Parc archeologique et jardin d’Ercole
© Pompeï - Parco Archeologico Facebook
Enfoui depuis près de 2 000 ans sous les cendres du Vésuve, un petit paradis botanique pompéien vient de reprendre vie. Garni de roses antiques, de violettes et d’autres plantes odorantes, le jardin d’Hercule, situé dans le parc archéologique de Pompéi, a ouvert ses portes au public le 11 juin dernier, entièrement restauré. Une reconstitution olfactive et visuelle exacte de son état d’antan qui marque une grande première pour ce célèbre site archéologique !
Entouré de murs en pierre, ce petit jardin urbain d’environ 900 m² se situe dans la Regio VIII (Insula II n° 6) du parc, à l’arrière d’une domus du IIIe siècle avant J.-C., surnommée « Maison du jardin d’Hercule » en raison d’une petite statue d’Hercule retrouvée sur les lieux. L’ensemble appartenait à un parfumeur romain qui – comme en témoignent des flacons en verre et boutons en terre cuite retrouvés sur place –, fabriquait et mettait en bouteille divers onguents et parfums, issus de mélanges de fleurs pressées dans de l’huile d’olive ou du jus de raisin.
Il s’agit du tout premier jardin de Pompéi à avoir été restauré en suivant une démarche archéobotanique philologique.
Garni de 800 roses anciennes, 1 200 violettes et 1 000 plants de ruscus, de vignes, de romarin, de cerisiers et de cognassiers, ce coin de verdure a été reconstitué avec précision par une équipe d’archéologues et de botanistes, en collaboration avec l’association Rosantiqua, et en s’appuyant sur les analyses réalisées sur place dans les années 1950 par la botaniste américaine Wilhelmina F. Jashemski, pionnière de l’archéologie des jardins.
Il s’agit du tout premier jardin de Pompéi à avoir été restauré en suivant une démarche archéobotanique philologique (fondée sur des preuves botaniques comme les pollens anciens, les spores, les fossiles de plantes et autres vestiges végétaux carbonisés), et à avoir été recréé de façon exacte et complète.
Triclinium d’été sous pergola, lararium avec statue d’Hercule, plan précis des parterres… Tout y est comme à l’époque, y compris le système d’irrigation sophistiqué, unique à Pompéi : l’eau était versée depuis l’extérieur via un trou dans le mur, puis distribuée dans des canaux autour des parterres ou stockée dans des dolia (grands pots enterrés). Une astuce qui permettait aux jardiniers d’arroser sans avoir à entrer, et donc sans déranger le parfumeur qui se servait du jardin pour expérimenter des essences – mais pas pour une production à grande échelle, car il fallait pas moins de 2 000 roses pour fabriquer cinq millilitres de parfum.
Preuve que le maître des lieux avait de l’humour, à l’entrée du jardin se trouve une expression qui a été souvent retrouvée gravée ou peinte dans des tavernes romaines : « Cras credo », qu’il faut comprendre comme « Je fais crédit demain » – autrement dit, jamais, ce qui en fait l’équivalent ironique du traditionnel avertissement « La maison ne fait pas crédit ».
Cette demeure et son jardin sont désormais accessibles tous les mardis dans le cadre du programme « Casa del Giorno » (« Maison du jour ») – un programme de visites exceptionnelles permettant au public d’accéder à des domus habituellement fermées, à raison d’une différente par jour de la semaine. L’occasion de s’offrir une immersion multisensorielle dans le quotidien des Pompéiens il y a deux millénaire. Un voyage dans le temps qui promet d’enchanter les narines !
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