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Comme un cri des artistes à leur pays : en 36 œuvres, « Algérie mon amour » chante l’attachement que nourrissent pour cette terre trois générations d’Algériens et la diaspora, de 1953 à nos jours. Une passion dévoilée grâce au coup de foudre qu’ont eu Claude et France Lemand il y a 35 ans lorsqu’ils démarrèrent leur collection d’art, donnée à l’Institut du monde arabe (IMA) en 2018. Extrait des quelque 600 œuvres algériennes conservées à l’IMA, « Algérie mon amour » met en avant 18 artistes – peintres, photographes, sculpteurs, vidéastes et plasticiens – tous « frères » et « sœurs » dans la liberté et la création. On est touché par la diversité des expressions plastiques, des « écritures peintes » monumentales de Mahjoub Ben Bella aux figures colorées de Baya peintes dans un style naïf. En 1947, cette orpheline prodige, du haut de ses 16 ans, bluffait André Breton et Picasso. On note aussi que derrière la couleur, à l’instar du Jardin des moines (1997) d’Abderrahmane Ould Mohand, hommage au massacre en 1996 des moines de Tibhirine, il y a parfois des blancs. Symbole d’une mémoire qui panse encore ses blessures.
Baya, Les Rideaux jaunes, 1947
Gouache sur papier • 72 × 91 cm • © Donation Claude et France Lemand / Musée de l’IMA
Algérie mon amour. Artistes de la fraternité algérienne 1953-2021
Du 15 mars 2022 au 31 juillet 2022
Institut du monde arabe • 1, rue des Fossés Saint-Bernard • 75005 Paris
www.imarabe.org
Qui d’autre pouvait poser des mots sur les clichés que Raymond Depardon a pris d’Algérie ? Nous sommes en 1961, lorsque le jeune photographe, pas encore star de Gamma ou de l’agence Magnum, capte le pays de son objectif : les rues d’Alger, puis Évian, où se tiennent les premières négociations pour mettre fin à la guerre. Sur les images de Depardon, la rupture est déjà effective. Près de 60 ans plus tard, le photographe retourne en Algérie, prend de nouvelles images et rencontre Kamel Daoud. Né en 1970, l’écrivain et journaliste, qui n’a pas connu la guerre d’Indépendance, prête sa plume en écho aux photographies. Deux mondes et deux regards qui s’enrichissent mutuellement.
Raymond Depardon, Square Guynemer, Alger, 1961
Exposition Raymond Depardon / Kamel Daoud, Son oeil dans ma main – Algérie 1961–2019, Institut du Monde Arabe, Paris.
© Raymond Depardon / Magnum Photos
Raymond Depardon et Kamel Daoud. Son œil dans ma main, 1961–2019
Du 8 février 2022 au 31 juillet 2022
Institut du monde arabe • 1, rue des Fossés Saint-Bernard • 75005 Paris
www.imarabe.org
« Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez ce qu’il est. » Le Mucem de Marseille prend Abd el-Kader au mot et met en lumière le destin de ce personnage aux mille vies, en réunissant près de 250 œuvres et documents historiques. Chef religieux, militaire et savant, considéré comme le « fondateur de l’Algérie », Abd el-Kader a fédéré les tribus algériennes pour résister contre la conquête française pendant quinze ans, jusqu’au 21 décembre 1847, où il dépose les armes. Captif, l’émir sera transféré à Toulon, puis à Amboise, avant la Turquie et la Syrie, où il s’éteint en 1883. En 1966, ses cendres font un retour triomphal à Alger. Aujourd’hui, c’est de l’autre côté de la Méditerranée que cette légende est décortiquée, au travers d’œuvres de premier choix, comme le premier portrait photographique de l’émir (1851) par Gustave Le Gray, pionnier du genre, ou un tableau du dernier calife de Constantine (1845) par Théodore Chassériau. Enfin, si la Prise de la Smalah, indécrochable toile de 21 × 5,5 mètres, n’a pu faire le voyage depuis le château de Versailles, un dispositif multimédia nous transporte au cœur de la mise à sac de la capitale nomade de l’émir.
Gustave Le Gray, “Abd el-Kader à Ambroise, France” (1851) et Théodore Chassériau, “Ali Ben Ahmed, dernier calife de Constantine, et son escorte devant la ville” (1845)
Tirage sur papier albuminé / Huile sur toile • Bibliothèque Nationale de France, dép. des Estampes et de la Photographie, Paris / Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles • © BnF / © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot
Abd el-Kader
Du 6 avril 2022 au 22 août 2022
Mucem - Musée des Civilisations et de la Méditerranée • 1 Esplanade J4 • 13002 Marseille
www.mucem.org
Comme un miroir tendu à l’exposition « Abd el-Kader » au Mucem, le château de Chantilly dévoile la collection de dessins orientalistes du duc d’Aumale, le dernier propriétaire des lieux. Né il y a tout juste 200 ans, Henri d’Orléans, fils de Louis-Philippe, fait ses premières armes en 1840 en Algérie avant d’en devenir gouverneur général sept ans plus tard, à seulement 25 ans. Le 16 mai 1843, le duc d’Aumale s’illustre avec la prise de la smalah d’Abd el-Kader, que les croquis, aquarelles et pastels d’artistes militaires dessinent tout à sa gloire. S’étalent aussi à Chantilly des trésors captés lors de l’assaut colonial comme les « Manuscrits de Tagdemt », 38 volumes, précieux témoins de la calligraphie au Maghreb.
Capitaine Jean Fournier, La Prière du matin dans le désert
Exposition « Dessins orientaliste » du musée Condé, Château de Chantilly – Cabinet d’arts graphiques, Paris
Pastel • 40 × 72 • © RMN Grand Palais Domaine de Chantilly-Philippe Fuzeau
Dessins orientalistes du Musée Condé
Du 5 mars 2022 au 29 mai 2022
Château de Chantilly • 60500 Chantilly
chateaudechantilly.fr
Les manuscrits de Tagdemt : trésors du cabinet des livres
Du 29 janvier 2022 au 30 mai 2022
Château de Chantilly • 60500 Chantilly
chateaudechantilly.fr
Moses Levy, Le Marchand de poissons tunisien, 1944
Exposition Juifs et Musulmans de la France coloniale à nos jours, Musée de l’histoire de l’immigration, Paris
Huile sur toile • © Adagp, Paris, 2022 © Collection particulière
Notre pays est celui qui compte la population juive et musulmane la plus importante d’Europe. Partant de la France coloniale, où la relation entre ces deux confessions prend sa source, jusqu’à nos jours, le musée national de l’Histoire de l’immigration entend donner « plus d’histoire, moins de clichés ». C’est ce qu’affirme, au passage, le sous-titre de cette exposition placée sous le commissariat général de l’historien Benjamin Stora. Au travers d’œuvres d’art, photographies, peintures, installations, documents, objets et récits, le parcours montre ce qui rapproche et sépare les frères du Maghreb, avec une place centrale accordée bien sûr à l’Algérie.
Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours
Du 5 avril 2022 au 17 juillet 2022
Musée de l’Histoire de l’immigration • 293 Avenue Daumesnil • 75012 Paris
www.histoire-immigration.fr
Ça vous dirait un karaoké du « bled » ? Seriez-vous capables de vous lancer dans un blind-test des chanteurs arabes ? Entre vieilles Peugeot, cassettes audio et décors de cités HLM, « Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines » vous offre un voyage musical en déroulant la bande-son franco-maghrébine des années 1960 à 2000. L’occasion d’une ode à Rachid Taha, né en Algérie et mort en 2018 : rock the casbah !
Exposition « Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines » au musée des Arts et Métiers, Paris.
© L.Benoit
Douce France. Des musiques de l’exil aux cultures urbaines
Du 14 décembre 2021 au 8 mai 2022
Musée des Arts et Métiers • 60 Rue Réaumur • 75003 Paris
www.arts-et-metiers.net
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Exposition Algérie mon amour, Institut du Monde Arabe, Paris.