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Qui est John Howe, le génial illustrateur de Tolkien exposé à Landerneau ?

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À Landerneau, une exposition inédite en France met à l’honneur John Howe, illustrateur du Seigneur des anneaux et du Hobbit, mais aussi directeur artistique de leur adaptation au cinéma. À travers plus de 250 dessins et peintures, elle décrypte toutes les références qui nourrissent l’œuvre du maître incontesté de la fantasy.

Jamais une exposition n’a rassemblé autant d’œuvres de John Howe. Une bénédiction pour les grands connaisseurs de J.R.R. Tolkien, une belle découverte pour les néophytes, toutes générations confondues ! De ses illustrations de romans aux croquis à l’origine des scènes culte vues au cinéma, l’immense travail de l’artiste s’explore à la lumière de tout un imaginaire médiéval. Le même qui a influencé le grand écrivain britannique.

Ouvrir la porte aux trolls, elfes et autres gobelins, c’est aussi une manière pour le Fonds Hélène et Édouard Leclerc de donner ses lettres de noblesse aux créations des studios d’animation et de jeux vidéo. Car oui, les geeks peuvent aussi être des artistes…

1. Il a créé tout l’univers pictural de Tolkien

John Howe lors de SCAD TVFEST à Atlanta le 11 février 2023
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John Howe lors de SCAD TVFEST à Atlanta le 11 février 2023

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© Vivien Killilea / Getty Images for SCAD / Afp

D’un côté la trilogie du Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien parue dans les années 1950 ; de l’autre l’adaptation au cinéma signée Peter Jackson au début des années 2000. Entre les deux, un chantier immense : la traduction des mots en images. C’est ici que la magie de John Howe opère. Connu des ultra-fans de la saga, mais beaucoup moins du grand public, le dessinateur canadien a imaginé, avec son confrère anglais Alan Lee, tout l’univers pictural de Tolkien. Alors comment représenter ce monde imaginaire faits de hobbits et de dragons ? Avec une grande humilité, le discret artiste de 66 ans confie : « Tolkien est un véritable cadeau pour les dessinateurs parce qu’il écrit en images tout en laissant une liberté d’interprétation ». Ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il a dû plonger dans l’univers tolkienien qui regorge de références littéraires et historiques, jusqu’à en devenir un fin spécialiste.

2. Il puise dans un imaginaire médiéval très riche

John Howe, Watchful Peace dans The Return of the King, éditions Grafton Books
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John Howe, Watchful Peace dans The Return of the King, éditions Grafton Books, 1991

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Encre sur aquarelle sur papier • 55 × 40 cm • © J.R.R. Tolkien, Grafton Books, 1991 / © FHEL 2023

Fortifications, épées, chevaliers et dragons : le monde de Tolkien est résolument guerrier. Imprégné d’un imaginaire médiéval très développé, il puise dans la mythologie nordique et les romans de chevalerie de Chrétien de Troyes. Parmi toutes ses références légendaires, on trouve notamment le poème épique Beowulf qui date du VIIe siècle. Inspiré d’une légende scandinave, ce récit, qui oppose un preux chevalier à un monstre cannibale, est une œuvre majeure de la littérature anglo-saxonne. En admirateur absolu de ces vers, Tolkien disait même : « Ce poème se rapproche de la peinture ! ». La fascination de l’écrivain pour le Moyen Âge l’apparente en ce sens à William Morris, qui renouvelle, une génération avant lui, l’artisanat médiéval avec le mouvement Arts & Crafts. Tous les deux sont d’ailleurs considérés comme des pères fondateurs du genre de la fantasy puisqu’ils trouvent dans les mythes médiévaux un matériau idéal pour sublimer le réel.

3. Il est devenu un « architecte imaginaire » hors pair

John Howe, The Ravens (Les Corbeaux) dans Cathédrale, Editions Bueb & Reumaux
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John Howe, The Ravens (Les Corbeaux) dans Cathédrale, Editions Bueb & Reumaux, 1985

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Aquarelle sur papier • 60 x 40 cm • © Éditions Bueb & Reumaux, Strasbourg, 1985 / © FHEL 2023

Ce mélange entre réalité et fantastique, John Howe le nomme « le surréel ». Dans ses peintures, cette hybridation apparaît dans la précision de ses décors architecturaux médiévaux d’où surgissent des créatures monstrueuses irréelles. Celui qui se définit comme un « architecte imaginaire » a conçu avec une maîtrise impressionnante les cités du monde de Tolkien. Il faut dire que le goût pour l’architecture gothique de l’illustrateur naît d’un choc esthétique. Lorsqu’il arrive du Canada à l’âge de 19 ans pour entrer à l’École des arts décoratifs de Strasbourg, il tombe nez à nez avec la cathédrale Notre-Dame de la ville. Il n’en croit pas ses yeux : un tel édifice peut donc exister pour de vrai ! Depuis cette révélation, il n’aura de cesse de vouloir rendre l’imaginaire réaliste. Quand il est appelé par Peter Jackson pour la direction artistique du Seigneur des anneaux, cette quête de réalisme devient plus prégnante encore. Il participe même à des reconstitutions d’époque pour se rendre compte des mouvements lors des combats en armure.

4. Il fait partie d’une génération d’artistes 2.0

Vue de l’exposition « Sur les traces de Tolkein et de l’imaginaire médiéval. Peintures et dessins de John Howe » au Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture à Landerneau
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Vue de l’exposition « Sur les traces de Tolkein et de l’imaginaire médiéval. Peintures et dessins de John Howe » au Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture à Landerneau, 2023

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Photo Nathalie Savale / © FHEL, 2023

L’exposition confère de fait une dimension muséale aux œuvres de John Howe, conçues pour le cinéma d’animation. On appelle cette forme particulière d’illustration, le « concept art ». Or ses illustrations et peintures sont placées au même niveau que des œuvres prêtées pour l’occasion au Fonds Hélène et Édouard Leclerc. Comme une création de William Morris conservée au musée d’Orsay ou bien un tableau de Yan’ Dargent du musée des Beaux-Arts de Quimper. Alors oui, l’œuvre de Tolkien avait déjà permis à la fantasy de se faire une petite place grâce à une exposition en 2019 à la BNF, mais il est beaucoup moins courant de voir des artistes contemporains affiliés à ce genre sous le feu des projecteurs. Pour les commissaires de l’exposition, Diane et Jean-Jacques Launier, John Howe fait partie de ces artistes « du monde de l’entertainment qui dessinent les œuvres les plus marquantes de notre époque ». Depuis vingt ans, le couple défend l’idée que les créations venues des industries culturelles et créatives (jeux vidéo, film d’animation, bande dessinée, manga) doivent être considérées comme des œuvres d’art. Elles méritent donc à ce titre toute leur place au musée !

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Sur les traces de Tolkien et de l'imaginaire médiéval. Peintures et dessins de John Howe

Du 25 juin 2023 au 28 janvier 2024

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