Statue de Rome, Ie-IIe siècle apr.J.-C.
Asie Mineure (Turquie actuelle) • Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines • © Musée du Louvre, dist. RMN - Grand Palais / Thierry Ollivier
Tête d’Auguste portant la couronne de chêne, début du Ier siècle apr. J.-C.
Ave Octave !
Qui dit empire, dit empereur. Parmi les nombreux portraits exposés à Lens, celui d’Auguste, Octave de son vrai nom, se distingue par ses propositions monumentales (65 × 35 cm). Ce marbre provient très certainement du théâtre Cerveteri, situé au nord-ouest de Rome. Les traits du modèle, symétriques et réguliers, sont idéalisés conformément aux règles du style classique, qui suggère la stabilité d’un âge d’or retrouvé. La couronne de feuilles de chêne renvoie non seulement à la corona civica, distinction honorifique accordée, dès 27 avant J.-C., à un citoyen ayant sauvé la vie d’autrui mais aussi à l’un des attributs de Jupiter, le roi des dieux auquel le chef de l’État romain se voit clairement associé ici.
Ancienne collection Campana, Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, etrusques et romaines • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)
Casque de gladiateur
En garde !
La vie militaire, mise en scène dans le cadre de jeux publics, jouait un rôle crucial dans la vie de l’empire. Découvert en 1767 dans la caserne des gladiateurs, à Pompéi, ce casque arbore la tête de la monstrueuse Méduse, au front, et un griffon, juste au-dessus, créatures mythologiques qui inspiraient respectivement effroi et courage. Doué d’une visière et d’un grillage, il protégeait intégralement le visage. Ce modèle était l’apanage du « thrace », catégorie de combattant qui doit son nom à un peuple vaincu au IIe siècle avant J.-C. par les Romains. La panoplie de cet archétype consistait en un poignard courbe à double tranchant, en un petit bouclier carré, appelé parma, et en deux ocreae, jambières remontant jusqu’aux cuisses.
objets (archéo-antique-contempo), casque bronze • Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines • © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Tête dite de Bénévent, 50 av.J-C. – 50 ap. J.-C.
Profil grec
Inutile de le regarder dans les yeux, ce jeune éphèbe n’en a plus. Ce qui n’ôte rien à sa beauté ! Sa couronne de rameaux d’olivier, symbole de victoire, trahit son identité. Il s’agit d’un buste d’athlète. D’où sa plastique irréprochable ! Certains historiens attribuent les boucles de sa chevelure, les lignes de son nez et les courbes de sa bouche à Polyctète, sculpteur argien du Ve siècle avant J.-C. Cette œuvre témoigne de l’influence de la culture grecque sur l’empire romain. Au XIXe siècle, le roi Ferdinand II l’offre en cadeau diplomatique à l’un des membres de la famille Pedicini, qui possédait un palais à Bénévent, vers Naples. D’où son appellation actuelle : « la tête de Bénévent ».
Sculpture en bronze • Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines • © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Daniel Arnaudet / Gérard Blot
Apollon de Lillebonne, 200-300
Des provinces, un culte
Une silhouette musclée, recouverte de feuilles d’or ? Pas de doute, il s’agit d’Apollon, le dieu du soleil. Et de la musique ! Sa main gauche tenait à l’origine une cithare. Du haut de ses deux mètres, cette statue s’impose comme l’un des plus grands bronzes jamais retrouvés en Gaule, soit plus précisément dans la ville normande de Lillebonne. Elle atteste le processus d’assimilation qui s’enclenche progressivement dans les provinces de Rome. Les divinités celtiques, qui ne faisaient l’objet d’aucune représentation, finissent par prendre forme humaine, comme Jupiter, Mars, Minerve (alias Zeus, Arès, Athéna), et bien d’autres, dans la mythologie gréco-romaine.
Sculpture en bronze doré • Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines • © RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Gobelet aux squelettes, Ier siècle apr. J.-C.
Santé !
Pratique sociale courante, le banquet est un marqueur de la vie romaine. Il a lieu dans un espace bien défini de la maison (domus) : le triclinium, équivalent de notre salle à manger contemporaine. C’est surtout l’occasion pour le maître des lieux de faire étalage de ses richesses, en disposant sur la table une vaisselle aussi luxueuse que le Trésor de Boscoreale, découvert au XIXe siècle dans les vestiges d’une villa près de Pompéi. L’ensemble se compose d’une centaine de pièces en argent, dont un service à boire (potorium) particulièrement raffiné. Ce gobelet en fait partie. Dessus figurent les squelettes de dramaturges et de philosophes, motifs parodiques à même d’ouvrir, sinon l’appétit, du moins la conversation.
Boscoreale (Campanie) • Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre)
Sarcophage de la Traditio, 390-400
Vers un monde nouveau
En toile de fond, des tours crénelées évoquent les fortifications d’une ville. Au premier plan, le Christ, juché sur un monticule d’où s’échappent les fleuves du Paradis, tend un rouleau à saint Pierre, en présence de saint Paul et des autres apôtres. Le sarcophage qu’orne ce relief mis au jour au XVe siècle conclut le parcours, afin d’illustrer la révolution iconographique qui s’opère à Rome vers la fin du IVe siècle. Si l’avènement du christianisme n’est pas directement à l’origine de la chute de l’empire, l’adoption de cette religion discrédite petit à petit les valeurs de la cité antique. Les élites civiques sont évincées par les évêques, entre autres bouleversements…
Rome, Italie • Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Rome, la Cité et l’Empire
Du 6 avril 2022 au 25 juillet 2022
Musée du Louvre-Lens • 99 Rue Paul Bert • 62300 Lens
www.louvrelens.fr
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutiqueÀ lire aussi
60 musées à visiter (au moins) une fois dans sa vie
La galerie Borghèse à Rome : impossible de rester de marbre
Actu
Roses anciennes, violettes… À Pompéi, un jardin antique reconstitué embaume les visiteurs de ses merveilleux parfums
Abonnés
ENQUÊTE
Quand les nouvelles technologies révolutionnent l’archéologie !
Bienvenue à Rome
Quoi de mieux qu’une personnification de Rome pour ouvrir l’exposition que le Louvre-Lens consacre en ce moment à la cité et à l’empire du même nom ? Cette imposante statue représente une femme vêtue d’un chiton au tombé très graphique, tenue doublement ceinturée et dégrafée de manière à laisser un sein à découvert. Volumineux et précis, le rendu de la draperie suit les conventions d’un art classique. Dans sa main gauche, la figure tenait un glaive dont subsiste l’extrémité du fourreau. Célébrée dans toute la Grèce et l’Asie Mineure à partir du IIe siècle avant J.-C. Rome se voit très vite érigée au rang de divinité. Il est probable que ce grand fragment ait fait partie d’un temple dédié à la glorieuse capitale… d’un empire en passe de devenir tout puissant.