout autant : l’image est moins nette, son œil moins affûté. Se sentirait-elle étrangère à ce monde rustique dans lequel elle a passé six années de son enfance, ou moins inspirée par le calme de la campagne ? Elle continue cependant à y capturer la vie des rues, si paisible soit-elle.
© Association Vivian Maier et le Champsaur. Donation John Maloof
Vivian Maier. Street photographer
Du 9 novembre 2019 au 15 mars 2020
Musée de l'Ancien Évêché • 2 Rue Très Cloîtres • 38000 Grenoble
musees.isere.fr
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Les chaudes larmes de boucle d’or
Sa mère se dispute-t-elle avec son interlocuteur ? Les cris et les énervements ont-ils provoqués les larmes déchirantes de cette petite fille ? Pour une gouvernante d’enfants telle que Vivian Maier – qui a l’habitude de photographier les bambins –, la scène est si attendrissante et si poignante qu’il est difficile de ne pas la capturer. Prise à Grenoble en 1959, après un long tour du monde (effectué entièrement seule !), ce cliché est devenu l’emblème de l’exposition du musée de l’Ancien Évêché, qui s’est efforcé de retrouver la fillette aux boucles d’or, sans succès…