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La Halle Saint-Pierre sème le trouble

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L’audacieux et bouillonnant musée orchestre une nouvelle exposition hors norme, tissée des dialogues et des rencontres initiés par un collectif de créateurs d’horizons divers. « Animés par le désir de fabriquer une exposition et un ouvrage sous deux mêmes mots – des mots contemporains et brûlants : GRAND TROUBLE », ils ont convié une trentaine d’artistes à leur prêter main forte. Visite guidée et subjective sous l’égide de trois de ces fauteurs de troubles.
Frédéric Pajak, La Vie conjugale
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Frédéric Pajak, La Vie conjugale, 2012

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« J’ai essayé de représenter un gouffre qui soit en même temps quelque chose d’un peu intestinal. C’est un homme qui va se jeter dans le gouffre. Soit poursuivi ou poussé par sa femme, soit retenu par sa femme. C’est assez rare de faire un dessin comme celui-ci, qui dit quelque chose d’assez précis, mais que l’on ne peut interpréter. »
Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain éditeur et instigateur de l’exposition

Encre de chine sur papier • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Tomi Ungerer, Sans titre
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Tomi Ungerer, Sans titre, 2008-2009

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« Ce photomontage fait partie d’une série qui n’est pour l’instant pas éditée. À 86 ans, Ungerer continue à faire des collages à partir de journaux et de magazines de l’époque de la guerre. Pour lui, qui est alsacien, cette mémoire est vraiment très importante. Aux États-Unis, il est célèbre pour ses dessins politiques, mais, en France, on le connaît essentiellement pour ses dessins pour enfants. Cette partie de son travail est beaucoup moins connue et n’a quasiment jamais été exposée aux Français, ce qui est pour lui problématique. »
Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain éditeur et instigateur de l’exposition

Photomontage sur papier gris • 33 × 45 cm • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Pavel Schmidt, Aphrodite kalipygos
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Pavel Schmidt, Aphrodite kalipygos, 2002 - 2006

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« Ce sculpteur suisse d’origine tchécoslovaque a longtemps travaillé en Allemagne, notamment comme assistant de Daniel Spoerri. Ses sculptures, qu’il a disséminées un peu partout, sont d’ordinaire beaucoup plus monumentales. Très exposé en Allemagne, il est moins connu en France, raison pour laquelle j’ai tenu à l’inviter. Pavel est un philosophe et ses œuvres sont toujours empreintes d’humour. Pour moi, ce sont un peu les cerises sur le gâteau de l’exposition. »
Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain éditeur et instigateur de l’exposition

Figurine en marbre, boîte de medicament Anusol, globe de verre • © Paul F. Talman

Émilienne Farny, La Maison en construction
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Émilienne Farny, La Maison en construction, 1977

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« J’ai connu les œuvres de Farny lors des six mois que j’ai passés aux Beaux-Arts de Lausanne dans les années 1970. Elle avait participé à une exposition où elle présentait toute une série d’œuvres de ce type, des villas en construction, intitulée « le bonheur suisse ». Elle est aussi l’auteur d’un livre remarquable, Paysage après meurtre. Je suis sensible à l’ironie et à l’humour tout à fait particulier qui se dégage de son œuvre, dont on sent qu’il émane d’une femme. »
Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain éditeur et instigateur de l’exposition

Acrylique sur toile • 90 × 120 cm • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Mix et Remix, Dessin de 2016
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Mix et Remix, Dessin de 2016

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« Grand dessinateur d’humour, Mix et Remix était vraiment un ami très cher. Il a fait cette série de dessins après être tombé malade du cancer, il y a plus d’un an, se sachant condamné. Ce sont des dessins libres, extraordinaires, qui ont tous été vendus et qu’on vient d’éditer dans un livre, Derniers dessins, qui vient de paraître et où figure aussi le carnet dessiné pour sa femme. Il faisait le même type de dessins tout au début, quand je l’ai connu, alors qu’il n’était pas encore dessinateur humoriste et qu’il hésitait avec la peinture. C’est donc comme s’il avait bouclé la boucle. »
Frédéric Pajak, dessinateur, écrivain éditeur et instigateur de l’exposition

© Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Alexandra Roussopoulos, Anapays II
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Alexandra Roussopoulos, Anapays II, 2015-2017

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« J’ai peint cette acrylique lors d’une résidence d’artiste à Pékin, en Chine, où j’ai passé deux mois assez isolée. On voit cette lumière étrange, presque un paysage de cendres, où il n’y a plus trace d’hommes, mais peut-être des structures, des bases, des repaires, qui sont flottants. C’est en quelque sorte un concentré de cette expérience, de l’isolement, d’avoir été vraiment dans un ailleurs, aussi dans un trouble quelque part. »
Alexandra Roussopoulos, peintre et instigatrice de l’exposition

Acrylique sur carton entoilé • 35 x 50 cm • © Joan Ayrton

Ode Bertrand, Miniature I
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Ode Bertrand, Miniature I, 2003

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« J’ai invité Ode Bertrand, car je me sens très proche de sa famille d’artistes, que je qualifierai de « géométrie sensible ». Il y a un tremblement dans quelque chose de très construit, qui me touche et qui m’émeut. J’y vois des mondes à la fois étrangers et familiers. J’y vois mille choses et ça me plonge dans un état contemplatif. À 87 ans, cette artiste est toujours aussi engagée dans son travail, ce qui est un point commun à tous les artistes participants, même si leurs mondes sont très différents. »
Alexandra Roussopoulos, peintre et instigatrice de l’exposition

Encre sur papier • 10 × 10 cm • © Ode Bertrand / ADAGP, Paris 2017

Julien Magre, Sans titre, </em>série<em> Nous vieillirons ensemble, suite
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Julien Magre, Sans titre, série Nous vieillirons ensemble, suite, 2015

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« Je connais Julien Magre depuis longtemps. On se voit régulièrement, il me montre ses photographies et, parfois, j’interviens sur son travail, qui, je trouve, se rapproche beaucoup de la peinture. Il a toujours photographié les siens. Son travail me touche énormément, notamment car, même si des choses sont dites, tout reste très mystérieux. Les choses restent assez abstraites pour me permettre de rentrer dans ce monde-là. »
Alexandra Roussopoulos, peintre et instigatrice de l’exposition

Photographie numérique • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Tom Kaniok, Follow The Yellow Brick Road
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Tom Kaniok, Follow The Yellow Brick Road, 2016

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« Tom Kaniok a 25 ans et c’est le plus jeune artiste de l’exposition. Il est très engagé dans son travail. Sa peinture est assez singulière, son monde étrange et trouble, somme toute assez représentatif de notre projet collectif. Son travail est toujours dérangeant, à la fois dans la facture et dans les sujets abordés. J’ai eu envie de l’inviter, car il est anglais et que je trouvais très important que des artistes de générations différentes puissent exposer, se croiser et se rencontrer dans un même espace. »
Alexandra Roussopoulos, peintre et instigatrice de l’exposition

Huile sur toile • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Matthieu Gounelle, Le Ciel enchâssé
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Matthieu Gounelle, Le Ciel enchâssé, 2017

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« Après avoir observé plusieurs jours le bénitier en pierre qui se trouvait à l’entrée de la cellule que j’occupais dans un ancien monastère franciscain, lors d’une résidence d’écriture, au bout de deux ou trois jours, j’ai posé dessus la météorite que j’avais apportée pour une conférence. Ils se sont encastrés parfaitement. Comme si l’un était fait pour l’autre. C’est donc d’une certaine façon la rencontre du ciel et de la terre, la rencontre entre deux spiritualités, une très humaine et l’autre plus magique et mystérieuse, céleste. »
Matthieu Gounelle, scientifique et instigateur de l’exposition

Tirage photographique • 40 × 30 cm • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Katharina Ziemke, Gloves
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Katharina Ziemke, Gloves, 2015

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« J’aime beaucoup cette toile de Katharina Ziemke très figurative avec des couleurs vives qui montre les gants et le buste d’une femme. Elle me trouble beaucoup, car on ne sait pas vraiment pas de quoi il s’agit. Ce que ces gants cachent ; des mains, mais quelles mains ? Ce que ces mains ont fait ; on a vraiment le sentiment qu’il s’est passé quelque chose… Ça reste très mystérieux. On sent une absence aussi, un vertige. On a vraiment l’impression que quelque chose d’assez grave – dans tous les sens du terme – s’est passé, mais qui demeure complètement ignoré du spectateur. »
Matthieu Gounelle, scientifique et instigateur de l’exposition

Aquarelle et pastel gras sur papier • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

Édith Dufaux, Cour de promenade
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Édith Dufaux, Cour de promenade, 2017

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« J’aime beaucoup le côté mystérieux des photos qu’Édith Dufaux a prises de son « petit théâtre », une maquette très riche, qu’elle construit avec beaucoup de patience. On ne sait pas de quel monde il s’agit, mais évidemment c’est un monde fabriqué. Je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser au Procès de Kafka, à ces espèces d’endroits à la fois très ouverts et très fermés, dans lesquels on crée sa propre prison ou son propre labyrinthe. Et peut-être est-ce cela qu’elle a fait… Il y a à la fois la place d’y vivre et en même temps, on ne voit pas très bien comment en réchapper. »
Matthieu Gounelle, scientifique et instigateur de l’exposition

Tirage jet d’encre pigmentaire sur papier • 46 × 31 cm • © Bertrand Huet / Les Cahiers dessinés

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Grand trouble

Du 9 mai 2017 au 30 juillet 2017

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