Julio Le Parc, Vue de l’exposition “Aurora”, à la Galleria Continua à Les Moulins, 2023
Photo Hafid Lhachmi / © Adagp, Paris 2023
Ça bouge, ça tourne, ça excite la rétine. Julio Le Parc, c’est le courant de l’art cinétique dans toute sa splendeur ! Pour l’éblouissement, on file admirer – gratuitement ! – la grande exposition que lui consacre la Galleria Continua, installée dans une ancienne usine depuis 2007 à Boissy-le-Châtel près de Coulommiers (Seine-et-Marne).
Colorées, géométriques, monumentales, près de soixante-dix œuvres du plasticien, couvrant ses différentes périodes et recherches artistiques, y sont présentées sur deux étages et une chambre plongée dans le noir. Un parcours rétrospectif baptisé « Aurora », à la mesure de la démesure de l’artiste argentin qui soufflait ici-même ses 95 bougies en octobre dernier avec danseurs de tango venus se déhancher et immense gâteau roulant pour ravir les convives.
Julio Le Parc, Vue de l’exposition « Aurora » à la Galerie Continua, Les Moulins, 2023
Photo Hafid Lhachmi / © Adagp, Paris 2023
Né à Mendoza, Julio Le Parc est arrivé en France en 1958 à 30 ans, avant d’être naturalisé. Dans les années 1960, il cofonde le GRAV (Groupe de recherche d’art visuel) aux côtés de François Morellet ou de Jésus-Rafael Soto notamment, puis développe son langage plastique. Chez Le Parc, les sculptures créatrices de lumières et de mouvements sont reines, les installations engagent nos sens, et surtout la chromie noue des dialogues infinis. En effet dès 1959, l’artiste s’est donné pour but d’explorer la couleur dans toutes ses nuances. Mais une couleur qu’il veut « pure » : « J’ai appliqué à la couleur le même traitement qu’aux formes », explique-t-il.
En témoigne La Longue Marche, pièce maîtresse de l’art cinétique qui trône dans les immenses espaces des Moulins de la Galleria Continua. Cette œuvre monumentale se compose de dix tableaux de deux mètres sur deux mètres : entre 1974 et 1975, Le Parc y ordonne les quatorze couleurs du prisme chromatique dans une vaste composition fluide et sinueuse.
Julio Le Parc, La Longue marche, 1974
10 panneaux en acrylique sur toile • 200 × 200cm • Photo Hafid Lhachmi / © Adagp, Paris 2023
Pile ou face ? Pour l’anecdote, c’est en se prêtant à ce simple jeu de hasard que l’artiste anti-académique prit la décision en 1972 de ne pas exposer au musée d’Art moderne et entama cette Longue Marche. Restée dans l’ombre, l’œuvre de Julio Le Parc attendra plus de quarante ans pour être mise en lumière dans une rétrospective – intervenue en 2013 au Palais de Tokyo.
Hypnotisés, on pourrait passer des heures à scruter l’installation monumentale en acier Zepelin de acero (2021), exposée pour la première fois en France. Sous le souffle léger de l’air en circulation, les miroirs qui la composent en offre une vision qui n’est jamais la même. Les sens à la fête, on se glisse ensuite dans la chambre noire de la Galleria Continua, espace dévolu aux œuvres lumineuses de Julio Le Parc où l’on peut même s’allonger comme si on regardait les étoiles.
Julio Le Parc, Vue de l’exposition « Aurora » à la Galerie Continua, 2023
Photo Hafid Lhachmi / © Adagp, Paris 2023
Place au mouvement ! À l’étage, le parcours s’achève avec une série de « Modulations » où le noir et blanc oscille entre 3D et relief. C’est aussi là que sont rassemblées de plus récentes sculptures, entre torsions et contorsions, datées de 2004 à 2019. Que croyez-vous, aujourd’hui encore, le nonagénaire dans son atelier de Cachan (Val-de-Marne) est en recherche permanente.
Julio Le Parc - Aurora
Du 17 septembre 2023 au 24 décembre 2023
Galleria Continua / Les moulins • 46 Rue de la Ferté Gaucher • 77169 Boissy-le-Châtel
www.galleriacontinua.com
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