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Gardien de tombe zhenmushou, Ve-IIIe siècle av. J.-C.
Bois laqué et andouillers de cerf • 126 x 49 x 36 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera
Deux vases wenjiu zun ornés d’acrobates, Chine, 206 av. J.-C. - 9 ap. J.-C.
Danser la vie
S’agissait-il d’un ustensile de cuisine ? d’un récipient ? Impossible : les deux acrobates au bord du vase rendraient son utilisation bien difficile… Il s’agit, en réalité, d’une pièce funéraire de la dynastie Han rendant hommage à la tradition des spectacles nommés les Cent Jeux (baixi) : jonglerie, acrobatie, maniement d’armes, numéros équestres… D’une remarquable vitalité, ces représentations, que l’on pouvait retrouver aussi bien dans un cirque que dans un contexte funéraire, offrent une joyeuse perspective à la fin de l’existence…
Terre cuite peinte Han de l’Ouest • 19 x 11,3 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi
Emblème en forme d’oiseau, Sépulture n°4 du site de Lach Truong, époque de Giao Chỉ (Ier – IIIe siècles)
De l’Empire Han au Vietnam
Cet emblème d’oiseau, destiné lui aussi à un usage funéraire, semble répondre au même principe que les mingqi, ces figurines de serviteurs, animaux ou bâtiments placées dans les tombeaux de la dynastie Han. L’Empire chinois s’étant à cette époque étendu très au sud, il aurait pu influencer les arts du Vietnam, où l’objet a été découvert en 1934. Des différences esthétiques sont toutefois visibles au niveau de la patine et des décors géométriques ornant le plumage de l’animal.
Bronze • 9,6 x 15,5 x 5,5 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi. Photo Stéphane Piera
Orchestre de huit cavalières musiciennes, début du VIIIe siècle
Orchestre funéraire
Inspirées des orchestres animant les célébrations ou les cortèges funéraires, ces huit cavalières musiciennes ont l’air bien plus accueillantes que les terrifiants gardiens de tombe de la dynastie Zhou… On pouvait les retrouver dans les tombeaux princiers des périodes Han et Tang (entre le VIIe et IXe siècle). Ceux-ci, très extravagants, étaient dotés de toutes les commodités d’un palais royal : une chambre principale accueillant le défunt et plusieurs dépendances, comprenant une écurie, des transports et même suffisamment de provisions pour tout un banquet !
Terre cuite polychrome Dynastie Tang (618-907) • 33,3 cm x 30,6 x 10,9 cm max • Musée Cernuschi, Paris
Bodhisattva (pusa), Dynastie Ming (1368-1644), règne de Yongle (1403-1424)
Un Bodhisattva diplomate
Il trône paisiblement sur son piédestal, les yeux clos, le geste karana (qui conjure le mal) levé au ciel… Cet imposant bodhisattva, terme désignant les êtres en chemin vers l’éveil, est situé dans une toute nouvelle salle dédiée à la dynastie Ming. Il est l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la collection, notamment en raison de son exécution virtuose (les moulages sont pratiquement invisibles). L’œuvre en bronze doré témoigne également des échanges culturels au sein de l’Asie, lorsque l’empereur Yongle fit de la religion un moyen pour tisser les liens entre Pékin et Lassa. Une inscription trilingue (en chinois, tibétain et sanskrit) renvoie à cette vocation de trait d’union culturel et diplomatique.
Bronze doré • 137 x 66,5 x 44 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi / Photo Stéphane Piera
Vase en forme d’oiseau céleste Tianji zun, Chine, Dynastie Qing (1644-1911), XVIIe
L’âge d’or du bronze
L’étonnante sophistication de ce vase, qui réinterprète le vocabulaire des bronzes archaïques chinois du Ier et IIe millénaire av.-J.C., témoigne de la prospérité que connut la Chine pendant le règne de l’empereur Qianlong, à la fois période de l’âge d’or des arts décoratifs et de l’essor économique du pays. La pièce est issue de la collection privée d’Henri Cernuschi, dont la collection de 5000 pièces constitue le noyau du musée. Depuis sa fondation en 1898, l’institution a triplé le volume de son fonds : elle compte désormais 15 000 objets, grâce aux différentes donations et acquisitions.
Bronze doré • 26x 32,5 x 15 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi
Couple vêtu à l’occidentale, Dynastie Qing (1644-1911), ère Kangxi (1662-1723), vers 1700
À la mode occidentale
L’origine de ce couple figuré en porcelaine émaillée peut être repérée en un simple coup d’œil, grâce à la forme de leurs habits ou à leurs perruques ondulées… Le choix d’un modèle occidental s’explique par la présence, dans l’Asie du XVIIIe siècle, des nations européennes (Portugal, Hollande…) qui menaient de nombreuses opérations commerciales sur le territoire. Une photographie de l’empereur Yongyan vêtu à l’occidentale – visible grâce à la signalétique du nouveau parcours du musée – atteste de l’étendue de cette vague d’« européisme » à la cour.
Porcelaine peinte d’émaux « famille verte » • 23 x 10 cm et 22,5 x 9,5 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi
Hua Tianyou, Maternité, 1947
Héros du peuple
C’est d’abord une scène universelle : un enfant caressant tendrement la joue de sa mère. Mais cette pièce est également un hommage aux héros anonymes, dont les exploits du quotidien sont régulièrement passés sous silence. Né à Pékin et formé à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris, Hua Tianyou (1901 – 1986) revient en Chine en 1948 et devient sculpteur officiel du maoïsme. Ses élégantes figures de bronze, un tantinet naïves, lui valent d’être reconnu comme l’un des pionniers du domaine en Chine moderne.
Bronze • 91 x 32 cm • © Paris Musées / Musée Cernuschi
Shim Kyung-Ja, Karma, 1998
Cosmos et karma
Une silhouette décharnée, évocatrice des sculptures d’Alberto Giacometti, se dessine discrètement parmi de fines lignes noires… Cette pièce tardive de l’artiste coréenne Kyung-Ja (née en 1944), réalisée à la fin des années 1990 lorsque cette dernière est déjà passée à l’abstraction, témoigne de son amour pour la nature et le paysage. Le titre, Karma, confère à ces motifs une portée cosmologique, les cercles concentriques pouvant à la fois être assimilés aux strates de la Terre, de l’atmosphère, ou à l’orbite des planètes…
Encre et couleurs sur papier • 180 x 219 cm • Musée Cernuschi, Paris
Ru Xiaofan, Jeunesse, 2012
Révolution florale
Il a fait de ces figures hybrides sa marque de fabrique. L’artiste franco-chinois Ru Xiaofan (né en 1954) a commencé sa série de têtes en bouquets de fleurs en 2003, sous le titre Cent Fleurs, d’après la célèbre phrase prononcée en 1956 par Mao Zedong : « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent ! ». L’artiste subvertit ici ce slogan politique et le goût traditionnel chinois pour la botanique et les jardins, afin de constituer son propre langage floral, fantasque, décalé et chargé d’érotisme. Un doux mélange d’audace et de tradition…
Porcelaine blanche • 50 x 30 cm • Musée Cernuschi, Paris • © Paris Musées / Musée Cernuschi
Réouverture du musée Cernuschi
Inauguration du nouveau parcours des collections permanentes
Le 4 mars 2020 au musée Cernuschi :
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Grigri dans l’après-vie
Cette étrange créature aux bois de cerf, dotée d’yeux protubérants et d’une langue pendante, avait pour but de protéger les défunts dans l’au-delà, en effrayant les potentielles sources de danger. Datée entre le Ve et IIIe siècle avant J.-C. (période Zhou), la pièce témoigne des premiers objets funéraires dans le centre-sud de la Chine, dont les formes ont considérablement évolué au long des différentes dynasties. L’attribut était placé à côté du tombeau, près de la tête du mort, et accompagné de denrées alimentaires afin d’assurer sa survie dans une vie future.