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Pierre Auguste Renoir, La Loge, 1874
Huile sur toile • 80 × 63 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Edgar Degas, Deux Danseuses sur scène, 1874
Edgar Degas à la pointe
Ce tableau illustre avec brio l’importance que Degas donne au mouvement. Les deux danseuses, décalées sur la droite, apparaissent comme en plongée et laissent un vaste espace vide permettant de percevoir la pente de la scène. La troisième danseuse, tronquée, au fond à gauche, atteste encore de l’audace des cadrages de l’artiste. La pose des jeunes filles, l’une sur pointes et l’autre en quatrième position, donne une indication technique, mais surtout montre un échange entre elles. Le décor à l’arrière-plan, très riche, annonce les paysages impressionnistes. L. P.
Huile sur toile • 61,5 × 46 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Édouard Manet, Un Bar aux Folies-Bergère, 1881-1882
Édouard Manet, maître de l’illusion
Ce sont un peu ses Ménines, ce tableau de Vélasquez où l’image se fractionne, où la confrontation avec le spectateur s’intègre à l’énigme de la représentation, au-delà de ce que l’artiste avait osé avec Olympia en 1865. Il s’agit donc de se perdre dans cette mosaïque à plans brouillés, aux amorces de récit multiples. La peinture de Manet, depuis 1873, accueillait les cafés, les brasseries et les salles de spectacle avec une complexité spatiale et psychologique croissante. Les Folies-Bergère, du reste, déployaient un luxe inouï de galeries, lustres, comptoirs et miroirs. S. G.
Huile sur toile • 96 × 130 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Claude Monet, Effet d’automne à Argenteuil, 1873
Claude Monet, lumière d’automne
On associe toujours Monet à Giverny, où il s’installe en 1890. On se souvient moins de ces années passées à Argenteuil (Val-d’Oise), qui sont pourtant essentielles à son œuvre. À partir de 1871, avec sa famille, il demeure dans cette petite ville tranquille, à vingt minutes de Paris par le train, bien pratique pour aller vendre ses œuvres aux marchands. Ce tableau, avec en toile de fond le cœur du village, souligné d’une épaisse ligne bleu foncé horizontale, offre des effets de lumière d’une grande douceur grâce aux teintes dorées des feuilles composées d’orange, jaune et rose se reflétant dans l’eau bleue. L. P.
Huile sur toile • 55 × 74,5 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Alfred Sisley, Neige à Louveciennes, vers 1874
Alfred Sisley, variation de couleurs
Comme ses camarades d’atelier Pierre Auguste Renoir, Camille Pissarro et Claude Monet, Alfred Sisley a peint de nombreuses fois, dans les années 1870, Louveciennes, petite commune de l’ouest parisien où il demeure quelque temps. Les douces variations de couleurs de cette scène hivernale, typique des impressionnistes, montre un ciel couvert, dans une atmosphère cotonneuse, avec des touches de blanc çà et là, en contraste avec les arbres à la teinte foncée. Les passants donnent une échelle de grandeur de l’espace peint. Sisley est très influencé par Joseph Mallord William Turner, dont Samuel Courtauld appréciait l’œuvre et possédait de nombreuses aquarelles. L. P.
Huile sur toile • 46,3 × 55,8 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Camille Pissarro, Place Lafayette, Rouen, 1883
Camille Pissarro, ambiance portuaire
C’est lors d’un séjour de trois mois à Rouen, à l’automne 1883, que Pissarro peint ce paysage des bords de Seine. La composition est très équilibrée : les personnages, les usines, les bateaux, les chariots et la basilique Notre-Dame-de- Bonsecours, au loin sur la colline, sont traités sur un plan d’égalité. Les petites touches de couleur délicates et régulières donnent à l’ensemble une impression de mouvement général et un subtil jeu de lumière. Douze ans plus tard, Pissarro reviendra plusieurs fois à Rouen, soucieux de peindre un ensemble de toiles « cohérent ». L. P.
Huile sur toile • 46,3 × 55,7 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Vincent van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée, 1889
Vincent Van Gogh, calme apparent
Après une violente dispute avec Paul Gauguin, Van Gogh se mutile. Cet autoportrait impressionne par la gravité de l’expression, le calme apparent de l’artiste, et la place qu’occupent son visage et le bandage dans l’espace de la toile. Il est entouré, à gauche, d’un chevalet portant un tableau à peine esquissé et, à droite, d’une estampe japonaise, dont la Courtauld Gallery de Londres possède un exemplaire depuis 2005. La tristesse du peintre contraste avec la légèreté de la scène des geishas dans la nature. L. P.
Huile sur toile • 60,5 × 50 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Henri de Toulouse-Lautrec, Jane Avril à l’entrée du Moulin-Rouge, enfilant ses gants, vers 1892
Henri de Toulouse-Lautrec en première place
Jane Avril, dite Jane la Folle, maintes fois portraiturée par Toulouse-Lautrec, tenait le haut de l’affiche du Moulin-Rouge, au même titre que la Goulue. Elle apparaît ici vêtue sobrement et semble bien plus âgée que dans la réalité (elle a vingt-deux ans en 1892). Cette œuvre fut l’une des premières acquisitions de Samuel Courtauld à titre privé – on la voit sur une photographie parue en 1932 dans le magazine Country Life, accrochée au mur de Home House, non loin du Nu féminin d’Amedeo Modigliani. L. P.
Huile et pastel sur carton contrecollé sur panneau • 102 × 55 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Paul Gauguin, Te Rerioa (Le Rêve), 1897
Paul Gauguin, rêverie tahitienne
Paul Gauguin peint cette toile à Tahiti, en mars 1897. Il va mal, très mal, aussi bien moralement que physiquement. Les soucis d’argent, les souffrances physiques, l’impression d’être abandonné et incompris n’arrangent rien. Il réalise ce tableau peu après Nevermore (autre peinture acquise par Samuel Courtauld), œuvre noire représentant un nu féminin, dont émane une tristesse presque palpable. Te Rerioa, en revanche, semble offrir une vision plus idyllique… L. P.
Huile sur toile • 95 × 130 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Édouard Vuillard, Intérieur au paravent, vers 1909-1910
Édouard Vuillard, l’audace des aplats
Vuillard est influencé par l’oeuvre de Paul Gauguin, le Japon et les impressionnistes, au même titre que Pierre Bonnard avec qui l’artiste nouera une longue amitié. Leur travail respectif va changer après ces découvertes. Le paravent, tout comme les tentures, apparaîtront souvent dans les mises en scène d’intérieurs de Vuillard. Sa hardiesse se traduit dans les couleurs, les formes et les lignes « empreintes de silence », pour reprendre les termes d’Antoine Terrasse, historien d’art et petit-neveu de Bonnard. L. P.
Huile sur papier contrecollé sur carton puis sur panneau • 35,8 × 23,8 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
Pierre Bonnard, Le Balcon bleu, 1910
Pierre Bonnard, un nabi à la campagne
Préférant la campagne à Paris dans les années 1910, Bonnard représente ici une vue de sa villa, La Roulotte, située à côté de Vernon, près de Giverny où il rendait fréquemment visite à Claude Monet. Cette œuvre est l’une des premières confrontant maisons – la terrasse en particulier – et jardins, thème récurrent chez le peintre. On remarquera les couleurs pastel, avec, au premier plan, la touche vive des fleurs rouges et la sinuosité des lignes empruntée aux artistes japonais. L. P.
Huile sur toile • 52,5 × 76 cm • Coll. The Courtauld Gallery, Londres • © akg-images
La Collection Courtauld : le parti de l'impressionnisme
Du 20 février 2019 au 17 juin 2019
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
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Pierre Auguste Renoir à l’Opéra
Deux spectateurs élégants posent le décor : le spectacle est dans la salle autant que sur la scène. La femme tient sa lorgnette et esquisse un sourire. Elle attire le regard, loin de la représentation. L’homme observe aux jumelles une autre loge. Le modèle féminin est identifié comme Nini Lopez, surnommée Gueule-de- Raie à Montmartre ! Elle posera au moins pour quatorze tableaux de l’artiste, entre 1874 et 1879. Le personnage masculin est le frère de Renoir, Edmond. Cette superbe composition de la première manière du peintre illustre le goût sûr de Courtauld, qui acquiert l’œuvre pour sa collection personnelle en 1925. L. P.