Article réservé aux abonnés

Sélection

D’hier à nos jours… 6 expos qui racontent l’Algérie

Par • le
Le 5 juillet prochain, l’Algérie célébrera les 60 ans de son indépendance. L’occasion pour plusieurs musées et institutions de revenir sur son histoire et sur ses relations avec la France. « One, two, three… », c’est par ici !

1. « Algérie mon amour », la vivante scène algérienne

Comme un cri des artistes à leur pays : en 36 œuvres, « Algérie mon amour » chante l’attachement que nourrissent pour cette terre trois générations d’Algériens et la diaspora, de 1953 à nos jours. Une passion dévoilée grâce au coup de foudre qu’ont eu Claude et France Lemand il y a 35 ans lorsqu’ils démarrèrent leur collection d’art, donnée à l’Institut du monde arabe (IMA) en 2018. Extrait des quelque 600 œuvres algériennes conservées à l’IMA, « Algérie mon amour » met en avant 18 artistes – peintres, photographes, sculpteurs, vidéastes et plasticiens – tous « frères » et « sœurs » dans la liberté et la création. On est touché par la diversité des expressions plastiques, des « écritures peintes » monumentales de Mahjoub Ben Bella aux figures colorées de Baya peintes dans un style naïf. En 1947, cette orpheline prodige, du haut de ses 16 ans, bluffait André Breton et Picasso. On note aussi que derrière la couleur, à l’instar du Jardin des moines (1997) d’Abderrahmane Ould Mohand, hommage au massacre en 1996 des moines de Tibhirine, il y a parfois des blancs. Symbole d’une mémoire qui panse encore ses blessures.

Baya, Les Rideaux jaunes
voir toutes les images

Baya, Les Rideaux jaunes, 1947

i

Exposition Algérie mon amour, Institut du Monde Arabe, Paris.

Gouache sur papier • 72 × 91 cm • © Donation Claude et France Lemand / Musée de l’IMA

Arrow

Algérie mon amour. Artistes de la fraternité algérienne 1953-2021

Du 15 mars 2022 au 31 juillet 2022

www.imarabe.org

2. Raymond Depardon et Kamel Daoud, regards croisés

Qui d’autre pouvait poser des mots sur les clichés que Raymond Depardon a pris d’Algérie ? Nous sommes en 1961, lorsque le jeune photographe, pas encore star de Gamma ou de l’agence Magnum, capte le pays de son objectif : les rues d’Alger, puis Évian, où se tiennent les premières négociations pour mettre fin à la guerre. Sur les images de Depardon, la rupture est déjà effective. Près de 60 ans plus tard, le photographe retourne en Algérie, prend de nouvelles images et rencontre Kamel Daoud. Né en 1970, l’écrivain et journaliste, qui n’a pas connu la guerre d’Indépendance, prête sa plume en écho aux photographies. Deux mondes et deux regards qui s’enrichissent mutuellement.

Raymond Depardon, Square Guynemer, Alger, 1961
voir toutes les images

Raymond Depardon, Square Guynemer, Alger, 1961

i

Exposition Raymond Depardon / Kamel Daoud, Son oeil dans ma main – Algérie 1961–2019, Institut du Monde Arabe, Paris.

© Raymond Depardon / Magnum Photos

Arrow

Raymond Depardon et Kamel Daoud. Son œil dans ma main, 1961–2019

Du 8 février 2022 au 31 juillet 2022

www.imarabe.org

3. Abd el-Kader, émir des deux rives

« Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez ce qu’il est. » Le Mucem de Marseille prend Abd el-Kader au mot et met en lumière le destin de ce personnage aux mille vies, en réunissant près de 250 œuvres et documents historiques. Chef religieux, militaire et savant, considéré comme le « fondateur de l’Algérie », Abd el-Kader a fédéré les tribus algériennes pour résister contre la conquête française pendant quinze ans, jusqu’au 21 décembre 1847, où il dépose les armes. Captif, l’émir sera transféré à Toulon, puis à Amboise, avant la Turquie et la Syrie, où il s’éteint en 1883. En 1966, ses cendres font un retour triomphal à Alger. Aujourd’hui, c’est de l’autre côté de la Méditerranée que cette légende est décortiquée, au travers d’œuvres de premier choix, comme le premier portrait photographique de l’émir (1851) par Gustave Le Gray, pionnier du genre, ou un tableau du dernier calife de Constantine (1845) par Théodore Chassériau. Enfin, si la Prise de la Smalah, indécrochable toile de 21 × 5,5 mètres, n’a pu faire le voyage depuis le château de Versailles, un dispositif multimédia nous transporte au cœur de la mise à sac de la capitale nomade de l’émir.

Gustave Le Gray, “Abd el-Kader à Ambroise, France” (1851) et Théodore Chassériau, “Ali Ben Ahmed, dernier calife de Constantine, et son escorte devant la ville” (1845)
voir toutes les images

Gustave Le Gray, “Abd el-Kader à Ambroise, France” (1851) et Théodore Chassériau, “Ali Ben Ahmed, dernier calife de Constantine, et son escorte devant la ville” (1845)

i

Tirage sur papier albuminé / Huile sur toile • Bibliothèque Nationale de France, dép. des Estampes et de la Photographie, Paris / Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles • © BnF / © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

Arrow

Abd el-Kader

Du 6 avril 2022 au 22 août 2022

www.mucem.org

4. Le duc d’Aumale, l’Algérien

Comme un miroir tendu à l’exposition « Abd el-Kader » au Mucem, le château de Chantilly dévoile la collection de dessins orientalistes du duc d’Aumale, le dernier propriétaire des lieux. Né il y a tout juste 200 ans, Henri d’Orléans, fils de Louis-Philippe, fait ses premières armes en 1840 en Algérie avant d’en devenir gouverneur général sept ans plus tard, à seulement 25 ans. Le 16 mai 1843, le duc d’Aumale s’illustre avec la prise de la smalah d’Abd el-Kader, que les croquis, aquarelles et pastels d’artistes militaires dessinent tout à sa gloire. S’étalent aussi à Chantilly des trésors captés lors de l’assaut colonial comme les « Manuscrits de Tagdemt », 38 volumes, précieux témoins de la calligraphie au Maghreb.

Capitaine Jean Fournier, La Prière du matin dans le désert
voir toutes les images

Capitaine Jean Fournier, La Prière du matin dans le désert

i

Exposition « Dessins orientaliste » du musée Condé, Château de Chantilly – Cabinet d’arts graphiques, Paris

Pastel • 40 × 72 • © RMN Grand Palais Domaine de Chantilly-Philippe Fuzeau

Arrow

Dessins orientalistes du Musée Condé

Du 5 mars 2022 au 29 mai 2022

chateaudechantilly.fr

Arrow

Les manuscrits de Tagdemt : trésors du cabinet des livres

Du 29 janvier 2022 au 30 mai 2022

chateaudechantilly.fr

5. Entre juifs et musulmans, la France en héritage

Moses Levy, Le Marchand de poissons tunisien
voir toutes les images

Moses Levy, Le Marchand de poissons tunisien, 1944

i

Exposition Juifs et Musulmans de la France coloniale à nos jours, Musée de l’histoire de l’immigration, Paris

Huile sur toile • © Adagp, Paris, 2022 © Collection particulière

Notre pays est celui qui compte la population juive et musulmane la plus importante d’Europe. Partant de la France coloniale, où la relation entre ces deux confessions prend sa source, jusqu’à nos jours, le musée national de l’Histoire de l’immigration entend donner « plus d’histoire, moins de clichés ». C’est ce qu’affirme, au passage, le sous-titre de cette exposition placée sous le commissariat général de l’historien Benjamin Stora. Au travers d’œuvres d’art, photographies, peintures, installations, documents, objets et récits, le parcours montre ce qui rapproche et sépare les frères du Maghreb, avec une place centrale accordée bien sûr à l’Algérie.

Arrow

Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours

Du 5 avril 2022 au 17 juillet 2022

www.histoire-immigration.fr

6. Douce France, cher pays de mon enfance…

Ça vous dirait un karaoké du « bled » ? Seriez-vous capables de vous lancer dans un blind-test des chanteurs arabes ? Entre vieilles Peugeot, cassettes audio et décors de cités HLM, « Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines » vous offre un voyage musical en déroulant la bande-son franco-maghrébine des années 1960 à 2000. L’occasion d’une ode à Rachid Taha, né en Algérie et mort en 2018 : rock the casbah !

Exposition « Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines » au musée des Arts et Métiers, Paris.
voir toutes les images

Exposition « Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines » au musée des Arts et Métiers, Paris.

i

© L.Benoit

Arrow

Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines

Du 14 décembre 2021 au 8 mai 2022

www.arts-et-metiers.net

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi