Atelier A2, “The Gardens of the Merking’s palace”, d’après l’œuvre originale de J.R.R. Tolkien, 2024
Tapisserie, tissage • Coll. Cité internationale de la tapisserie, Aubusson • © The Tolkien Trust 1992 / Photo Studio Nicolas Roger
Vallées verdoyantes, montagnes enneigées, forêts enchantées… Le monde fascinant de J.R.R. Tolkien (1892–1973) a envahi le collège des Bernardins, à Paris. L’ancien collège cistercien de l’Université de Paris accueille quinze œuvres (quatorze tapisseries et un tapis) réalisées par la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson entre 2017 et 2024. Elles ont toutes été conçues à partir des illustrations originales du maître de la fantasy.
L’écrivain britannique au succès phénoménal a en effet illustré ses propres textes, notamment pour les premières éditions du Hobbit et du Seigneur des anneaux. Dans la nef et l’ancienne sacristie, on débusque les scènes et paysages de ses deux œuvres phares. La toute première tapisserie réalisée pour ce projet met en scène le hobbit Bilbo, à califourchon sur un baril à la dérive, emporté par le courant d’une rivière qui l’emmène jusqu’aux elfes des radeaux… Ainsi, sous le sublime plafond en voûtes d’ogives du collège des Bernardins, la Terre du Milieu prend vie !
À partir d’un ensemble d’aquarelles et de dessins du romancier, conservés à la Bodleian Library d’Oxford, des cartons de tapisserie ont d’abord été élaborés, telles des partitions de musique, pour guider les lissiers (les artisans réalisant les tapisseries). Ces modèles à l’échelle des tapisseries garantissent un agrandissement au plus proche des originaux qui ne mesurent pas plus de 20 centimètres de côté.
Atelier A2 et Françoise Vernaudon, « Bilbo comes to the Huts of the Raft-Elves », d’après l’œuvre originale de J.R.R. Tolkien, 2018
Tapisserie, tissage • Coll. Cité internationale de la tapisserie, Aubusson • © The Tolkien Estate Limited 1937 / Photo Studio Nicolas Roger
Dans l’exposition, se retrouvent aussi des tapisseries inspirées des dessins du Silmarillion, un ouvrage publié à titre posthume en 1977. L’escalier du XVIIIe siècle de l’ancien couvent sert cette fois-ci d’écrin au Taniquetil, la montagne la plus élevée de la mythologie de Tolkien. Son sommet, qui touche presque les étoiles, irradie l’espace d’un bleu céruléen. Grâce à une technique de tissage sur l’envers, les productions d’Aubusson révèlent des couleurs éclatantes et conservent toute la subtilité du dessin de Tolkien – notamment les merveilleux halos de lumière.
Ateliers Pinton, « Halls of Manwë – Taniquetil », d’après l’œuvre originale de J.R.R. Tolkien, 2018
Tapisserie, tissage • Coll. Cité internationale de la tapisserie, Aubusson • © The Tolkien Trust 1973 / Photo Studio Nicolas Roger
Dans ce même escalier est également présentée une série de tentures inspirées d’illustrations moins connues de l’écrivain : ses Lettres du Père Noël. Tolkien s’amusait à envoyer chaque année à ses enfants une lettre de la part de l’homme à la barbe blanche. Il ne manquait jamais d’y joindre des dessins dans lesquels étaient narrées les aventures du Père Noël assisté d’un ours polaire un tantinet maladroit…
En plus des flamboyantes tapisseries, des objets et des documents inédits raviront les fans de l’écrivain. On pourra, entre autres, admirer la toge que portait Tolkien lorsqu’il enseignait en tant que professeur de philologie, mais aussi quelques livres issus de sa bibliothèque personnelle, qui dévoilent en creux son intérêt pour le Moyen Âge chrétien et plus généralement pour la religion. Car si cela ne se perçoit pas directement dans son œuvre, Tolkien était pourtant un fervent catholique.
Aubusson tisse Tolkien
Du 21 mars 2025 au 18 mai 2025
Collège des Bernardins • 20 Rue de Poissy • 75005 Paris
www.collegedesbernardins.fr
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